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Après l’attaque à Burin, 400 Israéliens plantent des oliviers dans le village

Plusieurs résidents de l'avant-poste illégal de Givat Ronen ont tenté d'atteindre la zone où le reboisement a eu lieu, mais ont été repoussés par l'armée

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des centaines d'activistes de gauche israéliens arrivent pour aider des Palestiniens à planter des oliviers près du village de Burin, en Cisjordanie, le 4 février 2022. (Crédit : Hamutal Sadot, Rabbis for Human Rights/Courtesy)
Des centaines d'activistes de gauche israéliens arrivent pour aider des Palestiniens à planter des oliviers près du village de Burin, en Cisjordanie, le 4 février 2022. (Crédit : Hamutal Sadot, Rabbis for Human Rights/Courtesy)

Quelque 400 militants israéliens de gauche se sont présentés vendredi matin pour aider les agriculteurs palestiniens à planter des oliviers près du village cisjordanien de Burin, deux semaines après qu’une attaque menée par des résidents d’implantation extrémistes eut fait plusieurs blessés.

« Cette image de centaines d’Israéliens, y compris ceux blessés par des terroristes juifs, retournant sur les lieux de l’attaque, deux semaines après qu’elle a eu lieu, représente une victoire importante », a déclaré Avi Dabush, chef de Rabbis for Human Rights, dans un communiqué.

« Nous avons déclaré que nous ne céderions pas à la violence et que nous retournerions sur le terrain pour être solidaires des oléiculteurs palestiniens contre ceux qui les attaquent régulièrement. Et c’est ce que nous avons fait », a-t-il affirmé.

Selon l’organisation, plusieurs résidents de l’avant-poste illégal de Givat Ronen ont tenté d’atteindre la zone où le reboisement a eu lieu, mais ont été repoussés par l’armée, avec laquelle l’événement a été coordonné.

L’armée a déclaré dans un communiqué qu’il y avait eu des « frictions » entre les militants et les troupes. « Les forces de sécurité ont opéré sur les lieux pour maintenir l’ordre et prévenir les incidents de violence », indique le communiqué.

Tsahal a déclaré qu’un militant avait été neutralisé après avoir agressé un soldat, puis emmené pour être arrêté par des policiers. « Tsahal considère que tout incident de violence contre les forces de sécurité est à prendre très au sérieux », a-t-il ajouté.

Les troupes avaient brièvement bloqué le convoi de voitures et de bus pour des raisons inconnues.

Plusieurs législateurs étaient présents vendredi, dont Ahmad Tibi de la Liste arabe unie et Gaby Lasky et Mossi Raz du Meretz.

Les législateurs ont ensuite visité l’avant-poste illégal évacué d’Evyatar, après l’annonce mercredi matin selon laquelle l’ancien procureur général Avichai Mandelblit avait approuvé un accord de compromis entre le gouvernement et les résidents d’implantation pour le légaliser quelques heures avant la fin de son mandat.

Cette décision, très controversée au sein de la coalition gouvernementale aux idéologies très diverses, nécessite toujours l’approbation finale du ministre de la Défense Benny Gantz.

« Nous sommes arrivés à Evyatar pour exiger son évacuation immédiate », a déclaré Raz sur Twitter.

Par ailleurs vendredi, dans la ville palestinienne d’as-Sawiya, près de Naplouse, en Cisjordanie, au moins six voitures avaient des pneus crevés et des graffitis sur les façades des maisons disaient : « Notre terre pour notre nation » et « La vengeance viendra un jour, » a déclaré la police. Une enquête a été ouverte.

Les actes de vandalisme contre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes sont communément appelés attaques du « Prix à payer », les auteurs affirmant qu’il s’agit de représailles à la violence palestinienne ou aux politiques gouvernementales considérées comme hostiles au mouvement des implantations.

Cependant, les arrestations sont rares et les groupes de défense affirment que les condamnations sont encore moins fréquentes, la majorité des charges dans de telles affaires étant abandonnées.

Le 21 janvier, des résidents masqués de l’avant-poste ont attaqué des Palestiniens et des militants israéliens de gauche avec des gourdins et des pierres, blessant au moins six personnes et ont incendié une voiture, selon la police, des témoins et des images de la scène.

Aucune arrestation n’a été signalée. Le Shin Bet est impliqué dans l’enquête, a confirmé l’agence de sécurité la semaine dernière.

Les actes d’une violence inouïe ont suscité des dénonciations de l’ensemble du spectre politique, plusieurs législateurs de la coalition appelant à la démolition de l’avant-poste d’où les assaillants seraient venus.

Les responsables de la sécurité israélienne ont averti que la violence des extrémistes juifs en Cisjordanie avait augmenté ces derniers mois. Fin décembre, des responsables du Shin Bet ont déclaré au Times of Israel que la violence extrémiste juive avait augmenté de 50 % au cours de l’année écoulée.

Néanmoins, le débat politique interne sur le phénomène a été source de divisions. Les politiciens israéliens de droite se sont insurgés contre la qualification de ces attaques de « violence des colons », accusant une telle caractérisation d’être une tentative de salir tous les Juifs vivant en Cisjordanie.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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