Antisémitisme : une responsable du Labour britannique renvoyée de sa direction
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Antisémitisme : une responsable du Labour britannique renvoyée de sa direction

Rebecca Long-Bailey a relayé un article accusant la police israélienne d'avoir créé la méthode de l'agenouillement sur le cou - ce qui a tué George Floyd

Keir Starmer (à gauche) et Rebecca Long-Bailey du Parti travailliste britannique arrivant au bureau du cabinet pour les négociations sur le Brexit à Londres, le 9 avril 2019. (Niklas Halle'n/AFP)
Keir Starmer (à gauche) et Rebecca Long-Bailey du Parti travailliste britannique arrivant au bureau du cabinet pour les négociations sur le Brexit à Londres, le 9 avril 2019. (Niklas Halle'n/AFP)

Le chef du Parti travailliste britannique, Keir Starmer, a indiqué jeudi avoir exigé la démission d’une responsable de la formation d’opposition pour avoir partagé sur les réseaux sociaux un article antisémite, un problème qui empoisonne depuis longtemps le Labour.

« Cet après-midi, Keir Starmer a demandé à Rebecca Long-Bailey de démissionner du cabinet fantôme » où elle est chargée des questions d’éducation, a déclaré un porte-parole du chef de l’opposition. « L’article que Rebecca a partagé aujourd’hui contenait une théorie du complot antisémite », a-t-il ajouté.

Il est reproché à la responsable d’avoir retweeté une interview de l’actrice britannique Maxine Peake à l’Independent. Cette dernière y affirme que le fait pour les policiers américains de s’agenouiller sur le cou d’une personne, comme un policier blanc l’a fait envers le Noir américain George Floyd fin mai, provoquant sa mort, avait été « appris lors de séminaires avec les services secrets israéliens », ce que la police israélienne a démenti, selon l’article.

Roger Waters a aussi relayé cette accusation à l’antenne d’une chaîne de télévision affiliée au groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le centriste et europhile Keir Starmer, élu en avril à la tête du Labour, s’était engagé à « extirper le poison » de l’antisémitisme au sein du parti, régulièrement objet de critiques pour son inaction face au problème. Il s’était ainsi clairement démarqué de son prédécesseur, le très à gauche Jeremy Corbyn, jugé beaucoup trop complaisant par certains.

« Comme chef du Labour, Keir a toujours été clair sur le fait que restaurer la confiance de la communauté juive est sa première priorité », a indiqué le porte-parole. « L’antisémitisme prend différentes formes et il est important que nous restions tous vigilants à cet égard ».

La députée Rebecca Long-Bailey, 40 ans, candidate malheureuse à la direction du Labour, s’est défendue sur Twitter. Elle a expliqué avoir retweeté l’article parce qu’il portait principalement sur « la colère envers la gestion de l’urgence (sanitaire) actuelle par le gouvernement conservateur ».

« En aucun cas mon retweet ne signifiait une intention de soutenir toutes les parties de l’article », a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué, le Labour Against Antisemitism a qualifié « d’inacceptable » la décision de Mme Long-Bailey de promouvoir cet article. Gideon Falter, dirigeant du lobby Campagne contre l’Antisémitisme, a salué « l’action rapide et ferme » de Keir Starmer à l’encontre de la députée.

Mais d’autres figures du Labour ont en revanche apporté leur soutien à celle qui a longtemps été considérée comme l’héritière naturelle de Jeremy Corbyn.

John McDonnell, chargé des finances sous l’ancien leader, a offert à Mme Long-Bailey sa « solidarité » et dit réprouver sa démission. Le fondateur du groupe d’activistes pro-Corbyn Momentum, Jon Lansman, a lui dénoncé une « réaction excessive et imprudente ».

« Plus de 135 000 membres du Labour ont voté pour Rebecca lors de l’élection de son leader », a-t-il souligné, « Keir dit qu’il veut l’unité du parti, mais il la renvoie du cabinet fantôme sans raison valable. »

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