Appels à l’ONU pour créer une commission permanente pour critiquer Israël
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Appels à l’ONU pour créer une commission permanente pour critiquer Israël

Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU va probablement voter jeudi sur ce projet de résolution sans précédent, à la demande du Pakistan, en tant que représentant de l'OCI

Drapeau de l'Organisation de la coopération islamique (Crédit : domaine public Wikimedia commons)
Drapeau de l'Organisation de la coopération islamique (Crédit : domaine public Wikimedia commons)

Les Etats membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) ont demandé au Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies, composé de 47 Etats membres, de créer une commission permanente spécialement chargée de rapporter les présumées violations des droits de l’homme en Israël, à Gaza et en Cisjordanie.

Un projet de résolution demande que la commission examine « toutes les violations présumées du droit humanitaire international et toutes les violations et abus présumés du droit international des droits de l’homme » ayant abouti aux récentes tensions.

La portée de cette résolution dépasse largement la dernière flambée de violence entre Israël et groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le texte demande que la commission étudie « toutes les causes profondes des tensions récurrentes (…), y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’identité nationale, ethnique, raciale ou religieuse ».

L’enquête doit se concentrer sur l’établissement des faits et collecter preuves et éléments qui pourraient être utilisés dans le cadre de poursuites judiciaires et dans la mesure du possible identifier les coupables pour qu’ils puissent être jugés.

« Une impunité de longue date et systémique » a « miné tous les efforts pour arriver à une solution juste et pacifique », accuse le texte.

Le porte-parole du Conseil des Droits de l’Homme, Rolando Gomez, a déclaré que l’adoption du projet de résolution serait la première fois qu’une commission d’enquête recevrait un « mandat permanent. »

Si la résolution est adoptée, cette commission atteindra en effet un niveau d’examen sans précédent et sans durée fixée à l’avance. Pour mieux comprendre : le mandat d’autres commissions d’enquête, – comme celle sur la Syrie – doivent être renouvelés tous les ans.

Une session spéciale du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, basé à Genève, sera consacrée jeudi à la « grave situation des droits de l’homme » à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La session du Conseil – la plus haute instance des Nations unies dans ce domaine – débutera jeudi à 08H00 GMT avec une déclaration de Michelle Bachelet, la Haute-commissaire aux droits de l’homme.

Michelle Bachelet Haut-Commissaire au droits de l’Homme à l’ONU, à Genève, le 20 mars 2019. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Maliki devrait s’adresser à l’assemblée tout comme l’ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU à Genève Meirav Eilon Shahar.

Cette réunion a été demandée par le Pakistan, en tant que coordinateur de l’OCI.

Un vote sur le projet de résolution est probable à la fin de la session de jeudi, qui sera en grande partie virtuelle.

L’ambassadeur du Pakistan auprès de l’ONU à Genève Khalil Hashmi, a déclaré à des journalistes mercredi que le plus récent conflit n’était que le dernier en date d’un long cycle et il a dit espérer qu’elle passerait par consensus. Le Premier ministre pakistanais a récemment proféré des propos antisémites lors d’une interview en direct accordée à CNN.

20 des 47 membres du Conseil étaient parmi les 66 pays qui ont soutenu la demande de la tenue d’une session extraordinaire.

Les membres du Conseil sont 47 États élus par l’Assemblée générale à la majorité absolue pour une période de trois ans et non rééligibles après deux mandats consécutifs. Après six ans, un État doit attendre au moins pendant un an avant de refaire acte de candidature. Le Conseil est renouvelable par tiers tous les ans. Chaque mandat commence au 1er janvier et se termine au 31 décembre, trois ans plus tard.

A LIRE : Erdan accuse l’ONU « d’hypocrisie », compare le Hamas aux nazis

Israël accuse le Conseil de parti-pris anti-israélien et a généralement refusé de coopérer avec ses enquêteurs.

Israël est en effet le seul pays avec un point fixe à l’ordre du jour de chaque session du Conseil, une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, avaient quitté l’organisation. Le nouveau président Joe Biden a fait revenir les Etats-Unis en tant que pays observateur.

Lors de l’annonce de la réunion, Meirav Eilon Shahar, a appelé les États membres à s’opposer à la réunion de jeudi et a dénoncé une convocation qui « prouve que cette instance à un programme anti-israélien ».

L’AFP a contribué à cet article.

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