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Biden impose de nouvelles conditions sine qua non à l’aide militaire américaine

Alors que des voix s'élèvent pour limiter le soutien à Israël, le mémo du président américain exige que les bénéficiaires donnent des "assurances écrites crédibles et fiables" et qu'ils respectent le droit international

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Joe Biden répondant à des questions sur Israël après avoir parlé du "Special Counsel report", à la Maison Blanche, à Washington, le 8 février 2024. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Joe Biden répondant à des questions sur Israël après avoir parlé du "Special Counsel report", à la Maison Blanche, à Washington, le 8 février 2024. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le président américain Joe Biden a publié jeudi un mémorandum exigeant que les alliés qui reçoivent une aide militaire des États-Unis fournissent des « assurances écrites crédibles et fiables » de leur adhésion au droit international, dont celui relatif aux droits de l’Homme.

Pour la première fois, la nouvelle politique exige également que le Département d’État et le Département de la Défense publient des rapports périodiques indiquant si les alliés se conforment à ces exigences.

Les départements et agences des États-Unis « s’engageront avec leurs partenaires étrangers à partager et à assimiler les meilleures méthodes pour réduire la probabilité de pertes civiles et y répondre, notamment par le biais d’une formation et d’une assistance appropriées », indique le mémo.

« Afin de mettre en œuvre efficacement certaines obligations en vertu de la loi américaine, les États-Unis se doivent de bien comprendre de quelle manière les partenaires étrangers adhèrent au droit international, et notamment, le cas échéant, au droit international des droits de l’Homme et au droit international humanitaire. »

Les pays recevant une aide militaire des États-Unis disposeront de 180 jours pour fournir les assurances requises, selon le document, mais ceux qui, comme Israël, sont engagés dans des conflits actifs ne disposeront que de 45 jours.

Le mémo ne précise pas quels pays seraient soumis à cette nouvelle norme, mais il survient alors que de plus en plus d’appels sont lancés aux États-Unis pour conditionner l’aide à Israël en raison des inquiétudes suscitées par ses opérations militaires à Gaza, déclenchées par les attaques du 7 octobre, au cours desquelles les terroristes du Hamas ont assassiné près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en ont kidnappé 253, dont le plus jeune a un an.

Des militants anti-guerre manifestant devant le bureau du sénateur Cory Booker, dans le Hart Senate Office Building, alors que la Chambre, contrôlée par les Républicains, a approuvé un programme d’aide militaire partisan de 14,5 milliards de dollars pour Israël, au Capitole, à Washington, le 3 novembre 2023. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP Photo)

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a précisé jeudi que le mémo « est en partie le fruit de nos discussions avec des membres du Congrès », confirmant ainsi que cette mesure résulte de la pression exercée par des législateurs progressistes qui exigent que l’aide à Israël soit soumise à des conditions, craignant que des armes américaines ne soient utilisées pour tuer des civils dans la bande de Gaza.

À la question de savoir si l’aide à Israël serait immédiatement interrompue si Jérusalem ne fournissait pas de garanties écrites dans les 45 jours, comme le prévoit le mémorandum, Jean-Pierre a répondu qu’Israël avait été informé de la nouvelle politique et qu’il avait « réaffirmé sa volonté de fournir ce type de garanties ».

Les bénéficiaires de l’aide américaine à la sécurité sont déjà tenus de garantir que les armes ne sont pas utilisées pour commettre des violations des droits de l’Homme.

Le mémo a été critiqué par l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) vendredi, qui l’a qualifié de « directive inutile qui impose de nouvelles exigences à Israël et à nos autres alliés les plus importants ».

Le vice-président américain de l’époque, Joe Biden, sur de grands écrans vidéo alors qu’il s’adresse à la conférence politique de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), à Washington, le 20 mars 2016. (Crédit : Cliff Owen/AP)

« Alors qu’Israël poursuit sa bataille contre le [groupe terroriste palestinien du] Hamas, le [groupe terroriste chiite libanais du] Hezbollah et d’autres mandataires iraniens, nous devrions nous concentrer sur le soutien à notre allié », a déclaré l’AIPAC.

« Israël possède une armée morale qui se bat sur un champ de bataille urbain complexe et sans précédent, dans le respect du droit international. Il affronte un groupe terroriste qui utilise délibérément et de manière méprisable des Palestiniens innocents comme boucliers humains, se cache parmi et sous les civils, et continue de détenir 136 otages, dont huit Américains », a ajouté le groupe de pression pro-Israël.

La Maison Blanche n’a pas caché son mécontentement à l’égard d’Israël en ce qui concerne les victimes civiles à Gaza et la situation humanitaire qui y règne depuis le début de la guerre. Toutefois, elle a récemment adopté un ton plus sévère, la note ayant été publiée peu après que Biden a déclaré, lors d’une conférence, que la conduite d’Israël dans la bande de Gaza avait été « excessive« . Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Tel Aviv, Blinken a déclaré qu’Israël ne devait pas « déshumaniser » les Palestiniens comme le Hamas l’a fait à l’égard des Israéliens le 7 octobre.

Plus de 28 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal dit avoir éliminé 10 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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