Israël en guerre - Jour 145

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Aucune perspective de fin de guerre pour Gallant malgré une baisse des combats

Le ministre de la Défense déclare que les bataillons du Hamas dans le nord de Gaza sont "détruits" et que les combats dans le sud resteront "intenses" tant que tous les objectifs n'auront pas été atteints

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de l’armée israélienne opérant dans la bande de Gaza, sur une photo non datée publiée le 2 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats de l’armée israélienne opérant dans la bande de Gaza, sur une photo non datée publiée le 2 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Alors que l’armée israélienne a commencé à ralentir les combats dans le nord de la bande de Gaza, les bataillons du Hamas ayant été largement vaincus, le ministre de la Défense Yoav Gallant a affirmé mardi qu’il était faux de croire qu’Israël mettait fin à l’opération de démantèlement du groupe terroriste palestinien.

Ces propos ont été tenus quelques heures avant que Saleh al-Arouri, haut responsable du Hamas, ne soit tué dans une explosion à Beyrouth largement attribuée à Israël.

Les propos de Gallant ont été tenus lors d’une visite de la principale artère nord-sud de la bande, la route de Salah a-Din, dans le centre de la bande de Gaza, où la 99e division a opéré au cours de la semaine écoulée.

« Vous êtes dans le ‘corridor' », a indiqué Gallant aux troupes de la 646e brigade de parachutistes de réserve de la division.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant avec des troupes de l’armée israélienne, dans le centre de la bande de Gaza, le 2 janvier 2024. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

« De part et d’autre, des opérations d’un autre genre vont bientôt avoir lieu. »

« Au nord, nous avons détruit 12 bataillons du Hamas. Il reste encore des terroristes, quelques milliers sur les 15 000 à 18 000 qui se trouvaient dans la région. Un grand nombre d’entre eux ont été éliminés et d’autres ont fui vers le sud », a précisé Gallant.

Dans le nord de la bande de Gaza, a ajouté Gallant, Tsahal continuera à mener des opérations de moindre envergure afin d’éradiquer les derniers terroristes du Hamas. « L’objectif est d’épuiser l’ennemi, de tuer [ses terroristes] et de parvenir à une situation dans laquelle nous contrôlons le territoire », a-t-il déclaré.

Dimanche, Tsahal a annoncé libérer cinq brigades de Gaza – trois brigades habituellement chargées de former d’autres unités et deux brigades de réserve.

Tsahal estime que la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas se poursuivra probablement tout au long de l’année 2024, et se dit prête à des combats de longue durée, bien que dans des phases différentes de l’opération de haute intensité qu’elle a menée jusqu’à présent.

Tsahal a annoncé mardi la mort d’un soldat tué au cours des combats dans le nord de la bande de Gaza mardi, ce qui porte à 174 le nombre de soldats tués depuis le début de l’incursion terrestre contre le Hamas.

Il s’agit du sergent-chef Sufian Dagash, 21 ans, du 601e bataillon du Corps du Génie Militaire, originaire de la ville arabe de Maghar.

Un autre officier, un soldat et un soldat réserviste du 601e bataillon ont été grièvement blessés dans le même incident, selon Tsahal.

Le sergent-chef Sufian Dagash, 21 ans, tué lors de combats à Gaza le 2 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Gallant a souligné que « dans le sud de la bande de Gaza, la situation est différente ».

Il a expliqué que Tsahal se concentrait sur les infrastructures situées au-dessus des tunnels du Hamas dans la région de Khan Younès « où de hauts responsables du Hamas se cachent, à une grande profondeur ».

« Nous les atteignons (…) et cela se produit déjà maintenant », a affirmé Gallant, ajoutant que les combats dans le sud de la bande de Gaza resteraient « d’une grande intensité ».

« Les résultats seront clairs », a juré Gallant.

« Nous mettrons fin à cette guerre lorsque le Hamas ne pourra plus agir en tant qu’organe de gouvernement et encore moins en tant qu’organe armé (…). Cela prendra du temps », a-t-il déclaré.

Gallant a ajouté que « dans le même temps, malheureusement, il y a d’autres menaces, la première et la plus importante étant ce qui se passe dans le nord », faisant référence aux attaques quotidiennes du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah depuis le Liban.

Combats à l’intérieur des tunnels

Tsahal a annoncé lundi que dans le nord de la bande de Gaza, les troupes avaient récemment capturé un bastion du Hamas dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza, et que les forces spéciales avaient combattu les terroristes à l’intérieur des réseaux de tunnels situés sous le site.

L’avant-poste dit « oriental » du Hamas est composé de 37 bâtiments « en plein cœur de la population civile », entourés d’immeubles résidentiels, d’une école et d’un hôpital. Selon Tsahal, une mosquée située à l’intérieur du complexe sert de point de rencontre aux terroristes du Hamas.

L’armée israélienne a déclaré que ce bastion « stratégique » était utilisé par les services de renseignement du Hamas et d’autres unités du groupe terroriste pour « gérer les combats dans l’ensemble de la bande de Gaza ».

La 401e brigade blindée a fait une incursion dans le bâtiment principal du bastion et a localisé un bunker situé à 20 mètres sous le niveau du sol, lequel serait utilisé par le Hamas comme centre de commandement, selon Tsahal.

Le bunker comprenait des aires de repos où les chefs du Hamas pouvaient rester cachés pendant de longues périodes. Les troupes ont également trouvé des armes et d’autres équipements à l’intérieur de la cachette souterraine.

Tsahal a indiqué que les troupes de Shaked, de la Brigade Givati, ont localisé dans d’autres zones du bastion cinq entrées de tunnels, chacune d’une profondeur de plusieurs dizaines de mètres et toutes reliées par un réseau souterrain. Tsahal affirme que le réseau de tunnels est également relié au bunker souterrain principal.

Les troupes de l’unité d’élite Shaldag de l’armée de l’air ont pénétré dans l’un des tunnels et ont combattu les terroristes du Hamas sous terre, a indiqué Tsahal, ajoutant que « au terme de ces combats, tous les terroristes ont été éliminés ».

Le réseau de tunnels a ensuite été détruit par le 601e bataillon et l’unité d’élite Yahalom Corps du Génie Militaire.

Au cours de cette même opération, les troupes du 52e bataillon de la 401e brigade ont effectué une descente dans un autre bâtiment de l’avant-poste oriental, où elles se sont heurtées à des terroristes armés du Hamas qui leur ont tiré dessus depuis l’étage supérieur, a indiqué Tsahal.

Des soldats de l’armée israélienne opérant dans la bande de Gaza, sur une photo non datée publiée le 2 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée a déclaré que les troupes combattent les tireurs du Hamas tout en s’efforçant d’évacuer les soldats blessés sous les tirs. La fusillade s’est ensuite étendue à d’autres zones du bastion.

Tous les hommes armés du Hamas ont été tués dans la bataille, selon Tsahal, ainsi que trois soldats israéliens du bataillon Shaked : le lieutenant Yaron Eliezer Chitiz, le sergent-chef Itay Buton et le sergent-chef Efraïm Jackman.

Toujours dans la ville de Gaza, Tsahal a déclaré que les troupes de la 460e Brigade Blindée ont récemment fait une descente au domicile du commandant de la Brigade de Gaza du Hamas dans les quartiers de Daraj et Tuffah, où les troupes ont trouvé des armes et des infrastructures.

Tsahal a indiqué qu’au cours des combats dans la zone, les troupes ont rencontré et tué des dizaines d’hommes armés du Hamas, et ont localisé des puits de tunnels, des caches d’armes et du matériel de renseignement.

Selon Tsahal, les découvertes de renseignements effectuées dans la région établissent un lien entre la grande mosquée des quartiers de Daraj et Tuffah et l’attaque du 7 octobre du Hamas dans le sud d’Israël.

La maison du commandant du Hamas a été détruite par la suite.

Tsahal a déclaré que la 179e Brigade Blindée de réserve de la 99e Division avait repéré, au sud de Gaza City, trois terroristes du Hamas entrant dans un bâtiment connu pour être utilisé par le groupe terroriste.

Un avion de chasse de Tsahal a frappé le bâtiment, tuant les terroristes qui s’y trouvaient. L’armée a indiqué que plusieurs explosions secondaires avaient été observées, indiquant que le bâtiment était utilisé comme dépôt d’armes.

Également dans le centre de Gaza, la 646e Brigade de parachutistes de réserve aurait découvert un atelier de fabrication d’armes du Hamas et des lance-roquettes à longue portée.

Dans le centre de Gaza, à al-Bureij, l’armée a déclaré que les troupes de la 188e Brigade Blindée et de la Brigade d’Infanterie Golani ont localisé des roquettes à longue portée parmi d’autres armes dans des résidences.

Dans la maison d’une famille palestinienne, la 188e Brigade a trouvé une cache de roquettes pouvant être lancées à des distances de 20 kilomètres. D’autres armes ont été trouvées dans la maison, selon Tsahal.

Dans une autre maison à al-Bureij, les soldats de Golani ont trouvé des dizaines de mortiers et de roquettes à courte portée, ainsi que d’autres armes.

Les roquettes ont été détruites et les autres armes ont été saisies, a indiqué l’armée.

Dans un autre quartier d’al-Bureij, les troupes de Golani ont localisé un certain nombre de roquettes qui étaient cachées près d’une école de l’UNRWA [Office controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient], a indiqué Tsahal.

Au cours de la nuit, l’armée a déclaré que les forces navales et les troupes terrestres avaient identifié des terroristes du Hamas qui posaient des engins explosifs le long de la côte et dans les bâtiments avoisinants.

Tsahal a déclaré que la marine, l’armée de l’air et les troupes au sol ont tué les terroristes et détruit les engins explosifs.

À Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, Tsahal a indiqué que la Brigade des parachutistes avait attaqué plusieurs sites du Hamas et perquisitionné des appartements où le Hamas entreposait des armes.

Alors que l’armée israélienne a indiqué que les opérations au sol ralentissaient dans le nord de la bande de Gaza, elle a déclaré que les troupes de la 261e Brigade (l’école d’officiers Bahad 1 en temps de guerre) avaient tué des dizaines de terroristes du Hamas dans la région de Jabaliya. Cette brigade fait partie des cinq brigades en cours de retrait de Gaza.

Tsahal a indiqué que certains des terroristes tentaient de poser des explosifs, que d’autres utilisaient des drones et que d’autres encore étaient armés et se dirigeaient vers les troupes.

Au cours des dernières semaines, alors que Tsahal a étendu son incursion terrestre à Gaza et pris le contrôle d’une grande partie du terrain dans la partie nord de la bande, le rythme des tirs de roquettes sur Israël a considérablement ralenti.

Lundi, après une accalmie de près de 42 heures, des roquettes ont été tirées depuis Gaza sur la ville frontalière de Sderot. Aucun dégât ni blessé n’a été signalé.

L’opération terrestre d’Israël à Gaza fait suite à trois semaines de bombardements aériens après les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre, lorsque des terroristes palestiniens ont pris d’assaut la frontière avec le sud d’Israël, tué 1 200 personnes – pour la plupart des civils – et enlevé au moins 240.

Israël a alors déclaré la guerre au Hamas, lançant une opération visant à renverser le groupe terroriste au pouvoir à Gaza et faire libérer les otages.
L’opération terrestre s’est d’abord concentrée sur le nord de la bande de Gaza, mais elle s’est depuis étendue au sud de la bande.

De la fumée s’élevant au-dessus de Khan Yunès depuis Rafah lors d’une frappe aérienne israélienne dans le cadre de la guerre entre Israël et le Hamas, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 janvier 2024. (Crédit : AFP)

129 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre dernier se trouveraient encore à Gaza – mais pas tous en vie – après que 105 civils ont été libérés des geôles du Hamas lors d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

Quatre otages avaient été libérées avant cela, une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre.

Tsahal a confirmé la mort de 23 des personnes encore détenues par le Hamas, grâce à de nouveaux renseignements et découvertes obtenus par les troupes opérant à Gaza.

Trois autres personnes sont portées disparues depuis le 7 octobre et leur sort est toujours inconnu.

Le Hamas détient également les corps des soldats israéliens Oron Shaul et Hadar Goldin, morts au combat depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, entrés dans la bande de Gaza de leur propre gré, respectivement en 2014 et 2015, et qui pourraient encore être vivants.

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza a affirmé que depuis le début de la guerre, plus de 22 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

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