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Blinken s’est entretenu avec un ministre saoudien juste après le Sommet du Neguev

Le département d'État affirme que le programme nucléaire iranien et le Yémen ont été abordés ; selon la presse saoudienne, ils ont parlé de coopération sécuritaire régionale

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al Saud, arrivent pour parler aux journalistes au département d'État à Washington, DC, le jeudi 14 octobre 2021. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool via AP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al Saud, arrivent pour parler aux journalistes au département d'État à Washington, DC, le jeudi 14 octobre 2021. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool via AP)

Quelques heures après avoir participé à un sommet en Israël avec les ministres des Affaires étrangères de quatre États arabes lundi, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a appelé un autre ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan d’Arabie saoudite.

Au cours de l’appel, Blinken et Faisal ont « discuté du défi posé par le programme nucléaire iranien et de la nécessité d’un consensus international fort soutenant la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ainsi que de la nécessité d’imputer au président Poutine la responsabilité de cette guerre non provoquée et illégale », peut-on lire dans un compte rendu de l’appel.

Blinken a également condamné la récente attaque terroriste des Houthis contre l’Arabie saoudite et a discuté d’une proposition de l’ONU en faveur d’une trêve pendant le Ramadan au Yémen, ainsi que d’efforts plus larges pour parvenir à une paix compréhensive au conflit.

« Le secrétaire a réitéré l’engagement des États-Unis à renforcer les défenses de l’Arabie saoudite contre les menaces dans la région et a souligné l’importance de protéger les civils au Yémen », a déclaré le département d’État.

Selon l’agence de presse officielle saoudienne, les deux hommes ont discuté des relations stratégiques et des moyens de les renforcer dans l’intérêt des deux pays.

Ils ont également échangé leurs points de vue sur des questions régionales et internationales importantes, notamment le renforcement de la sécurité et de la stabilité au Moyen-Orient et les efforts déployés par les deux pays pour instaurer la paix dans la région, indique le compte-rendu.

Plus tôt dans la journée, les ministres des Affaires étrangères d’Israël, d’Égypte, de Bahreïn, du Maroc, des Émirats arabes unis ainsi que le secrétaire d’État Blinken ont clôturé le sommet du Neguev, qui s’est tenu dans la ville de Sde Boker, dans le sud d’Israël.

Ce sommet a rassemblé les trois pays arabes qui ont signé les accords de normalisation avec Israël sous l’égide des États-Unis, connus sous le nom des accords d’Abraham en 2020, ainsi que l’Égypte, qui a été le premier pays à signer un accord de paix avec Israël en 1979. La Jordanie, deuxième pays arabe à avoir signé un accord de paix avec l’État juif, a décliné l’invitation à participer au Sommet.

Ce rassemblement sans précédent a été largement perçu comme une tentative d’Israël et de ses alliés arabes de créer un front contre l’ennemi régional commun qu’est l’Iran. Des responsables israéliens ont déclaré aux journalistes présents sur place que les discussions portaient, entre autres, sur la création d’une « architecture de sécurité régionale ».

Bien que l’Arabie saoudite n’ait pas pris part publiquement à la conférence – Riyad entretient des liens clandestins avec Jérusalem, mais pas de relations ouvertes – elle a été fortement impliquée en coulisses, car les sujets à l’ordre du jour représentent également les intérêts du royaume, selon un reportage réalisé samedi par la Treizième chaîne.

Clôture du Sommet du Neguev, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid al-Zayani, à gauche, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, à Sde Boker, en Israël, lundi 28 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

Les discussions de lundi matin au sommet ont porté directement sur les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays réunis à Sde Boker, a déclaré à la presse un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, Oded Yosef.

Ces défis comprennent ceux posés par l’Iran et ses mandataires armés, a-t-il précisé.

« La conversation a été très ouverte et honnête sur des problèmes réels et sur la manière dont nous y faisons face ensemble », a-t-il poursuivi.

Selon Yosef, « l’architecture de sécurité régionale » discutée lors du sommet comprendrait « la lutte contre les menaces de l’Iran et de ses mandataires » et comporterait « une présence américaine significative ».

Au début du mois, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a déclaré qu’Israël pourrait être un « allié potentiel » de Riyad.

« Nous ne considérons pas Israël comme un ennemi, nous le considérons comme un allié potentiel, avec de nombreux intérêts que nous pouvons poursuivre ensemble », a déclaré le dirigeant de facto de l’Arabie saoudite au mensuel américain The Atlantic, selon des propos repris par l’agence de presse saoudienne.

« Pour nous, nous espérons que le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens soit résolu », a déclaré le prince, selon des propos rapportés par l’agence officielle Saudi Press Agency.

Sur cette photo du 22 novembre 2020, le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane assiste à un sommet virtuel du G-20 organisé par vidéoconférence, à Riyad, en Arabie saoudite. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP, Fichier)

Malgré l’absence de relations ouvertes, les deux nations semblent entretenir des liens étroits et secrets, notamment en ce qui concerne les efforts visant à bloquer l’Iran. En novembre 2020, des informations selon lesquelles le Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahu, aurait effectué une visite secrète en Arabie saoudite avaient déjà suscité de nombreuses spéculations.

Le royaume nie qu’une rencontre ait eu lieu avec le prince Mohammed.

Les alliés des États-Unis au Moyen-Orient se méfient du nouvel accord entre l’Iran et les puissances mondiales, qui vise à relancer l’accord nucléaire de 2015 moribond suite au retrait de Washington en 2018.

L’accord sur le nucléaire, officiellement appelé Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) a accordé un allègement des sanctions à l’Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire pour l’empêcher de fabriquer des armes atomiques.

Après que l’administration Trump s’est retirée et a frappé l’Iran de sanctions paralysantes, Téhéran avait abandonné nombre de ses propres engagements et accéléré son programme, suscitant des inquiétudes concernant la possibilité qu’il atteigne le seuil de production d’une arme nucléaire.

Des pourparlers parrainés par l’Europe à Vienne entre l’Iran et les parties restantes du JCPOA, à savoir la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne, seraient sur le point de finaliser un nouvel accord. Les États-Unis participent indirectement aux discussions par l’intermédiaire de médiateurs.

Lazar Berman et Aaron Boxerman ont contribué à cet article.

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