Attaque chimique présumée en Syrie, Trump veut faire payer « le prix fort »
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Attaque chimique présumée en Syrie, Trump veut faire payer « le prix fort »

Le régime de Bachar al-Assad et son allié russe ont tous deux démenti une attaque chimique samedi à Douma, ultime poche rebelle dans la Ghouta orientale

Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une table ronde sur le gang MS-13 dans la salle du Cabinet de la Maison-Blanche le 6 février 2018 à Washington, DC. (MANDEL NGAN/AFP)
Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une table ronde sur le gang MS-13 dans la salle du Cabinet de la Maison-Blanche le 6 février 2018 à Washington, DC. (MANDEL NGAN/AFP)

Un bombardement au gaz toxique imputé au régime syrien et ayant fait des dizaines de morts à Douma, a provoqué un tollé international dimanche, le président américain Donald Trump avertissant qu’il faudrait « payer le prix fort » pour cette « attaque chimique insensée ».

Le régime de Bachar al-Assad et son allié russe ont tous deux démenti une attaque chimique samedi à Douma, ultime poche rebelle dans la Ghouta orientale, cette région clé aux portes de Damas que les prorégime cherchent coûte que coûte à reprendre totalement.

Les menaces à peine voilées de M. Trump interviennent juste un an après que le président américain a ordonné le lancement de 59 missiles de croisière sur une base du régime syrien, en représailles à une attaque chimique qui avait tué en avril 2017 plus de 80 civils à Khan Cheikhoun dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays en guerre.

« De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie », a tweeté M. Trump, assurant qu’il faudra en « payer le prix fort ». Il a pointé du doigt la « responsabilité » de la Russie et de l’Iran, un autre soutien de M. Assad qu’il a qualifié « d’animal ».

Les Casques Blancs, des secouristes en zones rebelles, un groupe insurgé ainsi que l’opposition en exil ont accusé le régime d’avoir mené une attaque chimique samedi à Douma.

Dans un communiqué conjoint, les Casques Blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society (SAMS) ont affirmé que 48 personnes avaient péri dans cette attaque aux « gaz toxiques ». Ils ont également fait état de « plus de 500 cas, la plupart des femmes et des enfants », qui présentent « les symptômes d’une exposition à un agent chimique ».

« Instruments d’extermination »

Une vidéo postée par les Casques blancs sur Twitter et présentée comme tournée après l’attaque chimique présumée montre un enchevêtrement de corps sans vie, dont ceux de femmes et d’enfants, allongés à même le sol, les yeux parfois écarquillés et de la mousse blanche s’échappant de leur bouche.

Firas al-Doumi, un secouriste à Douma a évoqué « des scènes effroyables ». « Il y avait de nombreuses personnes en train de suffoquer, certaines sont mortes immédiatement », a-t-il dit à l’AFP. « C’était un massacre. Il y avait une très forte odeur qui a entraîné des difficultés respiratoires chez les secouristes ».

Il n’était pas possible de confirmer ces informations de source indépendante. Le régime a qualifié ces accusations de « farce » et de « fabrications ». Moscou a « démenti fermement cette information ».

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un réseau de sources dans le pays, a lui indiqué ne pas être en mesure de confirmer une attaque chimique.

Ce drame a suscité un concert d’autres condamnations internationales.

« Il n’y a pas une bonne guerre et une mauvaise, et rien, rien ne peut justifier l’usage de tels instruments d’extermination contre des personnes et des populations sans défense », a dit le pape François devant des milliers de fidèles place Saint-Pierre.

Le pape François célèbre la messe à la veille de Noël marquant la naissance de Jésus-Christ le 24 décembre 2017 à la basilique Saint-Pierre au Vatican. (Crédit : AFP / Andreas SOLARO

La Grande-Bretagne a estimé que « si cette nouvelle utilisation d’armes chimiques par le régime est confirmée, il s’agirait d’un nouvel exemple de la brutalité du régime d’Assad ».

La Turquie, parrain de groupes rebelles, a dit soupçonner « fortement » le régime d’être responsable de l’attaque présumée « dont les antécédents en matière de recours aux armes chimiques sont connus ».

Et le patron de l’ONU Antonio Guterres s’est dit « particulièrement alarmé » par le recours présumé au gaz.

Accord sur Douma

Grâce à l’appui militaire de Moscou, le régime contrôle déjà plus de la moitié de la Syrie, ravagée par une guerre qui a fait plus de 350 000 morts en sept ans.

Il a été maintes fois accusé de mener des attaques chimiques contre des régions rebelles, ce qu’il a toujours nié.

Déterminé à faire plier le groupe rebelle Jaich al-Islam, le dernier encore présent dans la Ghouta orientale et retranché à Douma, le pouvoir a, après l’échec d’une première session de négociations, de nouveau bombardé intensément vendredi et samedi la ville tuant près d’une centaine de civils, selon l’OSDH.

Le régime a semble-t-il obtenu gain de cause. Selon l’agence officielle syrienne SANA, un accord pour évacuer dans les prochaines 48 heures les rebelles de Douma, a été conclu dimanche avec Jaich al-Islam.

Le groupe rebelle n’a pas réagi dans l’immédiat à cette annonce mais selon SANA, des dizaines de bus sont entrés à Douma en prévision des départs vers le nord syrien. Jusqu’à présent, Jaich al-Islam avait dit vouloir rester dans la Ghouta.

Grâce à des accords d’évacuation négociés par Moscou ces dernières semaines, plus de 46 000 combattants de deux autres groupes rebelles et des civils ont quitté la Ghouta pour Idleb, une des provinces échappant presque entièrement au régime.

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