Après l’attentat, HaBayit HaYehudi appelle à légaliser les habitations d’Ofra
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Après l’attentat, HaBayit HaYehudi appelle à légaliser les habitations d’Ofra

Le parti de la coalition et la ministre de la Justice ont poussé l'État à régler la question du statut de centaines de maisons construites sur des terres palestiniennes privées

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Vue de l'implantation de Ofra en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Hadas Parush/Flash90)
Vue de l'implantation de Ofra en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Hadas Parush/Flash90)

Le parti HaBayit HaYehudi a appelé lundi à légaliser l’implantation d’Ofra en réponse à la fusillade survenue à un arrêt de bus aux abords de cette ville du centre de la Cisjordanie, la nuit dernière, qui a fait sept blessés.

« Le parti HaBayit HaYehudi a appelé le Premier ministre à immédiatement régler le statut de l’implantation d’Ofra en lui octroyant toute la légalité nécessaire dans notre pays », lit-on dans un communiqué émanant de la formation de la coalition de droite.

La faction nationale-religieuse a déclaré que la réponse appropriée à apporter à de tels attentats était de « renforcer les implantations ». Le communiqué de la formation a également noté qu’un « projet d’avis juridique au sujet de la légalisation d’Ofra est déjà prêt », même si elle a décliné la demande du Times of Israel de voir ce document.

Cette demande est survenue peu de temps après que la ministre de la Justice Ayelet Shaked, de HaBayit HaYehudi, a fait une réclamation similaire.

Des soldats israéliens et la police inspectent la scène d’un attentat terroriste à l’entrée de l’implantation israélienne d’Ofra, en Cisjordanie, le 9 décembre 2018 (Crédit : Ofer Meir/Flash90)

L’implantation d’Ofra a été établie en 1975 sur une base militaire jordanienne abandonnée avec l’approbation de Yitzhak Rabin et de Shimon Peres, qui étaient respectivement Premier ministre et ministre de la Défense à ce moment-là.

Tandis que la base de l’implantation elle-même est installée sur ce qui est considéré comme des terrains appartenant à l’Etat, la grande majorité des parcelles sur lesquelles la communauté a construit sont répertoriées comme étant des terres privées palestiniennes qui avaient été enregistrées par les Jordaniens avant 1967.

En 2007, l’observatoire des implantations La Paix maintenant avait publié des documents de l’Etat qui avaient prouvé que le gouvernement avait permis la construction de centaines d’habitations sur des terres expropriées qui étaient la propriété de Palestiniens originaires du village avoisinant d’Ein Yabroud.

Les propriétaires palestiniens ont déposé un certain nombre de dossiers en appel devant la Haute cour de justice contre les constructions qui avaient commencé suite à la révélation de ces documents. En réponse, les résidents d’Ofra avaient accéléré le rythme des travaux et avaient même obtenu le feu vert du rabbin de la ville, Avi Giser, pour travailler le jour du Shabbat.

Les forces de police israéliennes évacuent les manifestants dans l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie, lors d’une opération de démolition de neuf bâtiments, le 28 février 2017 (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)

En 2015, la Cour suprême avait ordonné la démolition de ces neuf maisons édifiées à la hâte malgré l’ordre donné par l’Administration civile – instance du ministère de la Défense qui autorise les constructions en Cisjordanie – d’arrêter les travaux. Deux années plus tard, le jugement avait été appliqué.

Tandis que cette communauté de 3 500 personnes est parvenue à construire presque cent habitations sur des terres appartenant à l’Etat, 500 autres maisons à peu près ont été édifiées sur des terres palestiniennes privées et n’ont donc pas été légalisées.

Au mois de février 2017, la Knesset avait adopté la Loi de régulation qui aurait autorisé l’Etat à exproprier des terres privées palestiniennes où des structures d’habitation illégales avaient été construites – dans la mesure où elles avaient été édifiées « de bonne foi » ou avec un soutien gouvernemental, et à condition que les propriétaires palestiniens soient indemnisés à hauteur de 125 % pour leur bien foncier.

La législation avait pour objectif de résoudre les problèmes juridiques que doivent affronter les communautés comme Ofra, mais elle a été gelée depuis par la Haute cour et la majorité des analystes a prédit qu’elle ne pourrait jamais être appliquée, tout du moins sous sa forme actuelle. Le Procureur général Avichai Mandelblit a refusé de défendre le texte au nom de l’Etat, estimant qu’il contrevient aux droits des Palestiniens.

Des personnels médicaux et sécuritaires israéliens évacuent les blessés après la fusillade d’Ofra à l’hôpital Shaarei Tzedek de Jérusalem, le 9 décembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

En même temps, les autorités ont travaillé pour adopter d’autres mesures permettant de légaliser Ofra ainsi que des douzaines d’autres avants-postes illégaux en Cisjordanie.

Le communiqué du parti HaBayit HaYehudi appelant le gouvernement – dont il est membre – à légaliser Ofra a trouvé un écho chez Shaked et Bezalel Smotrich, député de la faction, après l’attaque de la nuit de dimanche.

Yisrael Gantz, nouveau président du conseil régional de Binyamin où l’attentat a eu lieu, a fait la même demande mais il a également réclamé « l’approbation immédiate de milliers d’unités de logements… afin de plonger plus profondément nos racines ici ».

Sept personnes ont été blessées quand un véhicule palestinien qui circulait a ouvert le feu sur un groupe de personnes qui attendaient à un arrêt de bus dimanche, aux environs de 21h30. La chasse aux terroristes, qui ont fui les lieux, est encore en cours.

Des soldats israéliens recherchent des hommes armés qui ont ouvert le feu sur un arrêt de bus à l’extérieur de l’implantation d’Ofra en Cisjordanie, blessant sept personnes, le 9 décembre 2018. (Armée israélienne)

Une femme enceinte de 21 ans a été grièvement blessée et les médecins ont dû procéder à un accouchement en urgence de la victime à son arrivée au centre médical Shaare Zedek.

Le bébé, un petit garçon, est né par césarienne à la trentième semaine de grossesse et il a été immédiatement transféré au sein de l’unité pour les enfants prématurés. Son état a été initialement qualifié de « stable » mais il se serait détérioré dans la matinée de lundi, selon les médecins.

La jeune mère – dont le mari de 22 ans figure également parmi les victimes a été légèrement touché – a été blessée au torse. Si elle « luttait contre la mort » dimanche, son état se serait stabilisé lundi.

Le professeur Yonatan HaLevy, directeur médical de Shaare Zedek, a averti que la mère et l’enfant auraient « beaucoup de chemin à faire avant d’être hors de danger ».

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