Bnei Brak : Scandale après un graffiti traitant le président de “nazi”
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Bnei Brak : Scandale après un graffiti traitant le président de “nazi”

L’opposition accuse les ministres critiques vis-à-vis du discours de Rivlin d’avoir incité à la haine, alors que les graffiti semblent faire référence à sa visite d’une école ultra-orthodoxe en août

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le président Reuven Rivlin en visite dans l'école Boston Talmud Torah de Bnei Brak pour la rentrée scolaire, le 23 août 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin en visite dans l'école Boston Talmud Torah de Bnei Brak pour la rentrée scolaire, le 23 août 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Un graffiti qualifiant le président Reuven Rivlin de « nazi » a été taggué pendant la nuit de mardi à mercredi à Bnei Brak, dans le centre du pays, apparemment pour protester contre sa visite d’une école élémentaire ultra-orthodoxe au début de l’année scolaire, il y a deux mois.

Le slogan en hébreu retrouvé sur les murs d’une école de la ville ultra-orthodoxe affirmait que « Rivlin est un apostat nazi ». Un autre semblait faire référence à la visite de Rivlin à l’école.

La police a ouvert une enquête sur l’incident.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé le graffiti, affirmant dans un communiqué publié mercredi que « ce genre de slogans ne mérite que la condamnation et n’a pas sa place dans le discours public en Israël. »

Selon le site d’information ultra-orthodoxe Kikar HaShabat, les slogans protestaient contre la visite que Rivlin a rendue à l’école Boston Talmud Torah, un institut ultra-orthodoxe. Une partie de cette communauté rejette l’Etat laïc d’Israël et ses officiels. La visite de Rivlin fin août, qui s’est déroulée sans incident, était ainsi inhabituelle.

Les députés ont rapidement affirmé que ce graffiti était dû aux réponses sévères des responsables de la droite après le discours prononcé par Rivlin lundi. Pour l’ouverture de la session hivernale de la Knesset, le président avait vivement critiqué les politiciens qui sapent le système judiciaire en tentant de limiter le pouvoir de la Cour suprême.

Le discours de Rivlin a été critiqué par certains députés, notamment par Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports (Likud), qui a dénoncé le discours « désobligeant » et « non démocratique » du président.

Yuli Edelstein, le président de la Knesset, a répondu mercredi au graffiti, écrivant sur Twitter qu’il « condamne fermement l’attaque contre le président. »

« Chacun doit condamner de tels actes et agir contre l’incitation [à la haine] d’une main ferme et sans merci », a-t-il écrit.

Tzipi Hotovely, la vice-ministre des Affaires étrangères, a elle aussi réagi sur Twitter, écrivant qu’elle était « choquée par le slogan haineux contre le président Rivlin, et condamne ceux qui l’ont écrit. Nous devons éliminer ceux qui, parmi nous, incitent à nuire aux responsables élus, de gauche comme de droite. »

Yair Lapid, député de Yesh Atid, à la Knesset lors d'une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Yair Lapid, député de Yesh Atid, à la Knesset lors d’une session extraordinaire le 18 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Yair Lapid, le président du parti d’opposition Yesh Atid, a accusé les détracteurs de Rivlin d’avoir motivé le vandalisme, faisant apparemment référence à Regev, qui critiquait à nouveau le président mardi à la radio.

« A toux ceux qui ont incité [à la haine] contre le président hier [mardi] et sont ‘choqués’ aujourd’hui par les slogans haineux à son encontre : que pensiez-vous qu’il se passerait ? », a écrit Lapid.

Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste, a elle aussi placé la responsabilité sur ceux qui ont critiqué le président.

« Le graffiti contre le président a été écrit avec l’encre des discours furieux et incitant [à la haine] contre lui. Assez de cela ! », a-t-elle écrit sur Twitter.

Isaac Herzog, le chef de l’opposition, a souligné la responsabilité de Netanyahu qui a qualifié l’opposition et les médias de « grincheux » (littéralement « cornichon » en hébreu) dans son discours de lundi devant la Knesset.

« Et voilà : il y a deux jours j’ai dit que bientôt l’on traiterait le président Rivlin de traître, a dit Herzog. Nous commençons avec les cornichons, et rapidement nous arrivons aux apostats nazis. »

La présidence a demandé aux services de sécurité d’étudier les réponses menaçantes publiées sur les réseaux sociaux après le discours de Rivlin, a annoncé la Deuxième chaîne.

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