Après des mois de manifestations, la Knesset débat de l’allocation handicapé
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Après des mois de manifestations, la Knesset débat de l’allocation handicapé

Les députés se sont réunis pour discuter d’une augmentation des prestations ; cette mesure est largement soutenue par les députés, mais seulement en partie par Netanyahu

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Des israéliens handicapés à la Knesset lors d'une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des israéliens handicapés à la Knesset lors d'une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La Knesset a interrompu son congé estival pour une session plénière extraordinaire ce lundi, pour débattre des indemnités versées aux personnes handicapées, après des semaines de manifestations à travers le pays, qui ont perturbé la circulation, alors que les militants protestaient contre le peu d’indemnités perçues.

En juin, les députés de l’ensemble de l’échiquier politique ont exhorté le gouvernement à accepter un nouveau projet qui permettrait d’augmenter ces prestations, pour passer de 2 342 shekels (577 €) à 4 000 shekels (950 €) par mois.

Ce nouveau montant serait aligné sur le salaire minimum, qui est régulièrement augmenté par la Knesset. Le montant actuel de l’allocation est aligné sur l’index des prix à la consommation, qui augmente plus lentement que le salaire minimum.

La proposition est un compromis entre les revendications des militants handicapés, dont fait partie le député Ilan Gilon, du parti Meretz, qui souhaitent voir la prestation d’invalidité élevée à 5 000 shekels par mois, et la proposition de la commission nommée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui recommandait une augmentation plus modeste et fixait le montant de la prestation à 3 200 shekels, où ne seraient éligibles que les personnes sévèrement handicapées et sans famille.

Des israéliens handicapés à la Knesset lors d'une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des israéliens handicapés à la Knesset lors d’une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des dizaines d’Israéliens handicapés ont assisté au débat parlementaire à la Knesset, auquel moins de la moitié des 120 députés étaient présents, tandis que d’autres manifestaient à l’extérieur.

Des israéliens handicapés à la Knesset lors d'une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des israéliens handicapés à la Knesset lors d’une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

S’exprimant au nom du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Santé Yaakov Litzman, seul représentant du cabinet, a réaffirmé que le gouvernement fera progresser cette prestation à 3 200 shekels par mois pour ceux qui ne sont pas en mesure de travailler, et à 4 000 shekels pour ceux qui sont définis comme étant dans un état grave. Cette augmentation fera grimper de quatre milliards de shekels le budget du gouvernement pour ce pôle, et inclura d’autres avantages.

Les députés de l’opposition, qui voulaient aligner les prestations d’invalidité sur le salaire minimum, ont critiqué Netanyahu, qui s’est opposé au projet. Gilon, du Meretz, lui-même handicapé, a déclaré lors de la session plénière que tous les députés, de tous bords politiques confondus, étaient en faveur de cette augmentation, à l’exception du Premier ministre.

« Le gouvernement israélien se moque de 119 membres de la Knesset », a-t-il dit.

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman à la Knesset lors d'une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Santé Yaakov Litzman à la Knesset lors d’une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Il est temps pour nous de nous rassembler ici, pour écouter et faire écouter le cri des personnes handicapées », a déclaré le député Dov Khenin (Liste arabe unie). « Il nous faut dire l’évidence : une personne handicapée n’est pas un demi être humain. Quand nous sommes arrivés à la conclusion qu’une personne peut subvenir dignement à ses besoins avec 5 000 shekels [salaire minimum], c’est le minimum. Nous devons garantir la même chose pour les handicapés. »

Plusieurs députés de la coalition ont manifesté leur soutien à cette mesure.

« Je m’engage à ne pas cesser de lutter, si ceci n’est pas adopté, rien d’autre ne le sera », a déclaré le député Moshe Gafni (Yahadout HaTorah], à la tête de la puissante commission parlementaire des Finances.

Le débat a donné lieu à des affrontements entre l’ancien ministre des Finances Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, et Litzman, au sujet des caisses de l’État.

« L’État d’Israël a beaucoup d’argent, il n’y a pas de déficit […] il y a des milliards dans les coffres. J’étais ministre des Finances, je connais les chiffres, il y a de l’argent, que [le gouvernement israélien] préfère garder pour lui que de le donner aux handicapés », a accusé Lapid.

Le député Yair Lapid à la Knesset lors d'une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le député Yair Lapid à la Knesset lors d’une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Je veux rebondir sur les propos du député Yair Lapid, ancien ministre des Finances, a déclaré Litzman un peu après. Il voulait donner trois milliards de shekels au plan zéro TVA. Il n’a pas donné un shekel aux handicapés. »

« Mieux vaut ne pas mentir avant Rosh HaShana, a répliqué Lapid. Il n’y avait pas d’argent à ce moment. »

« Vous aviez l’argent, vous aviez trois milliards, nous nous sommes battus à ce sujet en commission des Finances, vous vouliez le gaspiller et vous ne l’avez pas donné aux handicapés », a répondu Litzman.

Ce lundi, sur l’autoroute 1 et devant le parlement israélien, d’autres manifestations pour les droits des handicapés ont eu lieu.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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