Avi Gabbay promet des « mesures drastiques » après le rapport sur la pollution à Haïfa
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Avi Gabbay promet des « mesures drastiques » après le rapport sur la pollution à Haïfa

Le ministre de l'Environnement a dit que l'Etat pourra fermer des usines si une deuxième étude confirmait les chiffres

La zone industrielle de Haïfa. Illustration. (Crédit : Avishag Shaar Yashuv/Flash90)
La zone industrielle de Haïfa. Illustration. (Crédit : Avishag Shaar Yashuv/Flash90)

Un jour après que des chercheurs de l’Université de Haïfa aient publié une étude suggérant un lien entre des troubles infantiles et la pollution causée par l’industrie lourde, le ministre de la Protection de l’environnement Avi Gabbay a promis lundi que des mesures « radicales » seraient prises pour aborder les questions de santé environnementale dans la ville industrielle septentrionale.

Si d’autres études, financées par l’Etat devaient corroborer les conclusions de l’université, le gouvernement prendrait « l’entière responsabilité » pour les risques accrus pour la santé dans la région de Haïfa, a dit Gabbay lundi soir sur la Deuxième chaîne.

Gabbay a déclaré que le ministère des Finances avait debloqué des fonds supplémentaires pour le ministère de l’Environnement pour aborder les questions de santé environnementale dans la région de Haïfa.

Le gouvernement est prêt à fermer des usines dans la ville portuaire industrielle si nécessaire, a-t-il ajouté.

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Posted by ‎חדשות 2‎ on Monday, 1 February 2016

Selon Gabbay, le gouvernement a un plan en place afin de réduire de 50 % la pollution dans la ville d’ici 2018.

Il n’a pas précisé quand le plan sera mis en œuvre.

Le Dr Shagai, un épidémiologiste indépendant, a dit à la Deuxième chaîne que, selon son évaluation, les différences relevées par l’étude concernant la santé des nouveau-nés entre Jérusalem et Haïfa étaient « notables ».

En plus des taux élevés de cancer chez les résidents de Haïfa identifiés dans les études précédentes, l’étude a montré des symptômes de troubles liés à la pollution telles que des têtes plus petites que la moyenne et un poids relativement faible chez les nourissons.

La circonférence enregistrée de la tête de certains nourrissons était de 20 à 30 % moindre que partout ailleurs, ont constaté les chercheurs.

Plus tôt lundi, Gabbay- avec le ministre de la Santé Yaakov Litzman – a convoqué les chercheurs qui ont mené l’étude pour une réunion d’urgence à la Knesset.

Après la réunion, Litzman a dit que le rapport de dimanche était le premier dont il avait entendu parler sur le problème.

Pollution dans la ville israélienne de Haïfa, le15 avril 2015 (Crédit photo: Basel Awidat / Flash90)
Pollution dans la ville israélienne de Haïfa, le15 avril 2015 (Crédit photo: Basel Awidat / Flash90)

« Nous devons traiter les conclusions de ce rapport avec tout le sérieux. Cette situation est très problématique. Nous nous somes rendus à Haïfa deux fois récemment et personne ne nous a parlé de ce problème », a-t-il dit, selon le site d’information Ynet.

L’étude a été commandée par les ministères de la Santé et de la Protection de l’environnement, et ne devait être publiée que plus tard cette année.

La région de Haïfa, confinée par le mont du Carmel, abrite certaines des industries les plus lourdes du pays, et les résidents se plaignent depuis longtemps de problèmes de santé et d’une pollution grave.

L’étude mentionne Kiryat Haim, Kiryat Bialik et le sud de Kiryat Tivon comme les épicentres des troubles liés à la pollution, et montre que les habitants y sont cinq fois plus susceptibles de développer un cancer du poumon ou un lymphome que ceux qui vivent ailleurs en Israël.

Le chef la Liste arabe unie à la Knesset Ayman Odeh, originaire de Haïfa, a accusé le gouvernement d’encourager des projets industriels, ce qui aggrave la pollution dans la région.

« Les graves chiffres révélés hier montrent à nouveau que le gouvernement abandonne la santé de ses citoyens au profit d’intérêts écomomiques », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le ministère de la Protection de l’Environnement a affirmé dimanche qu’en se basant sur sa propre « hypothèse de travail » que la pollution de l’air dans la baie de Haïfa était trop élevée, il avait élaboré un programme qui avait vu une baisse de 11 % de la pollution. C’est encore trop élevé, a indiqué le ministère, et la nouvelle étude pourrait être la base d’une deuxième étape du programme.

Une étude publiée l’an dernier – qui avait montré un taux de cancer plus élevé à Haïfa – avait suscité des protestations locales, et le maire de la ville Yona Yahav avait ordonné temporairement la fermeture de quelques usines. Cette mesure avait ensuite été annulée par une décision de justice.

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