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Rompant le silence, Mahmoud Abbas condamne l’attaque terroriste de Bnei Brak

Le Hamas et le Jihad islamique ont fait l'éloge de la fusillade meurtrière qui a fait 5 morts ; des dizaines de personnes ont célébré l'attentat dans la ville natale du terroriste

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une réunion avec la ministre allemande des Affaires étrangères,  Annalena Baerbock, à Ramallah, le 10 février 2022? (Crédit : Mohamad Torokman/Pool Photo via AP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une réunion avec la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, à Ramallah, le 10 février 2022? (Crédit : Mohamad Torokman/Pool Photo via AP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, a émis une rare condamnation de l’attentat terroriste qui a fait 5 morts à Bnei Brak mardi soir, alors même que des dizaines de Palestiniens manifestaient leur soutien au terroriste dans sa ville natale, en Cisjordanie.

Dans un communiqué, le chef de l’AP a « exprimé sa condamnation du meurtre de civils israéliens ce soir, soulignant que le meurtre de civils palestiniens et israéliens ne fait que conduire à une dégradation de la situation ».

Onze Israéliens sont morts au cours de la semaine dernière dans les attaques meurtrières perpétrées par des Arabes israéliens et palestiniens à travers le pays. Alors que les rivaux de Ramallah – dont le Hamas et le Djihad islamique – ont salué ces meurtres, Abbas est resté silencieux jusqu’à l’attaque de mardi.

Plus tôt dans la soirée de mardi, un tireur palestinien a ouvert le feu sur des Israéliens à Bnei Brak, à l’est de Tel Aviv. Cinq Israéliens ont été tués, dont un officier de police, qui a succombé à ses blessures lors d’une fusillade au cours de laquelle le terroriste a été tué.

Le tireur a été identifié comme étant Diaa Hamarsheh, un résident de 26 ans de la ville de Yaabad, près de Jenin en Cisjordanie, qui se trouvait en Israël de manière illégale. Hamarsheh a été condamné à un an et demi de prison en Israël pour délits sécuritaires en 2013. La police a également arrêté un certain nombre de complices présumés.

Ramallah s’était abstenu de discuter publiquement de l’escalade de la vague de terreur contre les Israéliens, restant silencieux lors des attaques meurtrières de Beer Sheva mardi dernier et de Hadera dimanche. Les sondages montrent régulièrement qu’une grande partie de l’opinion publique palestinienne considère la « lutte armée » contre Israël comme légitime.

La police israélienne et les premiers secours sont sur les lieux d’un attentat terroriste mortel à Bnei Brak, le 29 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Le cycle de la violence montre qu’une paix globale, juste et stable est le chemin le plus court et le plus correct vers la sécurité et la stabilité pour les deux peuples », a ajouté Abbas.

Abbas a rappelé que le mois sacré du Ramadan approchait, ainsi que les fêtes juives et chrétiennes. Les responsables et les analystes ont averti depuis des mois que la concordance des principales fêtes religieuses des trois religions au cours des prochaines semaines pourrait déclencher des violences.

« Nous avons tous pour objectif de stabiliser la situation », a déclaré Abbas.

Les sites d’information pro-Hamas ont fait circuler des vidéos de ce qu’ils ont dit être des résidents de Yaabad se rassemblant devant la maison de Hamarsheh pour manifester leur solidarité avec le terroriste mort.

« Des millions de martyrs marchent vers Jérusalem », scandaient les habitants de la ville, selon les images.

Les groupes terroristes palestiniens ont fait l’éloge de cette fusillade meurtrière, bien qu’aucun n’ait endossé la responsabilité du massacre.

« L’opération de Tel Aviv souligne l’unité du peuple palestinien, où qu’il vive », a déclaré un responsable du Hamas, Mushir al-Masri, à Al-Aqsa TV, une chaîne affiliée au groupe terroriste.

L’attaque a eu lieu alors que les forces de sécurité israéliennes étaient déjà en état d’alerte renforcée à l’approche du Ramadan.

Dimanche à Hadera, dans le nord d’Israël, deux policiers israéliens ont été tués dans une fusillade revendiquée par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI). La police israélienne a identifié les assaillants qui ont été abattus comme des agents arabes israéliens de l’EI.

Le 22 mars, à Beersheva (sud), quatre Israéliens – deux hommes et deux femmes – ont été tués dans une attaque au couteau et à la voiture-bélier perpétré par un homme inspiré de l’idéologie du groupe EI. Le terroriste était un enseignant condamné en 2016 à quatre ans de prison pour avoir planifié de se rendre en Syrie afin de combattre au sein de l’EI et pour des prêches faisant son apologie.

Au total, on dénombre onze victimes du terrorisme en une semaine, le nombre le plus élevé depuis 2006, lorsqu’un attentat suicide contre un bus avait tué 11 Israéliens à Tel Aviv.

Le nombre de victimes de cette semaine est supérieur à celui des années 2020 et 2021 réunies

Le chef de l’AP a également prévenu que cet « incident condamnable » pourrait déclencher des attaques de vengeance de la part des Israéliens contre les Palestiniens. Les récentes attaques terroristes contre des Israéliens ont été suivies de crimes de haine présumés contre des Palestiniens en Cisjordanie.

Au lendemain de l’attentat de Hadera, les Palestiniens de la ville de Jammaïn en Cisjordanie ont découvert jeudi matin que leur ville avait été la cible d’un crime de haine apparent, et d’une tentative présumée d’incendier une mosquée.

La phrase « Nous Juifs, ne resteront pas silencieux lorsque nous nous faisons assassiner » et une étoile de David, ont été taguées sur un mur non loin, selon des images de la scène.

La mosquée a été légèrement endommagée lors de la tentative d’incendie criminel.

Des politiciens arabes de premier plan ont également condamné l’attentat de mardi soir, notamment le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh et le chef du parti Raam Mansour Abbas. Ce dernier, dont le parti est membre de la coalition au pouvoir, a dénoncé un « crime terroriste odieux et méprisable contre des civils innocents ».

Le député Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, prend la parole lors d’une session plénière dans la salle d’assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je m’associe à la douleur des familles et souhaite aux blessés un rétablissement complet. Nous sommes tous confrontés à une vague de terrorisme meurtrier – nous tous, sans exception », a déclaré Abbas dans un communiqué.

« Les rues des villes israéliennes sont remplies de citoyens arabes et juifs, et ceux qui se lancent dans une folie meurtrière ne les remarquent pas et ne font pas de différence entre eux », a-t-il déclaré.

Le policier tué dans l’attentat était un Arabe chrétien.

« Nous ne nous arrêterons pas à une simple condamnation, car le terrorisme ne s’arrête pas et ne baisse pas la tête. Nous sommes déterminés à suivre une voie pacifique, malgré tous les extrémistes », a déclaré Mansour Abbas.

Odeh a également condamné les attaques. Mais il a comparé les Israéliens tués à Bnei Brak aux Palestiniens tués lors d’affrontements avec les forces israéliennes.

« Cinq civils ont été tués aujourd’hui – chacun est un monde à part entière. Ils rejoignent les 51 Palestiniens tués depuis le début de l’année – chacun d’entre eux est un monde à part entière », a déclaré Odeh.

« Je m’oppose fermement à toute atteinte aux civils, qu’ils soient Palestiniens ou Israéliens, ainsi qu’à toute atteinte aux personnes innocentes », a-t-il ajouté.

« Il est temps de mettre fin à la source de la haine qu’est cette maudite occupation, et d’établir une paix qui apportera la sécurité et une vie normale aux deux peuples », a-t-il dit.

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