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Arrestations lors de violentes manifestations anti-enrôlement à Bnei Brak

Treize manifestants ont été arrêtés à Bnei Brak lors de manifestations contre la conscription d'étudiants de séminaires ultra-orthodoxes, a annoncé la police

Un affrontement entre la police et des manifestants ultra-orthodoxes dans la ville de Bnei Brak, le 1er novembre 2018. (Yehuda Haim/Flash90)
Un affrontement entre la police et des manifestants ultra-orthodoxes dans la ville de Bnei Brak, le 1er novembre 2018. (Yehuda Haim/Flash90)

Treize manifestants ultra-orthodoxes ont été arrêtés à Bnei Brak jeudi après avoir attaqué des policiers et bloqué une grande autoroute du centre d’Israël lors d’une manifestation contre la conscription militaire, a indiqué la police.

Des centaines de personnes ont pris part à la manifestation lancée par la radicale et ultra-orthodoxe Jerusalem Faction à la suite de l’arrestation récente d’un étudiant de yeshiva qui ne s’était pas présenté dans un bureau de recrutement militaire.

Les manifestants qui scandaient « Nous préférons mourir plutôt que d’être recrutés » ont bloqué les rues centrales de la banlieue de Tel Aviv, provoquant une forte congestion sur le boulevard Zeev Jabotinsky, qui traverse Ramat Gan, Bnei Brak, et Petah Tikva.

La police a déclaré que les manifestants ont ensuite bloqué la route 4, une grande artère à proximité que les manifestants ultra-orthodoxes avait bloquée lors de manifestations précédentes. L’autoroute a été bloquée dans les deux sens entre les sorties Bar Ilan et Morasha jeudi soir, et les autorités ont enjoint les automobilistes à éviter le secteur.

בני ברק

Posted by ‎עדכוני חדשות‎ on Thursday, 1 November 2018

Dans un communiqué, la police a déclaré que les policiers qui sont arrivés pour dégager la route ont été attaqués par des manifestants qui leur ont lancé des pierres. Selon des informations parues dans les médias israéliens, la police a été accueillie par des cris de « nazis » et « allez brûler en enfer ».

Selon la police, 13 manifestants ont été arrêtés pour avoir attaqué des officiers et perturbé l’ordre public. Le communiqué indiquait également qu’un ressortissant étranger avait été arrêté pour avoir tenté d’attaquer les manifestants avec un objet tranchant.

Beaucoup de membres de la communauté ultra-orthodoxe esquivent le service militaire obligatoire qui s’applique à la plupart des Israéliens, et la communauté a toujours bénéficié d’exemptions générales de l’armée en faveur des études religieuses en yeshiva.

En septembre dernier, la Cour suprême a statué qu’une version 2015 du projet de loi israélien accordant à la plupart des étudiants de yeshiva des exemptions était inconstitutionnelle, et a fixé aux législateurs un an pour instituer de nouvelles directives pour le recrutement ultra-orthodoxe.

Le tribunal a donné au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu jusqu’au 2 décembre pour adopter une version amendée du projet de loi réglementant l’enrôlement dans l’armée israélienne. Si une nouvelle loi n’est pas votée, l’exemption actuelle expirera à la date butoir et des milliers d’étudiants de yeshiva se retrouveront dans l’impossibilité de renouveler leur exemption, les rendant éligibles pour être enrôlés dans Tsahal.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes protestent contre le projet de conscription de l’armée, à l’entrée de Jérusalem, le 8 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

La loi controversée, rédigée par le ministère de la Défense, fixe des objectifs annuels minimaux pour la conscription ultra-orthodoxe qui, s’ils n’étaient pas atteints, entraîneraient des sanctions financières pour les yeshivas, ou séminaires rabbiniques, où ils étudient. En même temps, elle officialise également les exemptions pour la grande majorité des étudiants de yeshiva.

Les partenaires de la coalition ultra-orthodoxe de Netanyahu s’opposent au projet de loi et ont déjà menacé de renverser le gouvernement si la version amendée soumise par le ministère de la Défense est appliquée le mois prochain.

Mais le mois dernier, le conseil rabbinique de Yahadout HaTorah a déclaré que la faction clé n’avait pas l’intention de faire tomber le gouvernement de Netanyahu à ce sujet. Une source au sein du parti a déclaré au Times of Israel que le Conseil des sages de la Torah d’Agoudat Israel a accepté d’envisager de soutenir le projet de loi amendé si « quelques changements y sont apportés ».

Cependant, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré qu’il n’accepterait aucune modification de la législation, ce qui pourrait obscurcir les perspectives de la coalition de parvenir à un compromis sur cette question.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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