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Aviv Kohavi annonce un élargissement des activités avec les USA au Moyen-Orient

Le chef d’état-major a achevé son voyage officiel de 5 jours consacré à la menace iranienne ; les plans pour faire face à l'Iran et aux mandataires du terrorisme ont été approuvés

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le commandant américain des chefs d'état-major interarmées, Mark Milley, à droite, marchant avec le chef d'état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, à Washington, le 21 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Le commandant américain des chefs d'état-major interarmées, Mark Milley, à droite, marchant avec le chef d'état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, à Washington, le 21 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a déclaré jeudi que les activités conjointes avec l’armée américaine au Moyen-Orient seraient « considérablement élargies » dans un avenir proche, après son dernier voyage de cinq jours aux États-Unis.

« Afin d’améliorer nos capacités face aux défis de la région, les activités conjointes avec le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) seront considérablement élargies dans un avenir proche », a déclaré Kohavi dans des remarques fournies par l’armée israélienne après son retour en Israël.

« Dans le même temps, Tsahal continuera à agir à un rythme accéléré contre l’enracinement du régime iranien dans la région », a-t-il ajouté.

Kohavi a tenu des réunions avec de hauts responsables américains pendant cinq jours, axées sur la menace iranienne.

L’armée israélienne a déclaré que Kohavi a dit aux responsables de la défense américaine à Washington que les deux armées doivent accélérer leurs compétences « conjointes » dans la lutte contre l’Iran.

Lundi, Kohavi avait rencontré à Washington le commandant des chefs d’état-major interarmées américains, Mark Milley, le conseiller à la sécurité nationale américain, Jake Sullivan, et le directeur de la CIA William Burns. Il a également rencontré l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Michael Herzog.

« Au cours des discussions, il a été convenu que nous sommes à un moment critique qui nécessite l’accélération des plans opérationnels et de la coopération contre l’Iran et ses mandataires terroristes dans la région », a déclaré Kohavi dans des remarques fournies par Tsahal mardi.

Deux avions de chasse F-16 israéliens et un américain volant côte à côte lors d’un exercice conjoint dans le sud d’Israël en janvier 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Citant Tsahal, la chaîne publique israélienne Kan a rapporté que les armées israélienne et américaine tiendraient dans un avenir proche un exercice simulant des frappes contre l’Iran et ses mandataires, mais une source militaire a déclaré ne pas être au courant d’un tel exercice, et qu’il n’y avait aucune mention de ces plans dans la déclaration.

Mardi, Kohavi s’est rendu au quartier général du CENTCOM en Floride, où il a rencontré son chef, le général Michael Kurilla, et participé à une réunion d' »évaluation de la situation ».

« L’évaluation conjointe de la situation entre les armées s’est concentrée sur les défis régionaux, principalement la menace iranienne. Au cours de l’évaluation, un plan pour la poursuite de l’activité conjointe et la mise en place d’équipes spécialisées pour faire face au défi iranien a été convenu », a déclaré Tsahal.

Mercredi, Kohavi a rencontré le commandant des forces de la flotte de la marine américaine (USFF), l’amiral Daryl Caudle, au siège de l’USFF en Virginie.

Kohavi « a visité un sous-marin nucléaire et un porte-avions afin d’approfondir sa compréhension de leurs capacités opérationnelles », a déclaré Tsahal.

Le voyage de Kohavi a été écourté de plusieurs heures, suite au double attentat à la bombe à Jérusalem, et à l’enlèvement du corps d’un Israélien par des Palestiniens armés en Cisjordanie.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, lors d’un appel téléphonique au sommet d’un sous-marin au siège de l’USFF, à Norfolk, en Virginie, le 23 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Jérusalem s’oppose aux tentatives du président américain Joe Biden de relancer l’accord nucléaire entre Téhéran et les puissances mondiales connu sous le nom de Plan global d’action conjoint (JCPOA), qui prévoyait des allégements de sanctions en échange de restrictions du programme nucléaire de la République islamique.

Mais ce désaccord a perdu de sa pertinence ces derniers temps, les pourparlers nucléaires s’étant essoufflés et les États-Unis ayant choisi de se concentrer sur les manifestations en cours en Iran contre le régime.

L’Iran a déclaré mardi qu’il avait commencé à produire de l’uranium enrichi à 60 % de pureté dans son usine de Fordo, un niveau qu’il n’avait jamais atteint auparavant et qui se rapproche des 90 % nécessaires à la confection d’une arme nucléaire.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé cette évolution et a déclaré mardi que son chef, Rafael Grossi, l’avait signalée à ses États membres.

Les États-Unis ont exprimé leur « profonde inquiétude » mardi au sujet de cette annonce, qui a également été condamnée par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. « Nous continuons à observer avec une profonde préoccupation non seulement la progression du programme nucléaire de l’Iran mais aussi l’amélioration constante de leurs capacités en termes de missiles balistiques », a dit John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Archives : Un réacteur de recherche nucléaire au siège de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, le 1er septembre 2014. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi/Dossier)

Par ailleurs, Israël a fait pression sur les États-Unis pour qu’ils préparent des plans d’urgence militaires visant à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire. Le président américain Joe Biden a déclaré qu’il serait prêt à recourir à la force si nécessaire, mais qu’il préférait d’abord passer par la voie diplomatique.

À la lumière de l’incertitude croissante concernant un retour de l’Iran à l’accord nucléaire de 2015, alors que les négociations sont bloquées depuis longtemps, Tsahal a connu ces deux dernières années une intensification des efforts pour préparer une menace militaire crédible contre les sites nucléaires de Téhéran.

Alors que l’Iran a longtemps insisté sur le caractère pacifique de son programme nucléaire, les experts en non-prolifération avertissent que Téhéran possède suffisamment d’uranium enrichi à 60 % de pureté pour le retraiter en combustible pour la confection d’au moins une bombe nucléaire.

Les responsables israéliens ont également mis en garde contre les mandataires de l’Iran dans la région, du groupe terroriste libanais du Hezbollah au Liban aux Houthis au Yémen.

La visite officielle à Washington était la dernière prévue pour Kohavi en tant que chef d’état-major, son mandat devant prendre fin le 17 janvier prochain.

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