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Après Netanyahu, Trump reçoit Abbas à la Maison Blanche

Nombre d'analystes mettent en garde contre la tentation d'attentes démesurées autour de ce premier face-à-face

Le président américain Donald Trump, le 3 février 2017 (à gauche), et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 30 janvier 2017. (Crédits :  Mandel Ngan/AFP ; Zacharias Abubeker/AFP)
Le président américain Donald Trump, le 3 février 2017 (à gauche), et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 30 janvier 2017. (Crédits : Mandel Ngan/AFP ; Zacharias Abubeker/AFP)

Deux mois et demi après avoir reçu son « ami » Benjamin Netanyahu, Donald Trump accueille mercredi à la Maison Blanche le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec l’espoir – ténu à ce stade – de relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Abbas, qui a rencontré à Ramallah plusieurs responsables américains, dont Mike Pompeo, le chef de la CIA, et Jason Greenblatt, représentant spécial du président républicain, a récemment jugé que la nouvelle administration américaine était « sérieuse » dans sa volonté trouver une « solution à la question palestinienne ».

« Le simple fait que cette rencontre ait lieu est l’un des nombreux signaux qui démontrent que l’approche de Trump face au conflit israélo-palestinien est plus conventionnelle que ce à quoi tout le monde s’attendait », souligne Ilan Goldenberg, expert du Center for a New American Security.

Comme sur nombre de grands dossiers diplomatiques, le magnat de l’immobilier a, de fait, considérablement évolué par rapport à ses promesses de campagne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

S’il a pris ses distances avec la solution à deux états, référence de la communauté internationale depuis des décennies, il a aussi appelé, devant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la « retenue » sur l’expansion des implantations israéliennes en Cisjordanie.

Le magnat de l’immobilier a également, pour l’heure, mis en sourdine sa promesse de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade américaine, une décision qui aurait provoqué à coup sur la colère des Palestiniens.

Mardi, pourtant, le vice-président Mike Pence a laissé entendre que cette hypothèse pourrait revenir sur le devant de la scène. « Au moment où nous parlons, [le président] se penche avec attention sur un déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem », a-t-il lancé, sans autres précisions, à l’occasion d’une cérémonie pour marquer la journée de l’Indépendance.

‘Persévérance et patience’

Nombre d’analystes mettent en garde contre la tentation d’attentes démesurées autour de ce premier face-à-face dans le Bureau ovale entre Donald Trump et Mahmoud Abbas.

Pour Ilan Goldenberg, l’administration Trump « devrait se concentrer sur des petits pas visant à améliorer la situation sur le terrain, préserver la possibilité d’une solution à deux Etats pour plus tard et préparer le terrain pour des négociations à l’avenir ».

« Il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas de paix entre Israël et les Palestiniens, pas la moindre raison », affirmait la semaine dernière à l’agence Reuters Donald Trump, dont la stratégie sur ce dossier reste entourée d’un épais mystère.

Pourtant, la tâche reste herculéenne, tant les positions sont éloignées et le degré de défiance élevé.

Le secrétaire d'État américain John Kerry, la ministre israélienne de la Justice et négociatrice en chef Tzipi Livni et le négociateur en chef palestinien, Saeb Erekat, le 30 juillet 2013 (Crédit département d'Etat des Etats-Unis/domaine public)
Le secrétaire d’État américain John Kerry, la ministre israélienne de la Justice et négociatrice en chef Tzipi Livni et le négociateur en chef palestinien, Saeb Erekat, le 30 juillet 2013 (Crédit département d’Etat des Etats-Unis/domaine public)

Et le 45e président des Etats-Unis sait que ses prédécesseurs ont échoué, Barack Obama en tête, qui promettait, à l’aube de sa présidence, d’œuvrer « avec pugnacité » à une paix durable entre Israël et les Palestiniens.

Les Palestiniens réclament un état indépendant dans les lignes de 1967, ayant pour capitale Jérusalem Est.

« Contrairement à une transaction immobilière, [Donald Trump] ne pourra pas simplement se retirer quand les choses tourneront mal, or cela arrivera », souligne Aaron David Miller, spécialiste du Proche Orient au sein du Wilson Center, dans une tribune publiée sur CNN.com.

« Trump devra faire preuve de persévérance et de patience. Et même s’il le fait, il n’y a pas l’ombre d’un élément permettant d’affirmer que Abbas ou Netanyahu soient prêts à prendre des décisions fortes sur les sujets centraux », ajoute-t-il.

La position d’Abbas dans les territoires palestiniens est délicate. A Gaza, tenue depuis 10 ans sans partage par le Hamas, groupe terroriste islamiste, il est régulièrement conspué. Et la nouvelle plateforme présentée lundi par le Hamas, visant à atténuer le ton belliqueux de son texte fondateur, ne devrait pas changer fondamentalement la donne.

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