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Attentat à Tel Aviv: le gouverneur de Jénine critique les restrictions israéliennes

Akram Rajoub affirme que le tireur de Tel Aviv n'était pas un terroriste, ajoutant que les limitations israéliennes ne feront qu'entraîner de nouvelles violences

Akram Rajoub, qui est gouverneur de Jénine pour l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas. (Crédit : s WAFA)
Akram Rajoub, qui est gouverneur de Jénine pour l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas. (Crédit : s WAFA)

Le gouverneur de Jénine, Kakram Ajoub, a critiqué samedi la décision prise par Israël d’imposer des restrictions dans ce secteur de la Cisjordanie suite à un attentat terroriste meurtrier commis jeudi, à Tel Aviv, par un résident de Jénine qui a tué trois personnes dans un bar de la rue Dizengoff.

Rajoub a affirmé que ces restrictions ne feraient qu’entraîner plus de violences. « Quand vous punissez tout Jénine, que vous empêchez le commerce ou que vous empêchez les travailleurs de travailler, vous ne faites que pousser les gens dans leurs retranchements. Attendez-vous à ce qu’ils réagissent », a commenté Rajoub auprès du Times of Israel.

Le gouverneur a été aperçu au chapiteau de deuil dressé par la famille du terroriste, Raad Hazem, 29 ans, en sa mémoire, samedi.

Dans un entretien qui a fait l’objet d’un montage et qui a été posté sur Twitter par la chaîne Kan, samedi, Rajoub, qui représente le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans la région de Jénine, explique qu’il ne considère pas Hazem comme un terroriste.

« Vous avez poussé les Palestiniens dans leurs retranchements. Les Palestiniens… voient la mort, le sang, et ils voient bien tous les incidents criminels… commis par l’armée. Est-ce que c’est ça que vous voulez ? Vous vous attendez vraiment, par exemple, à ce qu’ils donnent une rose aux soldats ?  »

Alors qu’il lui était demandé si le tireur de Tel Aviv était un terroriste, Rajoubl a répondu que : « Non, je ne le considère pas comme un terroriste ».

Un autre responsable palestinien, Mounir al-Jaroub, porte-parole du Fatah, a posté une photo du père de Hazem, Fathi, visitant le chapiteau de deuil installé par la famille pour rendre hommage à Ahmed as-Saadi, membre du Jihad islamique qui est mort, samedi, dans un échange de coups de feu avec les forces de sécurité israéliennes pendant leur opération menée dans l’habitation de Hazem, à Jénine. Sur la photo, Fathi Hazem étreint le père de Saadi.

Dans son entretien avec le Times of Israel, Rajoub a refusé de condamner les deux terroristes. Il s’est aussi distancié de la condamnation par Abbas des attentats qui ont été perpétrés.

« Les Palestiniens ne sont pas des terroristes. Les Palestiniens veulent se libérer de l’occupation », a martelé Rajoub.

« Il n’y a pas d’horizon politique, il n’y a pas d’horizon économique, il n’y a pas d’espoir de mettre un terme à l’occupation. Alors qu’attendez-vous des Palestiniens ? », ajoute-t-il.

Kan a fait savoir que les forces de sécurité palestiniennes s’étaient tenues à distance pendant le raid de Tsahal, s’attirant les critiques sur les réseaux sociaux palestiniens.

Les forces de sécurité israéliennes ont expliqué que trois personnes ont été arrêtées lors de l’opération, samedi – notamment un homme armé qui a été grièvement blessé dans un échange de coups de feu et qui a été emmené par un hélicoptère militaire à l’hôpital Rambam, où il a été pris en charge.

Selon certaines informations, les soldats auraient cherché à arrêter Fathi Hazem mais ce dernier n’était pas chez lui. C’est un ancien prisonnier sécuritaire qui avait travaillé comme agent dans les services de sécurité de l’Autorité palestinienne à Jénine. Il a refusé d’être interrogé par les Israéliens.

Vendredi, Fathi a fait l’éloge de l’attentat commis par son fils devant une foule réunie à l’habitation familiale. « Vous verrez bientôt la victoire de vos propres yeux. Vous verrez le changement. Vous obtiendrez votre liberté… Dieu, libère la mosquée Al-Aqsa de la profanation des occupants », a dit Fathi, selon des images qui ont été tournées.

Raad Hazem avait pris la fuite après l’attentat commis jeudi au bar Ilka, à Tel Aviv, et il avait été découvert alors qu’il se cachait près d’une mosquée à Jaffa après une chasse à l’homme de plusieurs heures qui avait impliqué des centaines de policiers. Tandis qu’il avait initialement fait mine de se rendre, Hazem avait sorti une arme et ouvert le feu sur les agents de sécurité qui avaient riposté, le tuant.

Selon des informations palestiniennes, les troupes à Jénine ont rassemblé samedi des éléments de preuve au domicile familial de Hazem et ils ont interrogé certains de ses proches.

Les médias palestiniens ont noté que des proches de Hazem sont soupçonnés de l’avoir aidé à préparer l’attaque et à la commettre.

Kan a aussi indiqué samedi, sans citer ses sources, que les forces de sécurité israéliennes pensaient que Hazem avait prévu de se cacher pendant une semaine environ après l’attentat terroriste et qu’il avait aussi prévu de commettre un nouvel attentat lors de la première nuit de Pessah, vendredi prochain.

L’agence de sécurité du Shin Bet a dit que Hazem « n’a pas d’affiliation claire, aucun antécédent en termes de sécurité et il n’avait jamais été arrêté ».

En plus des fouilles, le domicile familial de Hazem a été cartographié par les soldats à des fins potentielles de démolition.

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