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Banque mondiale : Les restrictions d’Israël nuisent au virage numérique palestinien

Dans le même temps, la Banque mondiale estime indispensables des réformes internes aux institutions palestiniennes et des ressources financières pour transformer l'économie

Image illustrative d'une connexion par fibre optique (alphaspirit; iStock by Getty Images)
Image illustrative d'une connexion par fibre optique (alphaspirit; iStock by Getty Images)

Les différentes restrictions imposées par Israël freinent le virage numérique et l’essor du e-commerce côté palestinien, estime dans un rapport publié mercredi la Banque mondiale qui appelle aussi à une série de réformes dans les Territoires palestiniens.

Notant un progrès ces dix dernières années dans le développement numérique et une croissance des services financiers en ligne, la Banque mondiale souligne qu’il « reste encore beaucoup à faire pour créer un écosystème innovant qui se traduirait par de la croissance et de la création d’emplois » en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Cette enclave palestinienne, sous contrôle du groupe terroriste du Hamans depuis 15 ans, est soumis à des restrictions sécuritaires pour éviter le détournement de fonds et de matériel à des fins terroristes.

Dans ces deux territoires palestiniens, environ un tiers des entreprises disposent d’un site internet, contre la moitié, en moyenne, dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, et seuls 14 % d’adultes y ont réalisé ou reçu des paiements en ligne (en 2017), d’après le rapport qui note aussi la faible disponibilité de services publics sur internet.

En outre, la technologie mobile est encore limitée à la 2G à Gaza et à la 3G en Cisjordanie, tandis qu’Israël, à côté, a déjà mis en place la 5G.

Un vendeur propose des contrats de téléphonie mobile depuis un stand situé dans une rue de Naplouse en Cisjordanie, le 15 novembre 2016. (Crédit : Sebi Berens/Flash90)

« Les restrictions israéliennes sur les importations d’équipements d’information et de communication, sur les attributions de fréquences (2G et 3G) et les droits de passage sont des obstacles majeurs à la mise en place d’infrastructures numériques, à la connectivité et à l’accès au haut débit », estime la Banque mondiale.

Dans le même temps, elle estime indispensables des réformes internes aux institutions palestiniennes et des ressources financières pour transformer l’économie, invitant à adopter des lois sur la cybersécurité, à ouvrir le marché numérique à la concurrence et renforcer la coordination institutionnelle sur le sujet.

« Investir dans l’économie numérique palestinienne est plus important que jamais », a affirmé mercredi Kanthan Shankar, directeur de l’institution pour la Cisjordanie et Gaza, estimant que la pandémie de coronavirus, durant laquelle de nombreuses entreprises et institutions palestiniennes ont dû se tourner vers les services sur internet, l’avait prouvé.

Quelque 2,3 de personnes habitent dans la bande de Gaza et plus de 2,8 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie.

Un quart de la population de ces deux territoires palestiniens était au chômage au deuxième trimestre de 2021, selon la Banque mondiale.

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