Après « l’incivisme » des Français, Macron restreint fortement leurs déplacements
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Après « l’incivisme » des Français, Macron restreint fortement leurs déplacements

Le dernier bilan fait état de 21 nouveaux décès (148 en tout) et 1 200 nouveaux cas lundi, soit plus de 6 600 en tout

Emmanuel Macron annonce en direct depuis le Palais de l'Elysée à Paris les mesures prises concernant la situation de l'épidémie de COVID-19, causée par le nouveau coronavirus, le 12 mars 2020. (Crédit : Ludovic Marin / AFP)
Emmanuel Macron annonce en direct depuis le Palais de l'Elysée à Paris les mesures prises concernant la situation de l'épidémie de COVID-19, causée par le nouveau coronavirus, le 12 mars 2020. (Crédit : Ludovic Marin / AFP)

Emmanuel Macron a pris lundi une mesure inédite dans l’histoire récente de la France en annonçant lundi une restriction sévère des déplacements de la population, parce que le pays « est en guerre » contre la pandémie du coronavirus.

Les « déplacements seront fortement réduits pour 15 jours au moins » à partir de mardi midi pour « limiter au maximum les contacts » et lutter contre l’expansion du coronavirus, a expliqué Emmanuel Macron.

Il ne sera ainsi plus possible de « retrouver ses amis ou aller au parc », et « seuls doivent demeurer les transports absolument nécessaires », « pour se soigner », faire ses courses ou encore « aller au travail quand le travail à distance n’est pas possible », a détaillé le chef de l’Etat. « Toute infraction à ces règles sera sanctionnée », a-t-il averti.

Il a aussi appelé les Français contraints de rester chez eux à être solidaires entre voisins, à appeler leurs proches et à « inventer de nouvelles solidarités » et de retrouver « le sens de l’essentiel », par exemple pour lire des livres.

Emmanuel Macron a également annoncé le report du second tour des élections municipales, une décision qui « a fait l’objet d’un accord unanime ». Il n’a cependant pas confirmé la date du 21 juin, évoquée par plusieurs responsables politiques dans l’après-midi.

Parmi les autres décisions annoncées au cours de cette allocution de 20 minutes, figure la suspension de « toutes les réformes en cours », à commencer par celle des retraites, et des mesures de soutien à l’économie.

La mesure de confinement limité intervient après une série d’autres décisions de plus en plus contraignantes prises ces derniers jours mais qui ont été jugées insuffisantes pour faire face à l’aggravation de la pandémie.

Le week-end a ainsi été marqué par l’annonce de la fermeture des lieux publics « non-essentiels », comme les restaurants, les bars et les commerces non-alimentaires. Elle s’ajoutait à celle des crèches, des écoles et des universités, annoncée jeudi par Emmanuel Macron au cours d’une première allocution télévisée.

Mais ces mesures n’ont pas empêché de nombreux Français à profiter du beau temps en se rendant dans les parcs, ce qui a déclenché une volée de critiques sur « l’incivisme » en pleine épidémie.

La situation « est très inquiétante » et « se détériore très vite », a averti le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon. « Le nombre de cas double désormais tous les trois jours », a-t-il souligné, insistant notamment sur les « centaines » de malades en réanimation et dont le pronostic vital est engagé.

Le dernier bilan fait état de 21 nouveaux décès (148 en tout) et 1 200 nouveaux cas lundi, soit plus de 6 600 en tout.

Parmi d’autres mesures sanitaires spectaculaires, il a annoncé lundi soir qu’un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé « dans les jours à venir en Alsace », et que des masques seraient distribués dès mardi aux soignants des 25 départements les plus touchés.

Il s’est aussi porté au chevet de l’économie, avec une garantie des prêts bancaires accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d’euros, ainsi qu’un « dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien ou report d’échéances bancaires et de garanties de l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques ».

Les loyers et les factures d’eau, de gaz et d’électricité « devront être suspendus » pour les plus petites entreprises qui rencontrent « des difficultés », a-t-il également annoncé. Ces entreprises n’auront « rien à débourser ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales », a-t-il ajouté, en annonçant qu’un fonds de solidarité « pour les entrepreneurs, commerçants, artisans » serait créé et « abondé par l’Etat ».

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« Pas de pénurie »

La Bourse de Paris a connu une nouvelle débâche en chutant de 5,75 % alors que les places mondiales sont toujours en pleine tempête et que Bruxelles attend désormais une récession pour 2020.

Face à l’inquiétude des Français, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a assuré qu’il n’y aurait « pas de pénurie », tout en leur demandant de ne pas multiplier les achats de précaution. Mais en Alsace par exemple, une des régions les plus touchées, des grandes surfaces ont été prises avec de longues files de chariots devant les entrées.

Également sur le plan pratique, de nombreux parents ont fait état, au premier jour de fermeture des écoles, de difficultés pour se connecter aux sites officiels en ligne destinés à faire la classe à la maison.

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