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Barlev veut restreindre l’accès des élus au mont du Temple ; Baharav-Miara refuse

Le ministre de la Sécurité intérieure affirme vouloir protéger les parlementaires ; les responsables ont averti d'un risque de violence pendant les fêtes du Ramadan et de Pessah

Un officier de la police israélienne (à gauche) monte la garde alors que des Juifs religieux visitent le Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 août 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)
Un officier de la police israélienne (à gauche) monte la garde alors que des Juifs religieux visitent le Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 août 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Le ministre de la Sécurité intérieur, Omer Barlev, a demandé au commissaire de police Kobi Shabtai d’empêcher les parlementaires israéliens de se rendre sur le mont du Temple, en prévision des tensions qui s’intensifient à l’approche du ramadan et de la fête de Pessah, mais cette demande a été rapidement rejetée par la procureure générale, selon les médias israéliens.

La procureure générale récemment nommée, Gali Baharav-Miara, aurait écrit une lettre à Barlev pour lui signifier qu’il n’était pas autorisé à prendre une telle décision.

« Vous n’avez pas le pouvoir de donner des instructions au commissaire de police pour empêcher l’entrée des membres de la Knesset sur le mont du Temple », a-t-elle écrit. « Cette question relève de la supervision du Premier ministre et du ministre de la Défense », a-t-elle ajouté, précisant qu’une telle décision supposerait une menace pour la sécurité nationale et devrait être approuvée par le Shin Bet, le service de sécurité intérieure d’Israël.

Selon Ynet, Barlev a déclaré que la police était responsable de la protection de la vie des députés israéliens, sous-entendant que toute visite d’un député sur le mont du Temple est intrinsèquement dangereuse.

Dans une déclaration à la Douzième chaîne mardi soir, M. Barlev a déclaré que le rapport « avait mal interprété » sa demande initiale, notant qu’il ne cherchait à empêcher les députés de se rendre sur le site que dans le cas d’affrontements et d’émeutes et pendant la durée de celles-ci.

« Il ne fait aucun doute que la liberté de mouvement des membres de la Knesset est absolue toute l’année, partout dans le pays, y compris sur le mont du Temple », a déclaré Barlev, réitérant sa conviction que la police devrait agir pour protéger tout député si sa vie était « menacée ».

Le Ministre de la Sécurité Publique Omer Barlev assiste à une cérémonie de la police israélienne pour le Nouvel An juif au Quartier Général de la police israélienne, à Jerusalem le 5 septembre 2021. (Crédit : Photo Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon la loi israélienne, les membres de la Knesset bénéficient d’une immunité de poursuites pénales pour tout acte effectué dans l’exercice de leur fonction publique. Cela leur permet une liberté de mouvement presque totale, a noté Mme Baharav-Miara dans sa lettre à M. Barlev.

Les visites de députés israéliens au mont du Temple – l’un des sites les plus controversés du pays – ont longtemps été considérées comme litigieuses, et des députés se sont vus refuser l’accès au site dans le passé. Les tensions sur le lieu saint ont été considérées comme un facteur clé dans l’escalade de la violence l’année dernière qui a conduit au conflit de 11 jours entre Israël et le Hamas à Gaza. Le site a été fermé aux visiteurs juifs pendant 20 jours au cours des violences de mai dernier.

Peu de temps après le rapport, le député extrémiste du parti Sionisme religieux Itamar Ben Gvir a déclaré qu’il se rendrait au mont du Temple dès que possible.

« Barlev est un ministre qui a peur et qui plie face au terrorisme, mais surtout, qui agit sans autorité, comme le dernier des dictateurs, et il doit démissionner », a déclaré Ben Gvir dans un communiqué.

Le député, qui a pris part à des échauffourées répétées dans le quartier sensible de Sheikh Jarrah ces derniers mois, a déclaré qu’il allait « se rendre au mont du Temple comme j’en ai l’habitude… le ministre de la Sécurité intérieure, même s’il n’aime pas que des députés ailleurs sur le mont du Temple, ne peut pas les en empêcher « .

Les responsables américains et israéliens ont mis en garde contre une éventuelle recrudescence de la violence à l’approche des fêtes musulmanes et juives du Ramadan et de Pessah.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid rencontre le roi Abdallah de Jordanie à Amman, le 10 mars 2022. (Crédit : Autorisation)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a rencontré le roi de Jordanie Abdallah à Amman la semaine dernière, et a déclaré « nous devons coopérer pour apaiser les tensions et promouvoir la compréhension, en particulier à l’approche du mois de Ramadan et de Pessah.  »

Le Waqf de Jordanie est le service qui administre le mont du Temple.

Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, aurait averti les responsables américains, lors d’une visite à Washington le week-end dernier, que les tensions pourraient devenir incontrôlables le mois prochain.

Un responsable américain a déclaré au Times of Israel le mois dernier que les responsables de l’administration Biden, au plus haut niveau du Conseil national de sécurité et du Département d’État, craignent une nouvelle escalade de la situation à Jérusalem et des retombées régionales.

Après avoir consulté des diplomates et des experts sur place, l’administration Biden a estimé que la confluence des fêtes religieuses en avril était une « recette pour un désastre à Jérusalem », a déclaré un responsable américain.

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