Bennett veut l’appui de la coalition pour expulser des familles de terroristes
Rechercher

Bennett veut l’appui de la coalition pour expulser des familles de terroristes

Le chef de HaBayit HaYehudi compte sur le soutien gouvernemental pour une loi prévoyant de réinstaller par la force les proches des terroristes dans d'autres zones de Cisjordanie

Le ministre de l'Education et chef du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett lors d'une réunion hebdomadaire de sa faction à la Knesset, le 15 janvier 2017 (Crédit :  Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de l'Education et chef du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett lors d'une réunion hebdomadaire de sa faction à la Knesset, le 15 janvier 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre de l’Education Naftali Bennett a annoncé jeudi qu’il demandera le soutien de la coalition à un nouveau projet de loi visant à expulser les familles de terroristes palestiniens de leurs habitations pour les reloger dans d’autres secteurs de la Cisjordanie.

Bennett, à la tête du parti nationaliste HaBayit HaYehudi, a fait cette communication suite à une série d’attentats terroristes, cette semaine, qui a tué deux militaires israéliens. Ainsi, un bébé est mort après une naissance prématurée, sa mère ayant été grièvement blessée dans une fusillade qui a fait part ailleurs neuf autres victimes israéliennes.

La puissante commission des Lois se réunira dimanche et Bennett a fait savoir qu’il présenterait le texte au vote dans l’attente d’un plein soutien gouvernemental.

« Jusqu’à présent, sous la pression des responsables juridiques, le Premier ministre nous a demandé de reporter le vote », a-t-il écrit.

« J’ai dorénavant décidé de présenter ce dossier au vote. Je compte sur le soutien plein et entier du Premier ministre et des autres ministres en ce qui concerne ce texte ».

Les forces de sécurité israéliennes et des experts médico-légaux inspectent le lieu d’un attentat terroriste à l’extérieur de l’avant-poste de l’implantation Givat Asaf, au nord-est de Ramallah, le 13 décembre 2018. (Ahmad Gharabli/AFP)

Selon la législation proposée par Bennett et Moti Yogev, député du parti HaBayit HaYehudi, le commandement central de l’armée israélienne sera autorisé à expulser les proches des agresseurs palestiniens de leurs villes natales vers d’autres secteurs de Cisjordanie.

Le texte d’explication accompagnant le projet de loi affirme que la force de dissuasion israélienne est « la pierre d’achoppement de la sécurité israélienne et le moyen de sauver des vies et d’assurer le respect de la loi et de l’ordre ».

Jeudi après-midi, un terroriste palestinien a ouvert le feu sur un arrêt de bus situé à proximité de l’avant-poste de Givat Assaf, tuant deux soldats. Un troisième a été grièvement blessé ainsi qu’une civile israélienne. L’homme a pris la fuite.

Selon l’armée, les soldats décédés s’appelaient Yovel Mor Yosef, un sergent âgé de 20 ans, et Yosef Cohen, lui aussi sergent, âgé seulement de 19 ans.

Une photo montage montre le sergent Yosef Cohen (G) et le sergent d’état-major Yovel Mor Yosef de la Brigade Kfir de l’Armée israélienne. Les deux jeunes hommes ont été tués le 13 décembre 2018 lors d’un attentat terroriste à l’extérieur de l’avant-poste de Givat Assaf, dans le centre de la Cisjordanie. (Armée israélienne)

La fusillade a eu lieu sur la route 60, à environ deux kilomètres d’Ofra où, dimanche, un certain nombre de terroristes à bord d’une voiture blanche ont ouvert le feu sur un groupe de personnes qui se tenaient à un arrêt de bus, touchant sept d’entre eux. Une femme enceinte a été grièvement blessée et son enfant-né lors d’une intervention par césarienne d’urgence – est décédé suite à l’attaque.

Jeudi également, la police des frontières a tué par balles un Palestinien qui avait poignardé deux militaires, les touchant légèrement, dans la Vieille Ville de Jérusalem.

L’armée a noté qu’un autre Palestinien avait tenté de lancer son véhicule en direction d’un groupe de soldats, aux abords de Ramallah, même si les responsables de la Défense ont indiqué à la Dixième chaîne qu’il ne s’agissait peut-être pas d’un attentat. Le conducteur palestinien a été tué par balles par les troupes israéliennes.

Bennett avait tenté de présenter à un vote de la commission le même texte portant sur les expulsions au mois de novembre mais le projet avait été écarté.

« Le terroriste palestinien doit comprendre que la violence ne paie pas et que l’Etat d’Israël saura régler ses comptes », avait expliqué Bennett à ce moment-là. « Expulser les familles dans un autre secteur améliora la force de dissuasion et transmettra au public palestinien le message suivant : Zéro tolérance pour le terrorisme ».

Ce projet de loi survient quelques années après une tentative gouvernementale de faire avancer un projet de législation qui prévoyait d’expulser les familles de terroristes dans la bande de Gaza. Soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la proposition, en 2016, avait été largement appuyée au sein de la coalition, notamment par le chef du parti Koulanou Moshe Kahlon, ainsi que par le chef de la formation Yesh Atid, Yair Lapid.

Le procureur-général Avichai Mandelblit avait néanmoins estimé que cette initiative contreviendrait aux lois israélienne et internationale, et le texte avait été abandonné.

L’habitation d’un Palestinien qui avait tué un soldat israélien est cartographié pour la démolition au camp de réfugiés al-Amari en Cisjordanie, le 2 octobre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Un certain nombre de mesures utilisées par Israël en termes de dissuasion – démolition de maisons, fermeture des villages et villes natales des terroristes et révocation de permis – ont été critiquées, considérées comme des formes de sanctions collectives.

Selon l’Etat juif, ces initiatives sont malgré tout nécessaires pour contrer les incitations à la violence.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, répondant jeudi aux attentats, a ordonné une série de mesures sécuritaires, notamment la démolition des maisons des terroristes en seulement 48 heures à partir de la prise de décision d’appliquer la sanction, réduisant de fait le temps alloué aux résidents de l’habitation pour faire appel de ces destructions prévues.

Dans le passé, les habitants avaient au moins une semaine pour réclamer la reprise en compte de cette sanction punitive devant un tribunal israélien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...