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Benjamin Ferencz, le dernier des procureurs de Nuremberg, est décédé à 103 ans

"Si mon père avait pu faire une dernière déclaration, je suis sûr qu'il aurait dit : la loi, pas la guerre", a déclaré son fils Donald

Dans cette photo d'archives prise le 3 juillet 2015, Benjamin Ferencz assiste à la cérémonie d'une remise de prix en l'honneur des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale à New York.  (Crédit : KENA BETANCUR / AFP)
Dans cette photo d'archives prise le 3 juillet 2015, Benjamin Ferencz assiste à la cérémonie d'une remise de prix en l'honneur des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale à New York. (Crédit : KENA BETANCUR / AFP)

L’Américain Benjamin Ferencz, qui était le dernier des procureurs des procès de Nuremberg, est décédé à l’âge de 103 ans après une vie dédiée à la justice internationale, a annoncé son fils samedi à l’AFP.

Il est mort « paisiblement dans son sommeil » vendredi soir dans une résidence médicalisée de Floride « de causes naturelles », a précisé Donald Ferencz.

« Si mon père avait pu faire une dernière déclaration, je suis sûr qu’il aurait dit : la loi, pas la guerre », a-t-il ajouté.

Agé de 27 ans seulement, Benjamin Ferencz avait mené l’accusation pour les Etats-Unis lors du procès des Einsatzgruppen en 1947. Vingt-deux responsables de ces unités mobiles d’extermination, qui suivaient l’avancée allemande en Europe de l’Est, avaient été condamnés après l’exposition de l’étendue de leurs crimes.

Accusés lors du procès États-Unis d’Amérique contre Karl Brandt (également connu sous le nom de procès des médecins), à Nuremberg, en Allemagne, du 9 décembre 1946 au 20 août 1947. (Crédit : Armée américaine, Domaine public, via Wikimedia Commons)

S’appuyant sur des archives nazies, M. Ferencz avait estimé à plus d’un million d’hommes, femmes et enfants juifs, le nombre de victimes de ce qu’on a appelé la « Shoah par balles ».

Né dans les montagnes des Carpates de parents juifs et réfugié à l’âge de 10 mois aux Etats-Unis, il avait suivi des études de droit à la prestigieuse université Harvard.

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Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il avait d’abord été déployé sur les champs de bataille en Europe avant d’être chargé de réunir des preuves des crimes nazis.

Dans un ouvrage publié en 1988, il expliquait avoir été marqué à jamais par la libération des camps de la mort. « Je ne pourrai jamais oublier la vision mortelle des fours crématoires (..) et les corps émaciés empilés comme du bois de chauffage », écrivait-il notamment.

Une photo de la salle du tribunal de Nuremberg datant du mois de novembre 1945 où Hersch Lauterpacht a apporté sa contribution au dossier contre le nazi Hans Frank. (Autorisation)

A son retour à la vie civile, il avait été recruté pour travailler dans l’équipe des procureurs américains à Nuremberg, une ville de Bavière où les alliés ont jugé, au cours de 13 procès, les crimes nazis, posant les jalons d’un système de justice pénale internationale.

Il avait ensuite travaillé en Europe sur des programmes de réparation pour les victimes des persécutions nazies.

Dans cette photo d’archives prise le 9 avril 2018, Benjamin Ferencz, procureur aux procès de Nuremberg, prend la parole lors de la cérémonie annuelle des Journées du souvenir en l’honneur des victimes de la Shoah et de la persécution nazie organisée par le US Holocaust Memorial Museum au Capitole, à Washington, DC. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

De retour aux Etats-Unis, il s’était consacré à la pratique privée du droit. Perturbé par la guerre au Vietnam, il s’en était peu à peu désengagé dans les années 70 pour écrire et militer en faveur de l’établissement d’une cour pénale internationale.

Plus discret ces dernières années, il avait accordé une rare interview en mai à la chaîne CBS, dans laquelle il avait déclaré que le président Vladimir Poutine était « un criminel de guerre » et que la Russie devrait être jugée par la justice internationale pour « agression » de l’Ukraine.

Des membres de la conférence sur les Revendications matérielles juives au Luxembourg pour la signature d’un Accord de réparation entre la République fédérale d’Allemagne, l’Etat d’Israël et la Conférence sur les Revendications matérielles juives en 1952. Parmi les personnes sur la photo, il y a Benjamin Ferencz (deuxième rang en partant du bas, deuxième position de la gauche). (Ben Ferencz/USHMM)

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