Aubervilliers : un couple juif agressé à son domicile
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Aubervilliers : un couple juif agressé à son domicile

Lundi soir, un couple a été victime de vol avec violences et menaces de mort ; s’ils ne sont pas blessés, l’agression les a "très traumatisés"

Aubervilliers, France (Crédit : Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)
Aubervilliers, France (Crédit : Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)

Lundi soir, à leur domicile, un couple juif d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, a été victime de vol avec violences et menaces de mort, rapporte le site de BFM TV. S’ils ne sont pas blessés, l’agression les a « très traumatisés ». Une enquête a été ouverte.

Les faits se seraient déroulés de la façon suivante : à 22h15, un homme sonne à la porte du couple – à laquelle est apposée une mezouza. Après avoir ouvert, le propriétaire voit surgir trois autres personnes, cagoulées mais non armées, qui se ruent sur lui, avant de le frapper et d’exiger qu’il leur remette ses biens de valeur. La victime aurait résisté et les assaillants s’en seraient alors pris à sa femme, saisie à la gorge. Ils auraient ensuite menacé de tuer son mari si elle n’obtempérait pas.

Les malfaiteurs sont repartis avec deux boîtes contenant des bijoux et 550 euros en liquide. Le préjudice total du vol n’a pas encore été déterminé.

Dans un communiqué publié mercredi sur son site Internet, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), a condamné l’agression.

« Les quatre auteurs cagoulés ont probablement repéré leurs victimes à la mezouza apposée sur la porte de l’appartement et qui contient des passages écrits en hébreu. Les victimes ont été violentées, menacées de mort et dévalisées. Elles sont de surcroît très traumatisées. Nous demandons à la police de tout mettre en œuvre pour découvrir les agresseurs et les mettre à la disposition de la justice. Encore une fois, le mythe du Juif et l’argent conduit les malfaiteurs à s’attaquer de préférence à des Juifs. Le BNVCA, qui recense les actes antisémites, observe que, depuis près d’un an, les Juifs sont attaqués au plus proche de leur domicile. »

Le BNVCA ajoute avoir décidé « d’apporter son aide aux victimes de cette agression tant sur le plan social qu’administratif et judiciaire ».

En 2014, à Créteil, trois hommes avaient cambriolé l’appartement d’un homme juif et de sa compagne – violée lors des faits. Les agresseurs – dont l’un est en fuite – ont été condamnés à 16, 13, et 8 ans de réclusion criminelle en 2018.

Le 1er décembre 2014 au matin, Jonathan et sa désormais ex-compagne Laurine, qui habitaient chez les parents du jeune homme, avaient été ligotés et bâillonnés pendant que les agresseurs fouillaient, à la recherche d’argent liquide. « Les Juifs, ça ne met pas l’argent à la banque », leur avait-on dit arme au poing, menaçant de les « buter ».

Lors de leur procès, les agresseurs avaient pris la parole pour « s’excuser », « demander pardon » aux victimes, qui n’étaient pas présentes dans la salle.

Sarah Halimi (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)

En avril 2017, Sarah Halimi, une femme retraitée de confession juive âgée de 66 ans, a été assassinée par un voisin à son domicile. La femme a été battue et a ensuite été défenestrée.

En mars 2018, le corps de Mireille Knoll, 85 ans, survivante de la Shoah, avait été retrouvé en partie carbonisé dans son logement social de l’avenue Philippe-Auguste (XIe arrondissement), où elle vivait seule, atteinte de la maladie de Parkinson. Les enquêteurs y ont découvert plusieurs départs de feu, puis des traces de coups de couteau sur son corps.

Mireille Knoll, 85 ans, une survivante de la Shoah qui a été retrouvée assassinée dans son appartement parisien. (Crédit : Autorisation)

Mme Knoll a été « assassinée parce qu’elle était Juive », avait alors affirmé le président Emmanuel Macron.

Deux suspects, qui s’étaient connus en prison et s’accusent mutuellement du crime, avaient été rapidement identifiés : Yacine Mihoub, 28 ans, fils d’une voisine, et Alex Carrimbacus, un individu de
21 ans, SDF. Ils ont été mis en examen pour « homicide volontaire » et « vol », avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme.

En France, 541 actes antisémites ont été recensés en 2018 contre 311 l’année précédente – soit une hausse de 74 % –, selon un rapport publié par le ministère de l’Intérieur en février dernier.

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