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Après un gel de 4 mois, la Pologne et Israël renoueraient leurs liens bilatéraux

La chargée d'affaires de Jérusalem devrait retourner à Varsovie, un premier pas suite à une querelle entraînée par une loi sur la restitution des biens volés pendant la Shoah

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (à gauche) s'exprime lors d'une cérémonie à Rabat, le 11 août 2021. Le président polonais Andrej Duda (à droite) arrive pour un sommet de l'OTAN à Bruxelles le 14 juin 2021. (Shlomi Amsalem/GPO ; Kenzo Tribouillard/Pool via AP)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (à gauche) s'exprime lors d'une cérémonie à Rabat, le 11 août 2021. Le président polonais Andrej Duda (à droite) arrive pour un sommet de l'OTAN à Bruxelles le 14 juin 2021. (Shlomi Amsalem/GPO ; Kenzo Tribouillard/Pool via AP)

La chargée d’affaires israélienne en Pologne devrait retourner bientôt à Varsovie – signe d’une reprise timide des relations qui suit un gel, pendant quatre mois, des liens entre les deux nations.

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé que Tal Ben-Ari, envoyée actuelle en Pologne, retournera à son poste après une absence de quatre mois qui avait suivi une querelle entre Jérusalem et Varsovie.

Au mois de juillet, le Parlement polonais avait adopté une loi qui mettait, dans les faits, un terme à toute future restitution de biens saisis par les nazis aux héritiers des victimes de la Shoah. En réponse à cette législation, qui avait été ratifiée par le président polonais Andrzej Duda, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avait évoqué un texte à la fois « antisémite et immoral ».

La Pologne s’est transformée en « pays anti-démocratique, anti-libéral qui ne respecte même pas la plus grande tragédie jamais survenue dans l’Histoire humaine », avait accusé Lapid. La Pologne avait riposté en accusant Israël de comportement « infondé et irresponsable » et les deux pays avaient ensuite rappelé leurs ambassadeurs respectifs.

Selon le journal Maariv, les responsables polonais ont indiqué ces dernières semaines, leur désir de réparer ces liens endommagés. Parmi les initiatives visant à transmettre ce message, la dure condamnation, par le gouvernement, d’un rassemblement antisémite organisé, au début du mois, dans la ville polonaise de Kalisz, ainsi que la condamnation de l’attentat terroriste meurtrier qui a eu lieu cette semaine à Jérusalem.

Selon Ynet, la Pologne avait également souligné sa décision de boycotter la conférence contre le racisme organisée par les Nations unies, au mois de septembre – un sommet qu’Israël a mis en cause pour son antisémitisme notoire – ainsi que son vote, le mois dernier, au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, où le représentant polonais s’est aligné sur l’État juif.

Les responsables polonais auraient fait savoir qu’ils souhaitaient que les ambassadeurs des deux nations reprennent leurs postes respectifs – une initiative qu’Israël n’a pas souhaité entreprendre pour le moment.

La chargée d’affaires israélienne en Pologne, Tal Ben-Ari Yaalon (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

Au début du mois, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait confié au Times of Israel que toute amélioration des relations « dépend fondamentalement de la Pologne », ajoutant que « la crise avait été causée par la loi sur les restitutions. C’est le problème auquel les Polonais doivent s’attaquer s’ils veulent régler les choses ».

Mercredi, le porte-parole a expliqué que la Pologne ne s’étant pas penchée sur la législation, l’ambassadeur israélien ne retournerait pas à court-terme à Varsovie.

Varsovie déclare que ce texte permettra d’avoir davantage de certitudes au niveau légal sur le marché de l’immobilier. Ses détracteurs, pour leur part, disent qu’il est une injustice pour les personnes dont les revendications sont légitimes, notamment pour les survivants de la Shoah et pour leurs familles.

La loi impose une échéance de 10 à 30 ans pour contester les décisions administratives prises, dans le passé, concernant la restitution de biens volés pendant la Seconde Guerre mondiale. Les critiques insistent sur le fait qu’elle ôtera toute capacité aux Juifs de revendiquer la propriété de biens saisis avant et pendant la Shoah.

La Pologne est le seul pays de l’Union européenne à ne pas avoir adopté de loi nationale détaillée sur la restitution ou sur l’indemnisation de biens saisis par les nazis ou nationalisés par le régime communiste.

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