Bassam Eid : « Israël n’est pas un Etat d’apartheid »
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Bassam Eid : « Israël n’est pas un Etat d’apartheid »

Bassam Eid, un Palestinien de Jérusalem, s’oppose au boycott d’Israël et préfère privilégier la sécurité financière des Palestiniens

Un appel au boycott d'Israël (Crédit : Tapash Abu Shaim/Palestine Solidarity Campaign UK via Facebook)
Un appel au boycott d'Israël (Crédit : Tapash Abu Shaim/Palestine Solidarity Campaign UK via Facebook)

Qui est Bassam Eid ? C’est la question que s’est posée cette semaine le quotidien Yedioth Ahronoth en dressant le portrait de ce militant des droits de l’Homme.

Interrogé par des journalistes israéliens en Afrique du Sud, pays où sévissait l’apartheid pendant des décennies, il a déclaré haut et fort : « Israël n’est pas un Etat d’apartheid. »

Sa position qui va à l’encontre du boycott israélien étonne. Et pourtant, son pragmatisme illustre une grande simplicité : le boycott d’Israël ne sert aucunement les intérêts palestiniens. Bien au contraire, il nuit aux Palestiniens.

Pour illustrer ses propos, Bassam Eid utilise le fameux exemple de l’usine Soda Stream, où les employés espéraient jusqu’au bout que ‘les bulles de l’entreprise’ n’explosent pas. L’usine a finalement été obligée de se délocaliser en partie à Beer Sheva.

Les Palestiniens qui travaillaient pour cette usine se sont retrouvés sans emploi du jour au lendemain alors qu’ils gagnaient un très bon salaire pour la région (5 000 shekels, le salaire moyen de l’Autorité palestinienne est de 1 400 shekels). Ces personnes ne peuvent aujourd’hui honorer leurs dettes et se trouvent dans des situations très complexes.

Il explique que les campagnes de boycott n’amèneront pas les parties à avancer vers la paix. Le mouvement BDS accroît les ressentiments des deux parties et divisent.

Il condamne également la philosophie « deux poids deux mesures » des campagnes de BDS, qui dénoncent les prétendus massacres d’Israël à l’encontre de la population palestinienne mais qui passent sous silence les massacres perpétrés par l’armée de Bashar el-Assad dans les camps de réfugiés palestiniens.

Les campagnes BDS revêtent ainsi, selon lui, un caractère antisémite. Ironie de la situation, Bassam Eid n’oublie pas de relever que des Juifs sont à la tête du mouvement BDS.

Tout en critiquant le boycott d’Israël, Bassam Eid souligne les apports de la diplomatie aux problématiques posées par la présence israélienne en Cisjordanie.

Selon lui, le boycott ne fait qu’éloigner l’établissement d’un Etat palestinien. Ce qui devrait le plus importer aux Palestiniens, c’est la sécurité financière, bien plus que le boycott, ajoute t-il.

La diplomatie palestinienne s’est distancée es propos de Bassam Eid ; l’ambassadeur palestinien en Afrique du Sud a insisté sur l’importance des campagnes BDS.

Bassam Eid avait créé une organisation humanitaire : le Groupe palestinien de surveillance des droits de l’homme.

Son organisation se concentrait principalement sur les violations des droits de l’Homme perpétrées par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et par le Hamas dans la bande de Gaza.

Il y a cinq ans, l’Europe a arrête de financer l’organisation qui n’a pas pu survivre sans ce financement.

« Les Européens considèrent Israël comme le principal obstacle au processus de paix et veulent soutenir l’Autorité palestinienne. Une des façons de la soutenir est d’arrêter de financer les organisations qui critiquent l’Autorité palestinienne. »

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