Après 4 morts, le chantier de Yavné est suspendu
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Après 4 morts, le chantier de Yavné est suspendu

La police a ouvert une enquête sur cet accident mortel, les ouvriers auront une demie-journée de formation à la sécurité

Le chantier où une grue s'est effondrée, faisant 4 morts, à Yavne, le 13 mai 2019. (Crédit : Flash90)
Le chantier où une grue s'est effondrée, faisant 4 morts, à Yavne, le 13 mai 2019. (Crédit : Flash90)

Un chantier situé dans la ville de Yavné, dans le centre du pays, a été fermé pour 30 jours à compter de lundi, au lendemain de la chute d’une grue qui a coûté la vie à quatre ouvriers.

Cet accident mortel fait grimper à 20 le bilan des morts sur des sites de construction en 2019.

Quatre personnes ont été assignées à résidence dimanche alors que la police a lancé une enquête pour étudier les circonstances de cette chute.

Trois des victimes ont été identifiées par les autorités lundi. Il s’agit de Gil Hazazi, 51 ans, Ben Dakla, 22 ans, et Yonathan Sabag, 33 ans, qui aurait été le gérant de la société des grues. Le nom de la quatrième victime n’a pas été divulgué.

Deux autres personnes ont été blessées.

Au total, 17 personnes ont été interpellées dans cet incident, dont 11 qui ont été interrogées comme de possible suspects criminels et certains responsables du chantier et de la société qui gère la grue.

Le chantier où une grue s’est effondrée, faisant 4 morts, à Yavne, le 13 mai 2019. (Crédit : Flash90)

La police a ordonné que quatre des personnes interpellées soient assignées à résidence et les 13 autres ont été libérées sans conditions.

Une unité spéciale de la police appelée Peles, et créée fin 2018, est spécialisée dans les enquêtes sur les accidents du travail mortels. Elle est chargée de mener l’enquête, avec le département de la sécurité au travail du ministère du Travail.

Cet incident a de nouveau mis en lumière les questions de sécurité sur les lieux de travail. Politiciens et militants ont lancé un appel urgent à des réformes dans l’industrie et à de meilleurs standards de sécurité.

En 2018, 38 personnes ont été tuées dans les chantiers, et le gouvernement s’était alors engagé à renforcer les normes de sécurité.

Lundi après-midi, le syndicat Histadrout a convoqué une réunion d’urgence présidée par le chef de la fédération, Arnon Bar-David, pour discuter des mesures à mettre en oeuvre pour combattre les décès sur les lieux de travail. Des représentants d’associations professionnelles et de syndicats du secteur de la construction étaient présents.

Le groupe a annoncé quatre nouvelles mesures : la création d’un siège sur la sécurité au travail qui sera financé par les syndicats et l’industrie de la construction, et qui se consacrera à l’éducation et à la prévention des accidents sur les chantiers ; une interruption des travaux jeudi pour assister à des séminaires dans des chantiers à travers le pays sur les règles de sécurité ; une conférence d’urgence pour les sociétés et les syndicats début juin ; et un changement dans le contenu des conférences professionnels de l’industrie en 219, pour qu’elles soit essentiellement consacrées à la sécurité.

Si habituellement, les personnes tuées et blessées dans les chantiers sont des travailleurs étrangers, les quatre victimes de Yavne sont israéliennes.

Les quatre hommes étaient apparemment sur la grue lorsqu’un contre-poids avec des blocs de lest en béton s’est effondré, entraînant trois d’entre eux avec lui, selon un témoin oculaire qui s’est confié au site d’informations Walla. Trois d’entre eux ont été déclarés morts sur les lieux.

La quatrième victime est restée suspendue pendant près d’une heure avant que les secours ne parviennent à le faire descendre, et son décès a été prononcé à ce moment-là.

Deux autres employés ont été légèrement blessés. Une autre personne avait été portée disparue, mais les secours ont fini par le localiser, sain et sauf.

Il y a un mois, le camionneur Itzhik Cohen, 31 ans, a été tué sur ce même chantier et jeudi, deux autres ouvriers du bâtiment ont été tués dans deux incidents distincts à Petah Tikva et à Bnei Brak.

Le ministre des Affaires sociales Haim Katz prend la parole lors d’une réunion du Comité des finances à la Knesset le 5 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Répondant à l’incident de dimanche, le ministre du Travail et des Affaires sociales Haim Katz a semblé rejeter les critiques et rejeter la faute sur les ouvriers.

« Je ne crois pas que les accidents soient dus à la négligence des contractants », a-t-il déclaré. « Certains ouvriers ne respectent pas les normes de sécurité malgré la hauteur à laquelle ils travaillent ».

L’année dernière, une grève générale avait été évitée au dernier moment après que le syndicat de la Histadrout eut conclu un accord avec le gouvernement pour améliorer les conditions de sécurité pour les ouvriers du secteur de la construction. La grève devait dénoncer le manque de réglementation sécuritaire sur les chantiers, suite à la mort de plusieurs douzaines de travailleurs.

Les nouvelles mesures adoptées l’année dernière rendent les normes européennes sur les échafaudages obligatoires, établissent une régulation des grues et prévoient le renforcement d’autres règles de sécurité.

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