Avec l’arrivée massive de Haredim, le visage du tourisme change à Safed
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Avec l’arrivée massive de Haredim, le visage du tourisme change à Safed

Seulement quatre hôtels sont encore ouverts dans la ville sainte du nord d'Israël, alors qu'on en comptait 20 dans les années 1980

Des tourists marchent dans une rue de  Safed, ville du nord d'Israël.
Des tourists marchent dans une rue de Safed, ville du nord d'Israël.

Alors qu’une visite de la ville septentrionale de Safed reste une valeur touristique sure pour de nombreux Juifs orthodoxes, son caractère de plus en plus religieux a changé de façon significative la manière dont de nombreux Juifs perçoivent la ville, selon un article du quotidien israélien Yedioth Ahronoth.

Safed présente un caractère spécifiquement religieux depuis des centaines d’années, faisant office de centre de mysticisme juif et de Kabbalah depuis le 16e siècle. Cette atmosphère n’a pourtant pas empêché des Israéliens de tout le spectre de visiter la ville. Dès les années 1980, la ville pouvait se vanter d’avoir environ 22 hôtels.

Ce nombre s’est vu réduire à quatre établissements, et beaucoup des hôtels qui ont fermé ne se sont pas convertis aux institutions religieuses affiliées au Habad et à d’autres mouvements ultra-orthodoxes.

Pourtant, de tels chiffres peuvent être trompeurs, étant donné le grand nombre de visiteurs présents dans la ville pendant la période estivale et la pré-dominance des appartements en location.

Les rues de Safed (Crédit photo : Miriam Alster/Flash90)

Une recherche sur Airbnb montre que plus de 300 places sont disponibles pour passer une nuit, ce qui laisse supposer que malgré la baisse du nombre d’hôtels, des logements sont encore disponibles et demandés.

Aujourd’hui, environ 30 % des 35 000 résidents de Safed sont des haredis et de nombreux commerces locaux sont fermés pendant le Shabbat. Un résident s’est plaint au site d’information religieux Israel National News que les résidents laïcs commencent à se sentir supplantés par les changements démographiques.

« La ville de Tzfat [Safed] est remplie de Haredim qui viennent en vacances dans et autour de la Vieille Ville, a-t-il dit. Ce qui attire la population haredi à Safed sont les cimetières, l’atmosphère de nostalgie, et les nombreuses anciennes synagogues de la ville. Cela ne nous pose pas de problème, mais les résidents locaux ont le sentiment d’être mis à l’écart pendant ces périodes ».

Malgré la fermeture des hôtels, le tourisme est encore important pour l’économie de la ville, a déclaré un représentant de l’agence locale de certification casher cité par le site internet.

« La saison estivale apporte beaucoup d’argent étranger à la ville qui a tellement besoin de développer son économie, a-t-il dit. Il y a de nombreux commerces dont les profits sont principalement réalisés pendant cette période très active, quand la ville est pleine à craquer avec des nombreux touristes et de vacanciers. Apparemment, la harédisation massive qui affecte la ville, avec la période estivale qui apporte surtout des Haredim, a conduit à une forte augmentation du nombre de restaurants et de commerces qui demandent une certification casher stricte ».

Les récents efforts pour développer de nouveaux logements sur le marché des résidents laïcs ont aussi échoué, avec 60 % des acheteurs qui appartiennent à la communauté ultra-orthodoxe, a annoncé Globes.

« Le projet concerne le secteur laïc traditionnel, mais si des familles haredi choisissent de vivre ici, alors c’est le choix et leur droit le plus complet », a déclaré la municipalité dans un communiqué.

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