Rechercher

Certains Palestiniens autorisés à aller à Al-Aqsa malgré l’état d’alerte maximal

Malgré la série d'attentats, des assouplissement ciblé ont été accordés ; Gantz à Abbas: Israël est prêt à d’autres « mesures civiles » pour autant que le calme persiste

Des Palestiniens traversent le poste de contrôle de Qalandiya entre la ville de Ramallah en Cisjordanie et Jérusalem pour assister aux premières prières du vendredi à la mosquée al-Aqsa de Jérusalem, pendant le mois sacré musulman du Ramadan, le 10 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)
Des Palestiniens traversent le poste de contrôle de Qalandiya entre la ville de Ramallah en Cisjordanie et Jérusalem pour assister aux premières prières du vendredi à la mosquée al-Aqsa de Jérusalem, pendant le mois sacré musulman du Ramadan, le 10 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Le ministère de la Défense a annoncé, mardi, que certaines restrictions de circulation imposées aux Palestiniens de Cisjordanie seraient assouplies pour le mois sacré du Ramadan. La récente vague d’attentats terroristes avait, l’espace d’un instant, laissé planer le doute sur une possible annulation de ce geste.

Les femmes, enfants et quelques hommes de Cisjordanie pourront entrer librement en Israël pour la prière du vendredi à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem à l’occasion de Ramadan.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d’un appel téléphonique mardi soir, que les mesures pourraient être étendues si la vague terroriste prenait fin.

« J’ai indiqué à [Abbas] qu’Israël était prêt à étendre ses mesures civiles pendant et après le mois de Ramadan, en fonction de la situation sécuritaire », a précisé Gantz dans un communiqué.

Ces dernières semaines, une série d’attentats terroristes meurtriers a ébranlé les Israéliens. Les responsables craignent que les tensions ne s’intensifient encore pendant le Ramadan et Pessah, qui coïncident cette année. Onze personnes avaient été tuées en Israël dans trois attentats terroristes, en l’espace d’une seule semaine à la fin du mois de mars.

Fait rare, Abbas a condamné l’attentat le plus meurtrier de tous, perpétré mardi dernier, au cours duquel après un Palestinien de Cisjordanie a abattu trois Israéliens et deux Ukrainiens dans la ville de Bnei Brak.

Gantz a précisé avoir dit à Abbas qu’il appréciait sa prise de position.

« Je lui ai dit que les fêtes devaient être un mois de paix et de tranquillité, et non un mois marqué par le terrorisme », a confié Gantz.

Des Palestiniens assistent aux prières du vendredi à la mosquée Al-Aqsa sur le Mont du Temple dans la vieille ville de Jérusalem, le 1er avril 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

En vertu des nouvelles règles à l’occasion du Ramadan, les femmes palestiniennes de Cisjordanie seront autorisées à entrer en Israël sans autorisation pour la prière du vendredi à la mosquée Al-Aqsa, comme l’a indiqué l’autorité de liaison du ministère de la Défense avec les Palestiniens, mieux connue sous son acronyme COGAT.

Les hommes palestiniens de plus de 50 ans et garçons de moins de 12 ans seront également autorisés à entrer librement en Israël pour la prière du vendredi, tandis que ceux âgés de 40 à 49 ans pourront se rendre à Al-Aqsa avec un permis. Les hommes de moins de 40 ans ne seront pas autorisés à entrer, conformément à la politique habituelle, sauf s’ils ont un permis qui les autorise à se trouver en Israël le vendredi.

Des centaines de milliers de Palestiniens de Cisjordanie se rendent habituellement à Al-Aqsa pendant le Ramadan. La mosquée est le troisième site le plus saint de l’islam et la prière y est un aspect essentiel du mois sacré pour de nombreux musulmans palestiniens.

Ce même endroit est vénéré par les Juifs, considéré comme lieu le plus saint de leur tradition. En effet, les deux temples bibliques auraient été construits au sommet de la colline.

Selon le COGAT, quelque 5 000 Palestiniens ayant des parents au premier degré en Israël recevront également des permis les autorisant à leur rendre visite entre dimanche et jeudi de la semaine prochaine.

Le ministre de la Défense Benny Gantz et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. (Crédit : AP/Collage)

Aucun changement de politique n’est à noter à l’égard de la bande de Gaza. Les autorités israéliennes imposent des restrictions beaucoup plus strictes sur les mouvements de population depuis l’enclave côtière, dirigée par le groupe terroriste Hamas.

Les ministres israéliens avaient approuvé ces assouplissements ciblés mercredi dernier. La récente vague terroriste qui a fait 11 morts avait brièvement laissé planer le doute sur un possible changement de politique.

Les assouplissements s’appliqueront exclusivement la semaine prochaine. Ensuite, les responsables des forces de l’ordre se réuniront pour examiner les mesures à prendre, dont une possible extension des quotas de permis, a complété le COGAT.

Pour des raisons de sécurité, Israël réglemente étroitement le mouvement des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza à destination de son territoire. Mais les autorités israéliennes assouplissent régulièrement certaines de ces restrictions ou délivrent des permis spéciaux pendant les fêtes musulmanes et chrétiennes.

Lors d’un appel téléphonique avec le Times of Israel la semaine dernière, un responsable du Fatah, s’exprimant sous couvert d’anonymat, avait averti que l’imposition d’un confinement aux Palestiniens ou l’annulation des assouplissements à l’occasion de Ramadan augmenterait les tensions entre les deux parties.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...