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« Avez-vous tué un Palestinien ? »: le boycott anti-occidental gagne du terrain au Moyen-Orient

Les personnes irritées par le soutien apporté à l'offensive israélienne contre le Hamas se détournent de McDonald's, KFC, Coca-Cola et autres ; des applications identifient les produits interdits et des panneaux d'affichage encouragent le boycott

Des Palestiniens brandissent des affiches demandant le boycott des produits israéliens lors d'un rassemblement dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 28 octobre 2023. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)
Des Palestiniens brandissent des affiches demandant le boycott des produits israéliens lors d'un rassemblement dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 28 octobre 2023. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Dans une supérette de Bahreïn, Jana Abdallah fait des courses en regardant sa tablette, où sont listées des marques occidentales accusées de soutenir Israël dans sa guerre contre le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza.

« Nous avons commencé à boycotter tous les produits qui soutiennent Israël, en solidarité avec les Palestiniens », affirme cette adolescente de 14 ans. « Nous ne voulons pas que notre argent contribue à prolonger les combats ».

Jana et son petit frère Ali, pourtant adeptes de fast-food américains, ont rejoint une campagne lancée sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, appelant à boycotter des produits et des enseignes internationales présentées comme pro-israéliennes.

Le mouvement a progressivement gagné du terrain dans le monde arabe depuis le début de la guerre, qui a éclaté après le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas. Lors de cette attaque barbare menée contre Israël, près de 2 500 terroristes ont fait irruption en Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime. Ils ont tué plus de 1 400 personnes, dont une majorité de civils, au cours de raids sur plus de 20 communautés frontalières près de la bande de Gaza, massacrant des familles entières dans leurs maisons et au moins 260 fêtards lors d’un festival de musique en plein air. Les terroristes ont également enlevé au moins 245 personnes, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, qu’ils ont entraînées dans la bande de Gaza où elles sont toujours retenues captives.

Israël a rapidement déclaré la guerre contre le Hamas et mène une offensive visant à détruire les capacités militaires et de gouvernance du Hamas, et s’est engagé à éliminer l’ensemble du groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza. Il affirme viser toutes les zones où le Hamas opère, tout en cherchant à réduire au maximum les pertes civiles.

L’objectif d’Israël est d’empêcher que le massacre du 7 octobre ne se reproduise et d’obtenir la libération des otages, tout en cherchant à minimiser les pertes civiles à Gaza. L’Etat hébreu accuse le Hamas d’utiliser les habitants de Gaza comme boucliers humains, de les mettre délibérément en danger tout en cherchant à échapper aux troupes israéliennes et en continuant à tirer des roquettes sur Israël.

Des Koweïtiens brandissent des clés représentant des maisons abandonnées par les Palestiniens lorsqu’ils ont fui leur domicile pendant la guerre d’indépendance de 1948, lors d’un rassemblement de solidarité avec les Palestiniens sur la place Iradah à Koweït City, le 3 novembre 2023. (Crédit : Yasser Al-Zayyat / AFP)

Le ministère de la santé de la bande de Gaza, dirigé par le Hamas, a affirmé que quelque 10 000 personnes avaient été tuées depuis le 7 octobre lors des frappes aériennes et de l’offensive terrestre d’Israël. Toutefois, ce chiffre ne peut être vérifié de manière indépendante et on pense qu’il inclut des terroristes du Hamas ainsi que des civils tués par des roquettes mal tirées qui sont tombées à l’intérieur de l’enclave.

Pour protester contre l’offensive israélienne, les Arabes se sont retournés contre les marques associées aux alliés d’Israël, notamment les États-Unis.

Le boycott s’est accompagné d’appels aux États arabes pour qu’ils coupent les liens avec Israël, tandis que des rassemblements pro-palestiniens et anti-israéliens ont eu lieu chaque semaine dans les grandes capitales.

De plus, la Jordanie a rappelé son ambassadeur en Israël tandis que l’Arabie saoudite a suspendu ses discussions sur une possible normalisation des relations. A Bahreïn, la chambre basse du Parlement a annoncé la suspension des relations commerciales avec Israël, mais l’information n’a pas été confirmée par le gouvernement.

Slogan choc

Portée par une jeunesse férue de nouvelles technologies, la campagne de boycott propose des sites, des extensions et des applications mobiles pour identifier les produits à bannir. Sur le navigateur Google Chrome, l’extension PalestinePact permet aussi de flouter les publicités de produits figurant sur la liste.

Les méthodes traditionnelles ne sont pas en reste. Sur les abords d’une autoroute à quatre voies au Koweït, d’énormes panneaux d’affichage montrent des images d’enfants avec des bandages, tachés de sang. Un slogan choc s’adresse aux consommateurs qui n’ont pas encore suivi le mouvement: « Avez-vous tué un Palestinien aujourd’hui? »

Le soutien de l’Occident à l’offensive israélienne à Gaza « a renforcé le mouvement de boycott au Koweït » en démontrant que ses principes en matière « de droits de l’homme ne s’appliquent pas à nous », affirme le militant Mishari Al-Ibrahim.

Le géant américain de la restauration rapide McDonald’s est devenu une cible de choix après que sa franchise en Israël ait annoncé le mois dernier offrir des milliers de repas gratuits à l’armée israélienne.

Face aux appels au boycott, McDonald’s Koweït s’est engagée à verser plus de 160 000 dollars d’aides aux habitants de Gaza, tandis que les propriétaires de l’enseigne au Qatar ont annoncé une aide similaire de 275 000 dollars, en prenant soin de préciser qu’ils n’avaient rien à avoir avec la structure israélienne.

« Payer pour les balles »

Le café américain Pura Vida Miami et la pâtisserie britannique Maitre Choux ont indiqué, dans des communiqués avoir fermé leurs portes au Qatar après les positions jugées favorables à Israël affichées par leurs propriétaires sur les réseaux sociaux.

En Egypte, une vieille marque de soda locale, écrasée par la concurrence étrangère, indique avoir fait un retour en force. Pour répondre à la hausse de la demande, Spiro Spathis a affirmé avoir lancé de nouveaux recrutements et reçu plus de 15 000 candidatures.

Le mouvement est tel en Egypte qu’il risque de nuire à l’économie, a prévenu la Fédération des chambres de commerce égyptiennes. « L’impact sur les investisseurs égyptiens et les dizaines de milliers de travailleurs sera profond », s’est-elle inquiétée dans un communiqué, en soulignant que les licences de distribution et les franchises visées étaient détenues par des entreprises égyptiennes.

Dans une épicerie de la capitale jordanienne Amman, où des messages sur les réseaux sociaux appellent les consommateurs à ne pas « payer pour des balles », Abou Abdallah examine attentivement l’étiquette d’une bouteille de lait aromatisé.

« Ah, c’est fabriqué en Tunisie », constate le père de famille, en défendant vigoureusement le boycott. « C’est le moins que l’on puisse faire pour nos frères de Gaza », dit-il.

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