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Ben Gvir réclame « la peine de mort pour les terroristes » dans une vidéo

Le ministre d'extrême droite se vante des traitements sévères infligés dans les prisons sous son autorité, des traitements qui, selon plusieurs ex-otages, ont conduit leurs ravisseurs à Gaza à les torturer

Captures d'écran d'une vidéo publiée sur la page Telegram du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, le 31 octobre 2025, le montrant à côté de prisonniers palestiniens ligotés. (Crédit : Telegram)
Captures d'écran d'une vidéo publiée sur la page Telegram du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, le 31 octobre 2025, le montrant à côté de prisonniers palestiniens ligotés. (Crédit : Telegram)

Vendredi, le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir a publié une vidéo dans laquelle il appelle à la « peine de mort pour les terroristes » alors qu’il se tient debout devant une rangée de prisonniers palestiniens allongés sur le ventre, les mains liées.

Dans une vidéo partagée sur sa chaîne Telegram personnelle, le ministre d’extrême droite et président du parti Otzma Yehudit s’adresse à la caméra tout en pointant du doigt une dizaine de prisonniers allongés face contre terre devant un drapeau israélien.

« Ces gens, les Nukhba, sont venus tuer des enfants, des femmes, nos bébés. Regardez-les aujourd’hui », a déclaré le ministre d’extrême droite, faisant référence à l’unité d’élite de la branche armée du Hamas, qui a mené l’invasion et le pogrom du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.

Et d’ajouter : « Mais il reste encore quelque chose à faire : la peine de mort pour les terroristes. »

Ben Gvir, connu pour ses propos incendiaires, a menacé de ne plus voter avec la coalition de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu si son projet de loi sur l’application de la peine de mort pour les terroristes n’était pas rapidement présenté au vote du Parlement.

Vendredi, dans un long paragraphe accompagnant la vidéo, Ben Gvir a indiqué qu’après qu’Israël a tué les dirigeants du Hamas, le groupe terroriste islamiste avait « torturé les otages » qu’il avait enlevés à Gaza après sa sanglante attaque transfrontalière du 7 octobre 2023. Il a ensuite vanté les conditions de détention difficiles qu’il avait imposées aux prisonniers palestiniens, un point dont il s’est félicité à plusieurs reprises ces derniers mois.

Plusieurs otages libérés ont rapporté avoir été torturés dans le sillage des mesures très médiatisés prises par Ben Gvir pour dégrader les conditions de détention des prisonniers palestiniens. Un ancien captif a notamment raconté, dans une interview diffusée cette semaine, que ses ravisseurs avaient écrit « œil pour œil » sur son dos en guise de message au ministre d’extrême droite. Des allégations auxquelles Ben Gvir a répondu en évoquant « une campagne au service du Hamas visant à améliorer les conditions de détention des terroristes ».

« Je suis fier de la révolution qui a eu lieu dans les prisons, une révolution sans précédent depuis la création de l’État. Aujourd’hui, au lieu d’un camp d’été, les prisons sont une dissuasion. Il n’y a plus aucun sourire. Nous les effaçons », a dit Ben Gvir vendredi.

« Interrogez n’importe quel terroriste passé par ma prison, et demandez-lui s’il aimerait y retourner : tous ont peur, tous tremblent, et le nombre d’attaques a considérablement baissé », a-t-il renchéri.

Au début du mois, Ben Gvir a fait savoir aux journalistes que, après la libération des 20 derniers otages vivants de Gaza, il n’y avait « plus d’excuses » pour ne pas faire avancer la loi, un texte qui, selon lui, dissuaderait le terrorisme.

« Dans le cadre de l’accord signé avec le Hamas, des centaines de terroristes meurtriers ont malheureusement été relâchés de prison. Tant que des terroristes restent en vie, ceux qui sont à l’extérieur sont motivés à commettre des enlèvements, afin de faire libérer leurs frères nazis dans le cadre d’accords futurs », a-t-il poursuivi. « S’ils assassinent un Juif, ils ne doivent pas rester en vie. »

Ben Gvir a récemment menacé de quitter le gouvernement si le Hamas « continuait d’exister » une fois les otages libérés, arguant que son parti ne participerait pas à « une défaite nationale » ni à « une honte éternelle », et qu’il refuserait toute situation dans laquelle le groupe terroriste serait en mesure de se reconstruire après la fin des hostilités.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, assiste à une réunion du Comité de sécurité nationale à la Knesset, à Jérusalem, le 27 octobre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

 

Ben Gvir était l’un des ministres membres du petit groupe ayant voté contre la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza. Au début de l’année, le parti de Ben Gvir a quitté la coalition pendant plusieurs mois, en signe de protestation contre l’acceptation d’un précédent accord partiel de cessez-le-feu et de libération d’otages, qui avait permis que 30 otages soient relâchés et huit corps restitués.

À la suite d’un attentat terroriste meurtrier à Jérusalem le mois dernier, Otzma Yehudit a fait part de son intention de mettre à nouveau la question de la peine de mort à l’ordre du jour de la Knesset. Selon les médias israéliens, le parti d’extrême droite estimait en effet que la coalition n’avait pas fait avancer la question assez rapidement, et que les discussions devaient être accélérées.

La Commission de la sécurité nationale de la Knesset a ensuite voté en faveur d’un projet de loi présenté par Har-Melech, accordant aux tribunaux le pouvoir d’imposer la peine de mort pour les terroristes ayant tué des Israéliens, ouvrant ainsi la voie au premier des trois votes en Assemblée plénière requis pour que ce projet devienne loi.

La loi était depuis longtemps bloquée, en raison d’une opposition au plus haut niveau du gouvernement et des services de sécurité.

Des terroristes du Hamas menottés sont assis à côté d’une photo de Palestiniens passant devant des bâtiments détruits dans la bande de Gaza et un drapeau israélien, dans une prison du centre d’Israël, le 6 mai 2025. (Chaim Goldberg/Flash90)

En septembre, Ben Gvir a raconté avoir été approché par « des membres du cabinet du Premier ministre » qui lui avaient demandé de reporter le débat sur la peine de mort, craignant qu’un tel débat ne complique les efforts visant à libérer les otages. Mais Ben Gvir avait alors refusé, affirmant que le projet de loi aurait un « effet dissuasif » et « favoriserait le retour des otages », tout en montrant au Hamas qu’il « y a un prix à payer pour ce qu’ils ont fait » le 7-octobre.

Jeudi, le ministre de la Justice Yariv Levin a pour sa part annoncé qu’il présentait un projet de loi à la Knesset visant à créer un tribunal pénal spécial chargé de juger les Gazaouis accusés d’avoir commis des massacres et des atrocités le 7 octobre 2023, dans le cadre d’un processus pouvant aboutir à la condamnation à la peine capitale des personnes reconnues coupables.

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