Belgique : les chemins de fer sommés d’indemniser les descendants de déportés
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Belgique : les chemins de fer sommés d’indemniser les descendants de déportés

La communauté juive appelle la SNCB à reconnaître son rôle dans la déportation et à savoir si, à l'instar de la Hollande, elle a facturé aux nazis les personnes déportées

Les rails de chemin de fer menant aux "portes de la mort" de triste mémoire au camp d'extermination d'Auschwitz II Birkenau, le 13 novembre 2014 à Oswiecim, en Pologne (Crédit : Christopher Furlong/Getty Images/via JTA)
Les rails de chemin de fer menant aux "portes de la mort" de triste mémoire au camp d'extermination d'Auschwitz II Birkenau, le 13 novembre 2014 à Oswiecim, en Pologne (Crédit : Christopher Furlong/Getty Images/via JTA)

La Société nationale de chemin de fer belge (SNCB) va-t-elle oui ou non reconnaître son implication active dans la déportation des Juifs de Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale ? Aujourd’hui, c’est au tour de la communauté juive locale de lui demander des comptes.

L’affaire a commencé en 2015 dans la Hollande voisine, lorsque ont été retrouvés des documents établissant que la société de chemin de fer hollandaise – les Nederlandse Spoorwegen ou NS – avait facturé chaque Juif déporté, environ 100 000 – à l’Allemagne occupante.

Bénéfice de l’opération menée : l’équivalent de 2,7 millions de dollars.

Pendant longtemps, la NS a refusé de dédommager les proches des victimes, tout en admettant sa culpabilité.

La caserne de Dossin, en Belgique, transformé en camp de transit par les Nazis (Crédit: Wasily/Wikimedia Commons)

Et puis devant des menaces d’actions en justice, les NS ont décidé courant décembre 2018 de prendre les devants : « la reconnaissance de responsabilité dans le transport de quelque 100 000 juifs vers les camps de la mort nazis s’accompagnera d’un engagement à dédommager financièrement les victimes de la déportation et leurs ayants-droits » rapporte Le Vif.

Alors « stimulé par l’exemple hollandais, le mensuel flamand [juif] ‘Joods Actueel’ a relancé l’offensive pour briser le mutisme et l’immobilisme chroniques affichés par la société des chemins de fer belge, » lit-on dans le même journal.

Des élus de Malines et d’Anvers réclament aujourd’hui l’ouverture d’une enquête, accompagné par le directeur du musée juif de la déportation de de la caserne Dossin, où des juifs belges furent détenus avant d’être déporté.

Lundi 17 décembre, ce fut au tour de « trois composantes représentatives de la communauté juive (le Consistoire central de Belgique, Forum der Joodse Organisaties et le Comité de coordination des organisations juives de Belgique) » de presser la SNCB de faire savoir si oui ou non elle s’est enrichie en facturant les déportations aux nazis.

La SNCB est accusée d’avoir déporté « à partir de l’été 1942, de 25 257 juifs et de 351 tsiganes à bord de 28 convois ».

25 274 juifs et 352 Roms ont été déportés par les nazis depuis la caserne Dossin vers Auschwitz-Birkenau entre juillet 1942 et septembre 1944, en 28 transports consécutifs.

En France, la SNCF a mis des années avant d’indemniser les descendants de personnes déportées. Ce n’est finalement que sous la contrainte par les Etats-Unis que la SNCF a accepté de dédommager les victimes acheminées par ses fourgons à bestiaux des camps de transit français aux camps d’extermination nazis.

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