Aoun met en garde Israël, « un Etat raciste », contre de « nouvelles guerres »
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Aoun met en garde Israël, « un Etat raciste », contre de « nouvelles guerres »

Le président libanais a affirmé que Beyrouth était déterminé à maintenir sa position concernant la clôture frontalière et ses droits sur des gisements de gaz naturel offshore

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président libanais Michel Aoun (au centre) passe en revue la garde d'honneur lors d'une cérémonie officielle de bienvenue à l'aéroport de Marka, à Amman, le 14 février 2017 (Photo AFP / Pool / Khalil Mazraawi)
Le président libanais Michel Aoun (au centre) passe en revue la garde d'honneur lors d'une cérémonie officielle de bienvenue à l'aéroport de Marka, à Amman, le 14 février 2017 (Photo AFP / Pool / Khalil Mazraawi)

Le Premier ministre libanais Michel Aoun a averti lundi qu’un certain nombre de différends avec Israël, notamment concernant l’exploration contestée de gisements de gaz naturel offshore et la construction d’un mur frontalier par Israël, pourraient mener à une nouvelle guerre.

« Le Liban a pris la décision de se défendre si une attaque israélienne survenait sur son territoire ou sur ses réserves pétrolières », a déclaré M. Aoun dans une interview accordée à l’émission d’informations égyptienne ON Live.

« Jusqu’à présent », a-t-il ajouté, « il n’y a pas eu d’attaque. Des forces diplomatiques et politiques sont intervenues pour aider à résoudre ce conflit », a-t-il ajouté.

Jeudi, Reuters a rapporté que l’envoyé américain David Satterfield, secrétaire d’Etat américain adjoint par intérim, avait transmis un message d’Israël aux Libanais affirmant que Jérusalem ne souhaitait pas d’escalade de la violence.

Aoun a cependant averti que, si Israël mettait en pratique ses menaces, un nouveau cycle de conflit militaire entre les deux parties pourrait éclater.

Cette photo prise dans le kibboutz israélien de Yiftah le 30 janvier 2018 montre la clôture frontalière entre Israël et le Liban, avec le village de Blida, dans le sud du Liban, dans le fond (AFP / Jalaa Marey)

« La provocation verbale israélienne ne nous importe peu, mais si elle est mise en pratique, il y aura de nouvelles guerres », a-t-il affirmé.

Aoun a ajouté que si Israël construisait un mur sur le territoire libanais, le résultat pourrait être « catastrophique ». Cependant, il a affirmé espérer que cela ne mènerait pas à une nouvelle guerre.

« Nous avons proposé une solution. Il y a des points contestés le long de la frontière avec Israël. Alors résolvons d’abord ce différend, et ils pourront construire le mur qu’ils veulent sur leurs terres », a déclaré le président libanais.

Aoun a soutenu durant l’interview qu’Israël était « un Etat raciste » et était responsable du manque de paix avec ses voisins arabes.

Israël « ne veut que la domination et ses résultats », a-t-il déclaré.

Le quotidien libanais An-Nahar a rapporté que Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Saad Hariri s’étaient rencontrés lundi à Beyrouth afin de discuter de « l’agression israélienne » contre la souveraineté libanaise.

Selon le journal, au cours des discussions, M. Hariri a déclaré que « des pourparlers avec la communauté internationale étaient en cours afin de préserver la souveraineté du Liban ».

Les trois dirigeants libanais, ainsi que le brigadier-général Malek Chams, coordinateur du Liban auprès de la Force de maintien de la paix des Nations unies, connue sous le nom de FINUL, ont discuté du message transmis par l’envoyé américain Satterfield la semaine dernière.

Le Hezbollah, un puissant groupe terroriste considéré comme ayant davantage d’influence militaire que l’armée libanaise, a récemment menacé d’ouvrir le feu sur les soldats de l’armée israélienne qui construisent la barrière, a rapporté Hadashot TV.

Le président libanais Michel Aoun (à droite) et le Premier ministre Saad Hariri assistent à une réunion au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beyrouth, le 5 décembre 2017 (AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Le message a été transmis à Jérusalem via la FINUL, indique le reportage. Les forces de l’ONU, craignant une éventuelle escalade, ont initialement transmis le message aux ambassadeurs américain et français, qui en ont informé le bureau du Premier ministre à Jérusalem.

Le gouvernement israélien, peu impressionné, a réagi en lançant un avertissement, a indiqué le reportage. Israël a déclaré agir sur son propre territoire souverain, conformément à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée après le retrait d’Israël du Liban en 2000.

Israël n’a pas l’intention d’arrêter la construction, a déclaré Jérusalem, et le Hezbollah « paiera cher » s’il tente d’attiser les tensions. « La réaction d’Israël sera forte et douloureuse », ont déclaré des sources au sein de l’establishment sécuritaire israélien.

Des tensions ont également éclaté la semaine dernière, lorsque le Liban a lancé un appel d’offres concernant une exploration pétrolière et gazière offshore à la frontière maritime du pays, déclenchant un conflit verbal avec Israël, qui revendique également l’un des gisements en question.

Vendredi, le Liban a signé son premier contrat de forage pétrolier et gazier au large de ses côtes avec un consortium composé des géants de l’énergie Total, ENI et Novatek, notamment concernant un gisement revendiqué par Israël.

Un membre du groupe terroriste du Hezbollah tient des drapeaux libanais et du Hezbollah lors d’un voyage de presse près de la ville frontalière d’Arsal, le 25 juillet 2017 (Photo AFP / Stringer)

Les autorités libanaises affirment que le pays va débuter le forage exploratoire offshore en 2019 et que le Liban veut faire valoir ses droits sur ces ressources situées le long de son territoire maritime.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense israélien, a qualifié cette initiative de « très provocatrice » et expliqué que le Liban avait lancé un appel d’offres à des groupes internationaux concernant un gisement de gaz « qui est de toute évidence le nôtre ».

Israël a également menacé d’empêcher l’Iran de construire des usines visant à fabriquer des missiles avancés au Liban. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti les ennemis du pays « de ne pas nous tester » et a déclaré que l’armée israélienne se tenait prête face à « tous les scénarios ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article

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