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Australie : 36 ans de prison pour l’auteur du viol et du meurtre d’Aya Maasarwe

Codey Herrmann restera 30 ans au minimum derrière les barreaux pour le meurtre brutal d'une étudiante israélienne à Melbourne le 21 janvier ; le juge veut "protéger" la société

Aya Maasarwe à Melbourne, le 1er octobre 2018 (Crédit : Instagram)
Aya Maasarwe à Melbourne, le 1er octobre 2018 (Crédit : Instagram)

Un tribunal de Melbourne a condamné, mardi, un Australien à 36 ans de prison pour le viol et le meurtre d’une étudiante israélienne au mois de janvier dernier.

Codey Herrmann avait plaidé coupable au début de l’année du meurtre brutal d’Aya Maasarwe, âgée de 21 ans, et du viol qui avait précédé, alors que cette dernière rentrait chez elle après une soirée dans la ville.

Herrmann restera 30 ans derrière les barreaux avant de pouvoir envisager une libération conditionnelle.

« Les femmes doivent avoir la liberté de se promener dans les rues sans crainte d’être violemment attaquées », a commenté Elizabeth Hollingworth, magistrate à la Cour suprême, lors de l’énoncé de la condamnation, selon une chaîne de télévision australienne.

Codey Herrmann (Crédit : Facebook)

L’avocat d’Herrmann avait réclamé l’indulgence des juges, disant que son client souffrait d’un trouble de la personnalité causé par un traumatisme infantile. La magistrate, pour sa part, a indiqué que même si elle comprenait l’importance de cet élément, l’état mental de Herrmann était une raison supplémentaire de faire en sorte que la société soit protégée du jeune homme.

Le père d’Aya Maasarwe, Saïd, a réagi à cette condamnation, réclamant que sa fille soit commémorée comme étant une personnalité qui aimait tous ceux qu’elle croisait, indépendamment de leur origine.

Il a appelé le gouvernement australien à faire davantage pour protéger les femmes et les personnes qui séjournent dans le pays, disant que Hermann serait libre de vivre sa vie dans trente ans.

Alors qu’on lui demandait quel sentiment l’animait lorsqu’il regardait l’assassin de sa fille, Saïd a répondu : « Nous avons perdu Aya. Peu importe si je le vois face à moi ».

Saeed Maasarwe, à droite, le père de l’étudiante assassinée, Aya Maasarwe, à son arrivée à la cour suprême de Victoria, à Melbourne, en Australie, le 29 octobre 2019 (Crédit : James Ross/AAP Image via AP)

Le corps sans vie d’Aya avait été découvert par un passant à proximité d’un arrêt de tramway dans la deuxième plus grande ville d’Australie le 16 janvier dernier, quelques heures après avoir été attaquée alors qu’elle rentrait chez elle.

Aya Maasarwe, originaire de Baqa al-Gharbiya, étudiait depuis cinq mois à l’université Trobe de la ville, dans le cadre d’un échange avec l’université de Shanghai, en Chine. Elle avait été attaquée alors qu’elle parlait avec sa sœur cadette en Israël via FaceTime.

Le meurtre de la jeune femme avait créé une onde de choc en Australie. Des milliers de personnes s’étaient rassemblées en sa mémoire, et sa disparition avait entraîné un débat sur la sécurité des femmes dans les espaces publics.

Les funérailles d’Aya Maasarwe à Baqa al-Gharbiya le 23 janvier 2019 (Crédit : Ahmad GHARABLI/AFP)

La famille d’Aya Maasarwe a lancé, dimanche, une bourse en son nom qui sera versée à de futurs médecins palestiniens. Le père a déclaré au Guardian qu’il ne cherchait pas à se venger.

« Notre boussole n’est pas la vengeance », a déclaré Saïd. « Nous y pensons en permanence, notre esprit, notre boussole est positive – elle n’est pas négative ».

La famille a également exprimé son chagrin et sa déception concernant la décision du tribunal de rendre publics les détails de ce meurtre atroce.

Aya Maarswe dans un café de Melbourne, le 1er octobre 2018 (Crédit : Facebook)

« Au tribunal, nous avons voulu que des choses ne soient pas rendues publiques, c’est ce que nous avons demandé, mais la cour ne s’est pas préoccupée de nos sentiments ou de notre culture », a déploré Saïd.

« Ça a été très dur de voir les détails du meurtre dans la presse », a ajouté Nour, la sœur d’Aya. « Nous savions déjà ce qu’il s’était passé… C’est ma sœur et elle était également ma meilleure amie… Ça a été très, très dur ».

Saïd a expliqué qu’il luttait encore contre son chagrin, mais qu’il se rappelait par-dessus tout de la joie permanente qui animait de sa fille.

« Elle souriait tout le temps. Je me souviens que tout le temps, elle avait des pensées positives. Et elle était très, très sensible », raconte-t-il. « J’essaye de reprendre ma vie, une vie normale, mais ce n’est pas facile, car partout où je vais, chaque jeune fille que je vois, je pense à Aya ».

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