Aucun officiel ne voyagera en Israël avec des entreprises belges en décembre
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Aucun officiel ne voyagera en Israël avec des entreprises belges en décembre

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo appelle "à la retenue en matière de coopération officielle" avec l'État juif

Le Premier ministre belge, Elio Di Rupo arrive pour assister à la réouverture du Musée Juif de Belgique - 14 septembre 2014, (Crédit : AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND)
Le Premier ministre belge, Elio Di Rupo arrive pour assister à la réouverture du Musée Juif de Belgique - 14 septembre 2014, (Crédit : AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND)

Hub Brussels (Agence Bruxelloise pour l’Accompagnement de l’Entreprise) voulait emmener plusieurs entreprises en Israël. Mais l’idée a soulevé une grosse polémique dans la capitale européenne au sein des formations politiques, notamment du Parti socialiste (PS), d’Ecolo et du Parti du Travail de Belgique (PTB). Désormais, certaines de ces entreprises s’y rendront pour signer des contrats mais aucun officiel ne représentera la région bruxelloise ni la Wallonie.

« Il n’y aura pas de mission économique en Israël et en Palestine. Il n’y aura pas de représentation politique et hub.brussels ne sera pas non plus représenté », a annoncé jeudi matin le cabinet du secrétaire d’Etat bruxellois au Commerce extérieur, Pascal Smet, à l’issue d’une réunion du gouvernement bruxellois.

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS) avait annoncé lundi dernier, en commission du Parlement de Wallonie, qu’aucun officiel wallon n’accompagnerait cette mission économique prévue en Israël du 8 au 11 décembre prochains.

« L’absence d’avancées en ce qui concerne le processus de paix, le peu de progrès sur le terrain et la violation, par Israël, d’éléments importants de la convention de Genève nous poussent à la retenue en matière de coopération officielle, » avait affirmé Elio Di Rupo.

Isi Halberthal, président du Centre communautaire laïc juif David Susskind (CCLJ), avait appelé au maintien de la délégation. « Politiquement, ce report est d’autant plus regrettable que cette mission économique doit se rendre également en territoires palestiniens où les entreprises belges participantes auront la possibilité de nouer des contacts avec d’éventuels partenaires palestiniens, » lit-on sur le site communautaire.

Selon la radio BX1, à l’été 2014, une mission économique avait été annulée in extremis dans le contexte de l’Opération Bordure protectrice menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, à la tête de la bande de Gaza, et suite à une pétition du PTB (marxiste-léniniste).

Jamal Ikazban (Crédit : capture d’écran BX1)

Invité vendredi dernier de la radio belge, Jamal Ikazban (PS), face à Emmanuel Nahshon, ambassadeur israélien auprès de la Belgique et du Grand Duché du Luxembourg, avait déclaré qu’aller en Israël reviendrait à « se rendre complice de l’occupation, complice de la violation du droit international, des droits humains […] Il y a une armée qui tue des femmes et des enfants ».

Nahshon avait déploré que « les seuls qui seront punis de cette décision, ce seront les entrepreneurs belges et ce sont aussi les Palestiniens. […] Si c’est pour punir l’économie belge, en tant qu’ambassadeur d’Israël je n’ai pas mon mot à dire, si c’est pour faire les gros titres dans tel ou tel quotidien bruxellois, non plus, je n’ai pas mon mot à dire. Pour ce qui est de l’économie israélienne, merci beaucoup elle se porte très très bien, elle se porte de mieux en mieux. Les chiffres d’ailleurs des échanges économiques entre Israël et la Belgique sont formidables. Ils sont au-delà de cinq milliards d’euros par an. » Ce à quoi Ikazban avait répondu : « si on décide de normaliser des liens avec un État qui ne respecte pas le droit international, qui ne respecte pas les résolutions de l’ONU, qui méprise et qui opprime un peuple, là ça ne va pas. » Une indignation à « géométrie variable », interroge le journaliste Fabrice Grosfilley ? Une délégation belge était au moment de l’émission en déplacement en Chine. Le député PS, qui refuse par ailleurs de comparer la Belgique à Israël, proteste.

« Dès la création de l’Etat d’Israël, les relations avec la Belgique furent marquées par une amitié profonde. La Belgique eut le privilège d’être le deuxième pays qui vota, le 27 novembre 1947, en faveur du partage de la Palestine et donc pour la création d’Israël comme Etat juif indépendant. La Belgique reconnut le nouvel Etat ‘de facto’ le 29 janvier 1949, et les rapports diplomatiques entre les deux pays furent normalisés par la reconnaissance ‘de jure’, le 15 janvier 1950, qui permit la transformation de la représentation provisoire en légation, qui fut établie à Tel-Aviv, » lit-on sur le site du ministère des Affaires étrangères.

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