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Cancer du cerveau: Des Israéliens découvrent des cellules immunitaires traîtres

Des globules blancs combattent d'abord le cancer du cerveau, puis "changent de camp" et l'aident à se développer

Illustration en 3D des cellules immunitaires neutrophiles (Crédit : iStock via Getty Images)
Illustration en 3D des cellules immunitaires neutrophiles (Crédit : iStock via Getty Images)

Des scientifiques israéliens ont découvert que certaines cellules immunitaires qui combattent le cancer, « changent de camp » pour protéger la tumeur. Cette découverte pourrait améliorer l’efficacité des traitements contre l’un des types de cancer du cerveau les plus courants et les plus mortels.

Les chercheurs de l’université de Tel Aviv ont découvert que les globules blancs « renégats » – les neutrophiles, connus pour leur capacité à tuer les bactéries et les champignons – luttent avec acharnement contre le glioblastome, mais changent ensuite de comportement et finissent par favoriser sa croissance.

Le glioblastome, le type de cancer du cerveau le plus courant, est l’un des plus mortels, l’espérance de vie moyenne des patients se situant entre 12 et 15 mois à partir du moment où il a été détecté.

« Ces cellules immunitaires sont initialement comme une armée qui tue les cellules tumorales et recrute d’autres cellules immunitaires, comme les lymphocytes T, pour participer à la lutte contre le cancer », a déclaré la chercheuse principale, le Dr Dinorah Friedmann-Morvinski, au Times of Israel.

« Puis, dans de nombreux cas, elles commencent à garder la tumeur et à empêcher les autres cellules immunitaires de l’atteindre – protégeant essentiellement la tumeur et la laissant se développer davantage. »

« Qui plus est, elles sécrètent des protéines qui favorisent en fait le développement de la tumeur. Donc, en résumé, les cellules qui sont d’abord mobilisées par la tumeur elle-même, en tant qu’anti-cancéreuses, deviennent pro-cancéreuses. En conséquence, elles aggravent les dommages que la tumeur elle-même crée », a-t-elle déclaré.

Les scientifiques ont fait leur découverte en observant des souris génétiquement modifiées atteintes de glioblastome. Ils ont ensuite vérifié l’hypothèse en analysant les données de séquençage de centaines de patients atteints de glioblastome, ce qui leur a permis de se faire une idée de l’évolution du cancer chez chaque patient.

Selon Mme Friedmann-Morvinski, ces travaux, publiés dans la revue Cell Reports, devraient permettre d’améliorer l’efficacité des traitements du glioblastome.

Image d’illustration : une IRM du cerveau montrant un cancer du cerveau (Crédit : iStock via Getty Images)

Friedmann-Morvinski a déclaré que maintenant que l’on sait que les cellules agissent comme des « agents doubles », il est possible de mettre au point des médicaments qui soit bloquent complètement leur impact, soit ne les bloquent qu’une fois qu’elles ont cessé d’attaquer la tumeur, soit encore empêchent leur « défection » et les poussent à continuer de cibler la tumeur.

Son équipe, qui comprend la doctorante Prerna Magod, travaille déjà à la mise au point de tels médicaments.

Si nous réussissons, nous pensons que nous serons en mesure de maintenir ces cellules du « bon côté », a déclaré Mme Friedmann-Morvinski.

« Cela augmentera les chances que l’immunothérapie fonctionne sans que les cellules ne contrecarrent son impact. À ce titre, notre découverte et notre effort pour identifier des médicaments sont importants. »

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