Belgique : Un maire défend un char de carnaval avec des caricatures antisémites
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Belgique : Un maire défend un char de carnaval avec des caricatures antisémites

Malgré l'indignation, le maire d'Alost, Christoph D'Haese, a dit que le char "devrait être autorisé" et que "les participants au carnaval n'avaient aucune intention malveillante"

JTA – Le maire de la ville belge dont le défilé annuel a présenté des marionnettes représentant des Juifs et un rat au sommet de sacs d’argent a défendu cette caricature, déclarant aux médias locaux qu’un tel char « devait être permis à Alost ».

Le maire Christoph D’Haese a soutenu la présence du char qui a défilé dimanche au carnaval d’Alost face aux vives condamnations des organisations juives et à la désapprobation des institutions internationales, dont la Commission européenne.

« Il est impensable que de telles images défilent dans les rues européennes, 70 ans après la Shoah », a déclaré mardi un porte-parole de la Commission, qui est le pouvoir exécutif de l’Union européenne, aux journalistes, selon le journal Het Laatste Nieuws.

Toujours mardi, le Bnai Brith International a publié un communiqué disant que l’organisation était « écœurée par les marionnettes antisémites » qui ont été exposées dimanche. Le directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, a adressé une lettre à un ministre belge pour lui dire que son organisation avait eu la « nausée » devant ce spectacle.

Mais le maire D’Haese a déclaré lundi à Het Laatste Nieuws que « ce n’est pas au maire d’interdire » de telles manifestations, et que « les participants au carnaval n’avaient aucune intention malveillante ».

Le char du carnaval d’Alost représentant des caricatures de Juifs orthodoxes assis sur des sacs d’argent, le 3 mars 2019. (Crédit : FJO, via JTA)

Le char en question était intitulé « L’année du Shabbat » et il avait été préparé par le groupe de carnaval Vismooil’n. Il exhibait deux marionnettes géantes en costume rose, avec papillotes et streimels, des chapeaux portés par certains juifs orthodoxes lors du Shabbat et des fêtes juives. L’une d’entre elle grimaçait en fumant un cigare, un rat blanc posé sur l’épaule droite. Par ailleurs, les deux marionnettes géantes se tenaient debout sur des pièces d’or, des sacs d’argent à leurs pieds.

Sur une plate-forme roulante directement derrière le char, plusieurs dizaines de personnes habillées comme les marionnettes, dansaient sur une chanson sur le thème de coffres pleins ayant une « beauté juive » et sur le fait de « devenir plus riche ».

Le carnaval annuel, où « l’œuvre » a été présentée, a été ajouté en 2010 à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ou UNESCO. L’organisation n’a pas répondu à de nombreuses questions critiques concernant l’événement d’Alost sur les réseaux sociaux et n’avait pas encore fait de déclaration à ce sujet mardi.

Un porte-parole du groupe de carnaval a dit à un blogueur le mois dernier que cette présentation était destinée à montrer la manière dont « tout est devenu si cher ».

Le président du groupe de carnaval n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de JTA.

Le groupe Vismooil’n a conçu cette présentation pour son thème de 2019 pour le carnaval d’Alost, l’édition locale des carnavals qui ont lieu chaque année dans différentes parties de l’Europe et en Amérique latine avant le Carême, les 40 jours qui précèdent la fête de Pâques. Les participants préparent des chars et des chorégraphies, qui défilent à travers la ville lors du Carnaval.

En 2013, un autre groupe avait conçu pour le carnaval d’Alost un char ressemblant à un wagon de chemin de fer nazi utilisé pour transporter les Juifs vers les camps de la mort.

Les concepteurs du char, connus sous le nom de Groupe FTP, avaient défilé près du char déguisés en officiers SS nazis et en Juifs ultra-orthodoxes. Une affiche sur le wagon montrait des politiciens belges flamands habillés en nazis et tenant des bidons étiquetés comme contenant du Zyklon B, le poison utilisé par les nazis pour exterminer les Juifs dans les chambres à gaz pendant la Shoah. L’UNESCO avait condamné cette exhibition.

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