Après la mort de son homme fort, le Jihad islamique dit aller « en guerre »
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Après la mort de son homme fort, le Jihad islamique dit aller « en guerre »

Après les funérailles de Baha Abu al-Ata, le groupe terroriste de Gaza a dit mobiliser ses combattants ; le Hamas et des responsables de l'OLP condamnent Jérusalem

Le chef du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata attend à Gaza, le 21 octobre 2019. (Crédit : STR/AFP)
Le chef du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata attend à Gaza, le 21 octobre 2019. (Crédit : STR/AFP)

Le Jihad islamique palestinien a fait savoir mardi qu’il se préparait à la guerre contre Israël après l’élimination par l’armée israélienne, à l’aube, de l’un des plus hauts commandants du groupe terroriste dans le nord de la bande de Gaza.

« Ces crimes terroristes sont une agression et une déclaration de guerre à l’encontre des Palestiniens et c’est l’ennemi qui en endosse la responsabilité », a fait savoir le Jihad islamique dans un communiqué, suite à l’assassinat ciblé de Baha Abu Al-Ata par l’Etat juif.

« Les brigades Al-Quds [Aile armée du Jihad islamique palestinien] et la résistance vaillante, qui ont annoncé une mobilisation de leurs combattants et qui ont commencé leur riposte contre cette agression et cet acte de terrorisme, continueront à défendre la dignité des Palestiniens avec force et courage », a ajouté le communiqué.

Selon les brigades Al-Quds, Abu al-Ata, 42 ans, « était l’un des membres les plus éminents de son conseil militaire et le commandant de la zone nord de la bande de Gaza ».

Des colonnes de fumée après une attaque israélienne à Gaza, le 12 novembre 2019. (Crédit : BASHAR TALEB/AFP)

« Nous allons à la guerre. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a franchi toutes les lignes rouges en assassinant le commandant Baha Abu al-Ata des brigades Al-Quds. Nous répondrons avec force », a indiqué le secrétaire-général du groupe terroriste Ziad al-Nakhala au site d’information arabophone Dar al-Hayat.

Le groupe terroriste du Hamas a déclaré lundi que l’assassinat de Baha Abu al-Ata, haut-commandant de l’aile armée du Jihad islamique, ne resterait pas « impuni ».

« Notre population palestinienne dit adieu aujourd’hui à un commandant et combattant qui a suivi la voie des plus éminents parmi nous qui sont tombés en martyrs. Nous, au Hamas, affirmons que l’ennemi sioniste endossera la responsabilité de toutes les conséquences et de toutes les ramifications de cette escalade et de cette attaque dangereuse », a noté le Hamas dans un communiqué.

« Le chemin du combat et de la résistance se profile devant nous et le crime que représente l’assassinat du commandant Abu Salim ne restera pas impuni », a ajouté le groupe terroriste en se référant au nom de guerre donné à Abu al-Ata.

Des Palestiniens devant les ruines de la maison du chef du Jihad islamique Baha Abu Al-Ata après une frappe israélienne, le 12 novembre 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

En Cisjordanie, le haut-responsable de l’Autorité palestinienne et officiel de l’OLP Saeb Erekat a estimé que le gouvernement israélien « endosse la pleine responsabilité des conséquences de son crime », dans une déclaration transmise par Wafa, site d’information officiel de l’AP.

Des centaines de personnes, dans la bande de Gaza, ont pris part aux funérailles d’Abu al-Ata, dans la matinée de mardi.

Sa dépouille a été amenée de l’hôpital Shifa, à Gaza City, à son domicile familial de Shejaiya puis à la mosquée Omari, a indiqué Palestine Today, lié au Jihad islamique.

Le groupe terroriste a aussi annoncé que l’habitation d’Akram al-Ajouri, membre de son bureau politique, avait été également pris pour cible à Damas, entraînant la mort de l’un de ses fils.

Le chef du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata attend à Gaza, le 27 septembre 2018. (Crédit : STR/AFP)

L’armée israélienne a ordonné la fermeture des écoles dans le centre et au sud d’Israël, notamment dans la banlieue métropolitaine de Tel Aviv, alors que les groupes terroristes de la bande de Gaza ont lancé des douzaines de roquettes vers les villes et les villages en riposte à cet assassinat.

Plus de 70 roquettes et tirs de mortier avaient été envoyés depuis la bande de Gaza vers le centre et le sud du pays à 9h10, ce matin, selon l’armée israélienne. Les soldats exploitant le système de défense anti-missiles du Dôme de fer ont abattu 20 de ces projectiles, ont expliqué les militaires.

Les attaques à la roquette ont commencé peu après l’élimination, à 5 heures du matin, d’Abu al-Ata – la majorité ciblant des villes et les cités avoisinant le nord de la bande de Gaza.

Peu après 7 heures du matin, les sirènes d’alerte à la roquette ont résonné dans les banlieues de Tel Aviv de Rishon Lezion et de Holon.

Une heure plus tard, l’alarme a été donnée dans les quartiers du sud de Tel Aviv et dans les banlieues voisines de Bat Yam et de Holon, puis à Tel Aviv même et à Modiin.

Un Israélien a été légèrement blessé par un éclat d’obus après qu’une roquette s’est abattue à proximité de Gan Yavne, a expliqué le porte-parole des services d’urgence du Magen David Adom, Zaki Heller, qui a fait savoir que l’homme avait été soigné sur place par les secours.

Ils ont également réanimé une fillette de 8 ans qui avait perdu connaissance pendant une frappe à la roquette dans la ville de Holon.

Six autre Israéliens ont été hospitalisés pour des blessures mineures alors qu’ils couraient pour se mettre à l’abri pendant l’alerte rouge.

Des roquettes palestiniennes tirées depuis la bande de Gaza, le 12 novembre 2019. (Crédit : BASHAR TALEB/ AFP)

L’armée israélienne a fait savoir qu’elle avait envoyé un certain nombre de mises en garde à Abu al-Ata — par le biais d’intermédiaires non identifiées – pour qu’il renonce à mener ses opérations, mais que ces avertissements étaient restés vains.

« Nous avons essayé d’envoyer un message à Abu al-Ata et au Jihad islamique palestinien, celui que nous avions connaissance de leurs agissements et que nous voulions les persuader de mettre un terme à ses attaques. Ces mises en garde sont manifestement restées vaines », a commenté le porte-parole de Tsahal Jonathan Conricus.

Conricus a noté que cet assassinat n’impliquait pas « un retour aux politiques antérieures de ce qui avait été appelé dans les médias ‘assassinats ciblés’. »

Des roquettes lancées depuis la bande de Gaza vers Israël, le 12 novembre 2019. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

« Nous avons procédé à cette frappe parce que nous n’avions pas d’autre choix », a-t-il continué.

Le porte-parole a dit que les militaires avaient entraperçu une possibilité de tuer Abu al-Ata dans la matinée de mardi, l’homme étant à ce moment-là relativement isolé et le risque couru par les civils étant moindre.

Conricus a déclaré que Tsahal ne pensait pas qu’Abu al-Ata travaillait sous les ordres de l’Iran, un soutien du Jihad islamique palestinien, mais qu’il était plutôt « un terroriste local qui agissait de manière incontrôlée ».

Les assassinats de responsables palestiniens à Gaza sont devenus rares. Au mois de mai, au cours de la plus grave flambée de violences de ces dernières années – les terroristes palestiniens avaient envoyé plus de 700 roquettes sur Israël – l’aviation militaire israélienne avait tué Hamed Hamdan al-Khodari qui, selon elle, était chargé de transmettre des fonds iraniens aux groupes terroristes de Gaza.

Israel et Gaza se sont engagés dans plusieurs séries sporadiques de violences au cours des deux dernières années, alors que les deux parties tentaient de conclure un cessez-le-feu à long terme.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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