Budget de la Défense : Bennett, Gantz, Liberman s’accordent sur 58 MDS pour 2022
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Budget de la Défense : Bennett, Gantz, Liberman s’accordent sur 58 MDS pour 2022

La somme comprend environ 7 milliards de shekels pour le réarmement, avec un œil sur l'Iran, et 750 millions de shekels pour les défenses civiles

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

(De gauche à droite) Benny Gantz, Yair Lapid, Naftali Bennett, Gideon Saar et Merav Michaeli après l'approbation de leur nouvelle coalition à la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)
(De gauche à droite) Benny Gantz, Yair Lapid, Naftali Bennett, Gideon Saar et Merav Michaeli après l'approbation de leur nouvelle coalition à la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Le Premier ministre, le ministre de la Défense et le ministre des Finances se sont mis d’accord mercredi sur un budget de défense de 58 milliards de shekels pour 2022, ont indiqué leurs bureaux dans un communiqué commun.

Ce budget comprendra une augmentation substantielle – environ 7 milliards de shekels, selon le radiodiffuseur public Kan – pour « le réarmement et le renforcement des Forces de défense israéliennes » afin de préparer l’armée à une éventuelle attaque contre l’Iran, selon le communiqué.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a salué l’accord sur le budget de la défense, déclarant qu’il « nous a permis – avant tout – de préserver notre avantage défensif face aux menaces croissantes, de garantir les intérêts de l’État d’Israël et de tous les autres ministères, et de permettre à l’armée israélienne de mettre en œuvre le « plan Momentum » pluriannuel, en référence au plan quinquennal global de l’armée.

Le ministère de la Défense et l’armée fonctionnent sans budget approprié depuis deux ans, le gouvernement n’ayant pas réussi à adopter un budget national pour 2020 et 2021. Le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, a été accusé d’avoir délibérément refusé d’adopter un budget l’année dernière afin de faire tomber son gouvernement de partage du pouvoir et d’éviter de céder le poste de Premier ministre à Gantz, comme cela avait été convenu.

Au lieu d’un véritable budget, l’armée a fonctionné sur la base de son budget 2019 de 55,3 milliards de shekels, avec des augmentations ponctuelles occasionnelles. Les responsables du ministère de la Défense ont averti que sans un budget fixe, l’armée ne serait pas en mesure de planifier et d’acheter correctement les équipements dont elle a besoin.

« L’absence d’un accord pluriannuel sur le budget de la défense… a un impact négatif sur la capacité de Tsahal à mettre en œuvre des plans pluriannuels d’achat et d’équipement, sur sa capacité à signer des contrats pluriannuels avec les fournisseurs et à mettre en œuvre des réformes pour promouvoir l’efficacité », ont écrit Shmuel Even et Sasson Hadad du groupe de réflexion Institute for National Security Studies dans une analyse plus tôt cette année.

Les avions de chasse du deuxième escadron de F-35 de l’armée de l’air, les Lions of the South (Les Lions du sud), survolent le sud d’Israël, en janvier 2020. (Crédit : Porte-parole de Tsahal)

Le gouvernement formé le mois dernier doit adopter un budget pour 2022 d’ici novembre, sinon il sera automatiquement dissous, ce qui obligera le pays à organiser de nouvelles élections, qui seraient les cinquièmes depuis avril 2019.

« Lors d’une réunion hier, le Premier ministre Naftali Bennett, le ministre des Finances Avigdor Liberman et le ministre de la Défense Benny Gantz se sont mis d’accord sur un budget pour l’établissement de la défense dans le cadre du projet de loi budgétaire qui est en train de se mettre en place », ont déclaré les ministres dans leur communiqué commun.

L’armée et le ministère de la Défense ont demandé des augmentations significatives dans le budget proposé, en faisant valoir que les fonds étaient nécessaires pour améliorer les capacités de l’armée, après des années de rationalisation et de réductions. Le shekel s’étant renforcé par rapport au dollar américain au cours de l’année écoulée, la valeur des 3,8 milliards de dollars d’aide militaire américaine qu’Israël reçoit chaque année – dont environ un quart peut être dépensé en Israël – a également diminué.

Les opposants à une augmentation du budget de la défense font remarquer qu’avec la pandémie de coronavirus en cours, il serait plus judicieux de dépenser cet argent pour améliorer les systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale du pays, qui ont été mis à rude épreuve l’année dernière.

Le gouvernement n’a pas encore précisé comment le budget proposé de 58 milliards de shekels serait réparti, mais il a indiqué qu’il incluait 750 millions de shekels pour améliorer les défenses civiles, pour les réformes du ministère de la Défense concernant les soins aux vétérans et pour le financement du programme « De l’uniforme à l’université », qui couvre la plupart des frais de scolarité des soldats récemment démobilisés.

Selon le quotidien Israel Hayom, Liberman a demandé que l’armée consacre une partie du budget aux missiles surface-surface de précision, un projet qu’il a défendu lorsqu’il était ministre de la Défense.

Au début du mois, le radiodiffuseur public Kan a rapporté que l’armée avait demandé une augmentation du budget de 9 milliards de shekels afin de se préparer à une éventuelle frappe militaire sur les installations nucléaires de l’Iran. L’ancien Premier ministre Ehud Olmert a révélé en 2013 que le gouvernement avait investi quelque 11 milliards de shekels dans la préparation d’une telle attaque en 2011-2012, selon Even et Hadad.

Des sources anonymes de l’establishment de la sécurité ont déclaré à la Douzième chaîne que Netanyahu n’avait pas alloué de fonds pour l’élaboration d’une frappe militaire ces dernières années, ce qui pourrait être nécessaire dans les mois à venir si Israël veut attaquer l’Iran avant qu’il n’atteigne la capacité de percée nucléaire.

De telles opérations nécessitent une préparation importante, et les responsables de la défense ont déclaré à la Douzième chaîne qu’ils craignaient que le retard dans la planification ne conduise à un scénario dans lequel Israël « agiterait un pistolet sans aucune balle ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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