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Audience de Benjamin Netanyahu : ses avocats se disent confiants

Arrivant au ministère de la Justice, un avocat du Premier ministre a indiqué qu'il y avait des "raisons solides" pour que les accusations soient réévaluées dans les trois affaires

  • L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Ram Caspi arrive au siège du ministère de la Justice à Jérusalem, le 2 octobre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
    L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Ram Caspi arrive au siège du ministère de la Justice à Jérusalem, le 2 octobre 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
  • Le procureur général Avichai Mandelblit arrive au siège du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)
    Le procureur général Avichai Mandelblit arrive au siège du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)
  • Le procureur d'Etat Shai Nitzan arrive au siège du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
    Le procureur d'Etat Shai Nitzan arrive au siège du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
  • L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Amit Hadad aux abords du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
    L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Amit Hadad aux abords du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
  • Des manifestants avec des panneaux en soutien aux procureurs aux abords du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)
    Des manifestants avec des panneaux en soutien aux procureurs aux abords du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)
  • Les avocats du Premier ministre Benjamin Netanyahu arrivent au siège du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)
    Les avocats du Premier ministre Benjamin Netanyahu arrivent au siège du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)
  • L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Ram Caspi, deuxième à gauche, aux abords du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)
    L'avocat du Premier ministre Benjamin Netanyahu Ram Caspi, deuxième à gauche, aux abords du ministère de la Justice, le 2 octobre 2019 (Crédit : Noam Rivkin Fenton/Flash90)

L’audience de pré-inculpation du Premier ministre Benjamin Netanyahu a commencé mercredi. Ses avocats se sont dit confiants, clamant pouvoir réfuter les accusations de corruption – et notamment de pots-de-vin – portées à son encontre dans une série d’affaires criminelles.

Netanyahu n’a pas accompagné ses avocats à l’audience organisée au ministère de la Justice de Jérusalem. Il doit rencontrer ses alliés politiques ce matin tandis que les négociations portant sur la formation d’un gouvernement, à la suite du scrutin du mois dernier, battent de l’aile.

C’est une équipe de dix personnes qui assurera la défense du Premier ministre. Ces avocats seront confrontés à 20 magistrats, avec à leur tête le procureur général Avichai Mandelblit, le procureur d’Etat Shai Nitzan et Liat Ben-Ari, principal procureur dans les trois dossiers criminels impliquant Netanyahu.

À l’arrivée de Mandelblit à l’audience, quelques manifestants se sont rassemblés aux abords du ministère pour témoigner leur soutien aux procureurs. Ils brandissaient des pancartes portant le message : « La vérité et la loi vont s’exprimer, nous sommes venus vous appuyer dans le combat contre la corruption. »

S’exprimant devant les journalistes réunis devant le ministère, Ram Caspi, avocat de Netanyahu, a rejeté l’hypothèse selon laquelle Netanyahu chercherait à conclure un accord judiciaire ou qu’il réclamerait l’indulgence.

« J’ai une confiance totale et sans réserve dans le système judiciaire et l’application de la loi. Je n’ai aucun doute sur le fait que le procureur général formulera sa décision de manière professionnelle et appropriée, en ignorant le bruit ambiant (…) et la pression médiatique », a souligné M. Caspi, lors d’un bref point de presse devant le ministère.

« Le Premier ministre n’est pas au dessus des lois, mais il n’est pas non plus en dessous des lois ».

Caspi a ajouté qu’il y avait des « raisons solides » de penser que les accusations formulées à l’encontre de son client, telles qu’elles avaient été détaillées par Mandelblit dans son acte d’inculpation publié au mois de février, seraient réévaluées.

Amit Hadad, un autre avocat du chef de gouvernement, a fait savoir que l’équipe de défense présenterait de nouvelles preuves lors de l’audience.

« Nous avons la certitude que lorsque nous aurons terminé, il ne restera pas d’autre choix que celui de clore le dossier », a-t-il été cité par Kan. « Ces affaires doivent être closes. »

Les audiences – au cours desquelles les avocats de Netanyahu seront amenés à prouver que la conduite de ce dernier a été appropriée et respectueuse du cadre fixé par la loi – dureront quatre jours cette semaine et la semaine prochaine. Elles s’achèveront avant le début du jeûne de Yom Kippour, mardi soir prochain.

Des responsables du bureau des procureurs ont indiqué mardi à la Douzième chaîne qu’ils espéraient prendre une décision finale sur l’éventuelle inculpation du Premier ministre d’ici la fin de l’année.

C’est l’affaire 4000 qui sera en première ligne lors de cette audience, mercredi et jeudi.

Considéré comme la plus grave, Netanyahu doit y répondre de présomptions l’accusant d’avoir tenté d’accorder des avantages en termes de régulation au dirigeant de Bezeq, Shaul Elovitch, en échange d’une couverture médiatique favorable sur le site d’information Walla, que contrôle Bezeq. Netanyahu et Elovitch risquent une inculpation pour pots-de-vin.

L’ancien porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Nir Hefetz, au premier plan, et l’actionnaire principal de Bezeq, Shaul Elovitch, lors d’une audience de prolongement de détention devant la cour des magistrats de Tel Aviv, le 26 février 2018. (Crédit : Flash90)

Selon les médias israéliens, l’équipe de défense avancera que Netanyahu a agi conformément aux opinions et aux directives des membres du gouvernement. Ils nieront tout échange de bons procédés avec Elovitch et souligneront la complexité de la relation entre les responsables politiques et les médias. Ils affirmeront que les témoins de l’accusation Shlomo Filber et Nir Hefetz ont subi des pressions déraisonnables pour témoigner contre Netanyahu.

L’affaire 1000 et l’affaire 2000 seront abordées dimanche et lundi.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu des avantages et des cadeaux d’une valeur d’environ 1 million de shekels (250 000 euros) d’Arnon Milchan, producteur israélien de cinéma à Hollywood, et de James Packer, magnat australien des casinos. Mandelblit songerait à une mise en examen pour abus de confiance et fraude.

Benjamin Netanyahu (à droite) et le producteur Arnon Milchan lors d’une conférence de presse, le 28 mars 2005. (Crédit : Flash90)

Les avocats de Netanyahu vont insister sur le fait que ces cadeaux étaient légitimes, car il est autorisé à en recevoir de la part d’amis. Ils diront également que leur valeur totale est bien inférieure à celle figurant dans l’acte d’inculpation.

L’affaire 2000 concerne un accord de contrepartie illicite présumé entre Netanyahu et Arnon Moses, éditeur du journal Yedioth Ahronoth, et dans lequel le Premier ministre aurait fait entrave au quotidien rival Israel Hayom en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth.

Dans ce dossier, Mandelblit voudrait inculper le Premier ministre pour abus de confiance, tandis que Moses sera poursuivi pour pots-de-vin. Ce dernier s’est rendu à son audience le mois dernier.

L’équipe du Premier ministre va affirmer que les conversations entre Netanyahu et Mozes – des heures entières d’enregistrement sont entre les mains des procureurs – n’ont été que des paroles, des échanges que Netanyahu n’a jamais voulu concrétiser.

L’audience, qui avait été programmée les 2 du 3 octobre, devrait finalement durer quatre jours, avec des procédures qui devraient s’achever le 8 octobre, début de la fête juive de Yom Kippour.

L’éditeur et propriétaire du journal Yedioth Ahronoth Arnon « Noni » Moses arrive le 15 janvier 2017 à l’unité d’enquête Lahav 433 à Lod pour être interrogé. (Koko/Flash90)

Les avocats de Netanyahu avaient adressé leur demande jeudi, clamant qu’il leur fallait plus de temps pour défendre le Premier ministre. Le même jour, l’intéressé avait publiquement appelé à ce que les audiences soient diffusées en direct, une requête que Mandelblit avait rejetée, la jugeant « futile » et « sans fondement juridique ».

Les avocats de Netanyahu n’ont soumis au procureur général qu’une seule page d’arguments en amont des audiences plutôt qu’un dossier fourni.

Au mois de février, Mandelblit avait annoncé son intention d’inculper Netanyahu, sous réserve de ces procédures préliminaires.

Netanyahu nie toutes les accusations, clamant qu’elles relèvent d’une chasse aux sorcières menée par ses opposants politiques, les médias, la police et les procureurs de l’Etat qui souhaitent le chasser du pouvoir. Avec plus de 13 années passées à la tête du gouvernement israélien, il est le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire de l’État.

Des Israéliens manifestent en soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de l’habitation du Procureur-général d’Israël Avichai Mandelblit, le 1er octobre. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Mardi soir, environ 300 manifestants ont organisé un rassemblement aux abords de l’habitation de Mandelblit, à Petah Tikva.

Les militants ont scandé des slogans en soutien au Premier ministre et clamé que les affaires relevaient d’un complot ourdi par les responsables de la justice et les médias – reprenant des arguments avancés par l’accusé lui-même.

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