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Arabie: l’ONU dénonce la reprise des exécutions pour des délits liés à la drogue

Le HDCH a déclaré qu'imposer la condamnation à mort pour des infractions liées aux stupéfiants était "incompatible" avec les normes et principes internationaux

Un membre de la garde d'honneur est couvert par le drapeau de l'Arabie saoudite, à Washington, le 22 mars 2018. (Crédit : AP Photo/Cliff Owen, Archive)
Un membre de la garde d'honneur est couvert par le drapeau de l'Arabie saoudite, à Washington, le 22 mars 2018. (Crédit : AP Photo/Cliff Owen, Archive)

Les Nations unies ont dénoncé mardi la reprise en Arabie saoudite des exécutions pour les infractions à la législation sur les stupéfiants, après un moratoire officieux de 21 mois, et appelé à la remise en liberté d’un Jordanien condamné à mort.

Depuis le 10 novembre, 17 hommes – dont trois lundi- ont été exécutés pour des délits liés à la drogue et à la contrebande, selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies.

Il s’agissait de quatre Syriens, trois Pakistanais, trois Jordaniens et sept Saoudiens.

Au total, 144 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite cette année, dont 47 pour des raisons politiques et 56 pour meurtre, a indiqué une porte-parole du Haut-Commissariat, Liz Throssell, lors d’un point de presse régulier des agences de l’ONU à Genève.

« La reprise des exécutions en lien avec des infractions à la législation sur les stupéfiants en Arabie saoudite est une mesure profondément regrettable, d’autant plus qu’elle intervient quelques jours après qu’une large majorité d’Etats à l’Assemblée générale de l’ONU a appelé à un moratoire mondial sur la peine de mort », a-t-elle dit.

La porte-parole a expliqué qu’imposer la condamnation à mort pour des infractions liées aux stupéfiants était « incompatible » avec les normes et principes internationaux.

« Nous appelons les autorités saoudiennes à adopter un moratoire officiel sur les exécutions en lien avec des délits liés à la drogue et à garantir à tous les accusés le droit à un procès juste, conformément à ses obligations internationales », a insisté Mme Throssell.

Le nombre de personnes se trouvant dans les couloirs de la mort n’est pas connu. Mais l’ONU craint qu’un Jordanien, Hussein abo al-Kheir, condamné pour des accusations liées à la drogue, soit sur le point d’être exécuté et ce bien que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu qu’il s’agissait d’une détention arbitraire car sans fondement juridique.

« Nous exhortons le gouvernement saoudien à suspendre l’exécution qui serait imminente de M. al-Kheir et à se conformer à l’opinion du Groupe de Travail en annulant sa condamnation à mort, en le libérant immédiatement et sans condition, et en garantissant qu’il reçoive des soins médicaux, une compensation et d’autres réparations », a déclaré Mme Throssell.

En 2021, 69 personnes ont été exécutées dans le royaume saoudien, alors que le recours à la peine de mort avait connu une forte baisse en 2020 avec 27 exécutions, selon un décompte de l’AFP basé sur des déclarations officielles. En 2019, 187 exécutions avaient été recensées.

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