Attentat rue Copernic : Procès suspendu à une décision de la Cour de cassation
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Attentat rue Copernic : Procès suspendu à une décision de la Cour de cassation

Le pourvoi d'Hassan Diab, unique suspect retrouvé par la justice française de l'attentat de la rue Copernic, contre son renvoi aux assises, examiné demain par la Cour de cassation

Cette photo prise le 24 mai 2016 montre Hassan Diab, arrêté en novembre 2008 pour son rôle présumé dans l'attentat de la synagogue de la rue Copernic en 1980 au palais de justice de Paris, en France. (Crédit : AFP PHOTO / BERTRAND GUAY)
Cette photo prise le 24 mai 2016 montre Hassan Diab, arrêté en novembre 2008 pour son rôle présumé dans l'attentat de la synagogue de la rue Copernic en 1980 au palais de justice de Paris, en France. (Crédit : AFP PHOTO / BERTRAND GUAY)

La Cour de cassation se penche mercredi matin sur le pourvoi d’Hassan Diab, unique suspect retrouvé par la justice française dans l’attentat de la rue Copernic du 3 octobre 1980, contre son renvoi aux assises décidé par la cour d’appel de Paris.

Dans un arrêt du 27 janvier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel a infirmé, au grand soulagement des victimes, le non-lieu accordé en 2018 à Hassan Diab. Cet universitaire libano-canadien de 67 ans est suspecté d’avoir posé la bombe devant une synagogue du XVIe arrondissement de Paris, qui avait fait quatre morts et 46 blessés.

Après ce revirement considérable, les avocats du professeur, qui n’a cessé de clamer son innocence, avaient immédiatement annoncé un pourvoi pour tenter d’éviter la tenue de ce procès.

Dans ce dossier, où des indices contradictoires sont âprement débattus depuis plus de dix ans, une nouvelle péripétie est possible : dans ses conclusions dont l’AFP a eu connaissance, l’avocate générale préconise la cassation de l’arrêt.

Elle ne se prononce pas sur la valeur des charges retenues, puisque la Cour de cassation n’examine que l’application du droit et non le fond du dossier.

Mais, premier motif potentiel de cassation, elle estime que la cour d’appel a failli à ses obligations en ne répondant pas dans son arrêt à l’un des principaux arguments opposés par la défense.

Celle-ci considère comme faux deux visas espagnols, d’entrée le 20 septembre 1980 et de sortie le 7 octobre 1980, soit 17 jours, figurant sur le passeport de M. Diab.

Ces visas ont été considérés comme un élément à charge déterminant par la cour d’appel, car ils rendraient vraisemblable la présence d’Hassan Diab en Europe, et donc à Paris, au moment des faits.

Le suspect affirme au contraire qu’il était au Liban et qu’il avait perdu, avant l’attentat, ce document retrouvé par les enquêteurs.

Autre source potentielle de cassation, selon l’avocate générale, une « contradiction » de raisonnement dans l’arrêt concernant la durée de séjour potentiel en Europe de M. Diab.

La cour d’appel n’a en effet pas retenu à décharge des témoignages selon lesquels M. Diab était présent durant cette période au Liban, au motif que ces témoignages ne concernaient pas précisément le « jour de l’attentat », alors même qu’elle estime, au vu des passeports, qu’il était potentiellement présent 17 jours en Europe.

Si la chambre criminelle de la Cour de cassation suit l’avis de l’avocate général, elle devrait alors demander un réexamen au fond.

Quelle que soit la décision, qui sera mise en délibéré, l’incertitude règnerait sur la présence de l’accusé lors d’un éventuel procès, retourné au Canada après avoir bénéficié de ce non-lieu en 2018.

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