Blinken annonce le retour des USA au Conseil des droits de l’Homme « imparfait »
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Blinken annonce le retour des USA au Conseil des droits de l’Homme « imparfait »

Trump s'était retiré du Conseil en 2018 en raison de l'attention disproportionnée portée à Israël, qui a reçu de loin le plus grand nombre de résolutions critiques du Conseil

Le secrétaire d'État Antony Blinken s'exprime au Département d'État, le 4 février 2021, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)
Le secrétaire d'État Antony Blinken s'exprime au Département d'État, le 4 février 2021, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a annoncé lundi le retour de l’administration Biden au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, revenant ainsi sur la décision de l’ancien président Donald Trump.

« Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies est imparfait et doit être réformé, mais s’en écarter ne changera rien. La meilleure façon d’améliorer le Conseil, afin qu’il puisse réaliser son potentiel, est de faire appel à un leadership américain solide et fondé sur des principes. Sous la direction du président Biden, nous nous sommes réengagés et sommes prêts à diriger », tweete Blinken.

« Nous savons que le Conseil des droits de l’homme est un organe plein de défauts, qui a besoin de réformer son programme, ses membres, et ses priorités, y compris l’attention disproportionnée qu’il porte à Israel », a souligné M. Blinken.

« Pour être en mesure de s’attaquer aux insuffisances du Conseil et s’assurer qu’il remplit son mandat, les Etats-Unis doivent être présents à la table et faire usage de tout le poids de notre rôle de fer de lance en matière de diplomatie », a souligné M. Blinken, marquant ainsi la rupture avec une administration Trump qui avait choisi plus souvent qu’à son tour la politique de la chaise vide.

« Nous le faisons parce que nous savons que le moyen le plus efficace de réformer et d’améliorer le Conseil est de travailler avec lui sur le plan des principes », avait expliqué plus tôt le chargé d’affaires américain Mark Cassayre, dans un message préenregistré diffusé lors d’une réunion du Conseil par visioconférence.

« Quand il fonctionne comme il se doit, le Conseil des droits de l’homme met en exergue les pays qui ont le pire bilan en matière des droits de l’homme et il peut être un forum important pour ceux qui combattent l’injustice et la tyrannie », a encore souligné M. Blinken.

Les Etats-Unis vont donc recommencer à jouer leur rôle avec leur statut d’observateur « et aura l’opportunité dans ce rôle de s’adresser au conseil, de participer à des négociations et de s’allier à d’autres pour introduire des résolutions », a précisé le chef de la diplomatie.

« Nous somme totalement convaincus que quand les Etats-Unis s’impliquent de manière constructive dans les travaux du conseil, avec nos alliés et nos amis, des changements positifs sont à portée de main, a-t-il ajouté.

Trump s’est retiré du Conseil en 2018 en raison de l’attention disproportionnée portée à Israël, qui a reçu de loin le plus grand nombre de résolutions critiques de la part du Conseil que tout autre pays, et parce qu’il n’a pas répondu à une longue liste de réformes exigées par l’ambassadeur américain aux Nations unies de l’époque, Nikki Haley.

Le chargé d’affaires américain à Genève, Mark Cassayre, avait déclaré précédemment lors d’une réunion du principal organe des droits de l’homme des Nations unies que les États-Unis reviendraient en tant qu’observateur. Les diplomates américains affirment que cette mesure s’inscrit dans la perspective d’une élection en tant que membre à part entière.

« L’administration Biden croit en une politique étrangère centrée sur la démocratie, les droits de l’homme et l’égalité », a déclaré Cassayre lors d’une réunion d’organisation du conseil. « L’utilisation efficace des outils multilatéraux est un élément important de cette vision ».

Cette décision va probablement susciter des critiques de la part des législateurs conservateurs et de nombreux membres de la communauté pro-israélienne, qui ont tourné le conseil en dérision et se sont fait l’écho des plaintes de l’administration Trump, qui a estimé qu’elle était trop prompte à ignorer les abus des régimes et gouvernements autocratiques – et même à les accepter en tant que membres.

Le Conseil des droits de l’homme, basé à Genève, est « chargé de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde » et il a aussi pour mission de faire face « à des situations de violations des droits de l’homme et de formuler des recommandations à leur sujet ».

Le Conseil est composé de 47 Etats Membres – dont certains sont régulièrement dénoncés pour leurs atteintes aux droits de l’homme – qui sont élus par l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’administration Trump avait annoncé avec fracas en juin 2018, qu’elle quittait le Conseil.

« Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d’une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie », avait accusé Nikki Haley, qui était alors ambassadrice à l’ONU à New York, flanquée du secrétaire d’Etat de l’époque Mike Pompeo.

Elle avait accusé le Conseil de protéger, « les auteurs de violations des droits de l’homme » et de constituer « un cloaque de partis pris politiques ».

Si les Etats-Unis avaient insisté sur le fait qu’ils resteraient un héraut des droits de l’homme dans le monde, cette décision avait montré un peu plus la défiance de Donald Trump envers les organismes multilatéraux.

Son mandat a aussi été marqué par la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le départ amorcé de l’Organisation mondiale de la santé, ou encore sa stratégie de paralysie de l’Organisation mondiale du commerce.

La nouvelle administration du président Joe Biden avait dès son premier jour annoncé le retour des Etats-Unis dans les accords sur le climat et au sein de l’OMS.

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