Ces 5 super-héroïnes juives luttent contre les scélérats près de chez vous
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Ces 5 super-héroïnes juives luttent contre les scélérats près de chez vous

Voici Sabra, Masada, Kitty Pryde et autres dures à cuire mais sous-estimées de la communauté qui font la transition de la bande dessinée au grand écran

(Collage par Alma via JTA)
(Collage par Alma via JTA)

Alma via JTA — Au cours de la dernière décennie, les Comics et les super-héros sont devenus inévitables dans la culture pop mainstream. Mais saviez-vous qu’ils sont également des super-Juifs ?

L’industrie avait été créée par des membres de la communauté qui s’étaient trouvés dans l’incapacité de travailler dans les journaux américains en raison des quotas antisémites imposés dans les années 1930. Et ces créateurs n’auront jamais reculé face à leur judéité, s’emparant de questions juives telles que la Shoah ou l’antisémitisme à travers leur art.

Avec la popularité croissante de l’industrie, ce sont toujours plus de super-héros Juifs qui ont été imaginés et présentés au public – et certaines super-héroïnes plutôt sympas ont finalement émergé, devenant des personnages parmi les plus reconnaissables de la planète.

Voici une liste – sans ordre particulier – de super-héroïnes juives bad ass devant lesquelles il est difficile de faire autre chose que de s’incliner :

Batwoman (alias Kate Kane)

Kate Kane est entrée dans le monde de la maison d’édition de bande-dessinées DC Comics au mois de juillet 1956. Il est vrai qu’au début des années 1950, un psychiatre avait clamé que Batman était gay en raison de sa relation avec Robin.

DC, un peu homophobe, avait craint pour la réputation de Batman. C’est alors que Robin avait disparu et que Batwoman avait fait son apparition.

Ce psychiatre ne devait pas se douter que bien plus tard, Batwoman réapparaîtrait sous la forme d’une juive lesbienne. Oui, vraiment !

Sous toutes ses moutures et dans tous les univers alternatifs dans lesquels elle a évolué depuis son retour en 2006, Kane est une Juive fière de l’être et lesbienne.

Dans une série, elle évolue dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et passe son temps à démonter des nazis aux côtés d’autres femmes étonnantes appartenant à la Ligue de la justice. Dans d’autres, elle fête Hanoukka avec sa petite amie et célèbre Shabbat avec une jeune fille dans le Berlin des années 1940.

Batwoman est récemment entrée dans l’Arrowverse de DC sur CW. Elle a son propre show et elle est interprétée par Ruby Rose. Le meilleur ? Les producteurs ont confié qu’elle resterait juive.

Prêts pour un épisode de Hanoukka ?

Masada (alias Deborah Konigsberg)

Celle-là est un peu bizarre – mais je la trouve encore vraiment bad ass.

Masada est membre de la Team Youngblood, une équipe super-énergique supervisée par le gouvernement américain.

La guerrière, née en Israël, qui est pour la première fois apparue en 1992 chez Image Comics, peut se transformer en géante et acquérir ses pouvoirs – c’est là que c’est bizarre – auprès des âmes juives qui se sont sacrifiées à Masada et de toutes celles qui ont donné leur vie pour le judaïsme. Argh ! Perso, je choisis de penser à ses super-pouvoirs de manière positive. Pour moi, elle ressemble à une super-héroïne dont les pouvoirs se situeraient à l’extrémité de la culpabilité juive.

Masada a été introduite pour la première fois comme personnage secondaire dans une autre série de super-héros puis elle a fait sa réapparition, en 1993, dans la Team Youngblood. La série originale de bande-dessinée de la Team Youngblood avait compris environ une douzaine d’ouvrages en quatre ans.

Mais Rob Liefeld (créateur de Masada et de la Team Youngblood) avait fini par quitter Image Comics, mettant un terme à la série originale. Liefeld – qui n’est pas Juif – a ensuite tenté de réamorcer le Comics au fil des années et Masada est apparue dans toutes ses tentatives – jusqu’à la 4ème, en 2004, où quelques nouveaux héros ont été introduits.

Scarlet Witch (alias Wanda Maximoff)

Wanda et son frère jumeau, Pietro, sont Juifs et roumains. Leur mère, roumaine, les a élevés et dissimulés au regard de leur père, un Juif mutant sans scrupules, Magneto, craignant pour eux. Les jumeaux n’apprendront que ce dernier est leur père qu’à l’âge adulte. Ils n’auront ainsi jamais pratiqué le judaïsme.

Scarlet Witch fait partie des personnages parmi les plus puissants jamais introduits dans cet univers. Elle utilise la magie du chaos et la télékinésie, elle a fait revenir deux personnes d’entre les morts et elle peut se saisir des pouvoirs d’autrui. Elle suit initialement les traces de son père et rejoint la Fraternité des mutants maléfiques, et se sépare finalement d’eux pour rejoindre les Avengers.

Même si elle n’est pas née juive, la judéité exerce tout de même une influence sur son personnage. Après tout, ses parents se sont rencontrés à Auschwitz. Le traumatisme de la Shoah est encore vivace des deux côtés de sa famille – elle apparaît en premier lieu en 1964 dans les Marvel Comics à l’âge adulte – et son histoire se centre sur la manière dont elle est prise pour cible parce que mutante.

Alors même après avoir rejoint le côté du bien, elle se bat pour gérer à la fois son traumatisme intergénérationnel et la persécution des mutants. Dans l’une des séries, elle va jusqu’à créer une utopie où les super-humains et mutants ne sont pas redoutés mais admirés (ce qui se termine mal malgré tout, parce qu’elle finit par enlever par accident la plus grande partie des pouvoirs des mutants).

Scarlet Witch est particulièrement connue pour son rôle dans l’univers cinématographique de Marvel mais, malheureusement, ses identités juive et roumaine ont été ignorées lorsque son personnage a été porté sur grand écran. Elle se porte même volontaire pour une expérimentation de Hydra (un sous-groupe nazi), qui efface son origine culturelle. Alors qu’il aurait été formidable de voir une origine telle que celle-ci dans une série de films à l’impact si fort, il semble que les studios Marvel Studios n’aient pas été prêts à s’atteler à une telle tâche.

Sabra (alias Ruth Bat-Seraph)

Sabra, fidèle à son nom, est née à Jérusalem et elle a grandi dans un kibboutz réservé aux personnes aux capacités super-humaines suite à sa première apparition en 1980. Et malheureusement, ses pouvoirs n’ont rien à voir avec le houmous.

Dans l’univers Marvel, Sabra est la première humaine dotée de super-capacités à travailler au Mossad. Grâce à sa force décuplée, à son endurance, à sa rapidité et à son agilité, elle est une force à exploiter. Et, dans le vrai style israélien, elle utilise une technologie de pointe pour l’aider à voler, affichant même avec fierté l’étoile de David sur son costume bleu et blanc.

Sabra passe la plus grande partie du début de sa carrière de super-héroïne à défendre Israël. Elle maintient le mur Occidental de Jérusalem, un séisme menaçant de l’abattre. Toutefois, lorsqu’une campagne anti-mutants appelée Opération : Zéro tolérance fait son apparition dans le monde, Sabra quitte Israël et rejoint les X-Men. Oui, la bad ass s’associe à Hulk, Spiderman, Iron man et les X-Men pour aider à combattre les méchants. Elle n’apparaît plus dans les bandes dessinées mais on la voit encore occasionnellement défendre Israël.

Shadow Cat (alias Kitty Pryde)

Apparaissant en 1980 dans la BD Uncanny X-Men, Kitty Pryde n’a que treize ans lorsqu’elle intègre l’école Charles Xavier pour les jeunes surdoués. Elle est recrutée par l’école en raison de sa capacité à passer à travers les objets. Shadow Cat commence immédiatement son entraînement de super-héroïne et elle devient rapidement une part essentielle des X-Men. Toutefois, avant de partir à l’école, elle est élevée dans un foyer juif à Deerfield, dans l’Illinois.

Comme son nom le laisse suggérer, Kitty Pryde place une tonne de fierté dans son judaïsme. Elle porte habituellement un grand collier arborant une étoile de David et elle se dresse régulièrement contre l’antisémitisme. Elle visite même le musée du mémorial de la Shoah américain à Washington avec Magneto (survivant de la Shoah et ennemi des X-Men).

Dans une intervention, Kitty proclame que « je suis Juive. Je suis une mutante. Et je veux que les gens sachent qui je suis. Je le dis aux gens parce que, hé, s’il doit y avoir un problème avec ça… alors je veux le savoir ».

Pryde ne fait aucun compromis avec ce qui compose son identité et elle est devenue un symbole de fierté pour de nombreuses jeunes femmes juives – dont je fais partie.

Bonus! Harley Quinn (alias Dr. Harleen Fraces Quinzel)

Sûr, elle peut être une méchante – mais Harley Quinn est l’une des personnalités les plus reconnaissables issues de l’industrie des Comics. Quand Quinn fait ses débuts, au mois de septembre 1992, elle est la complice du Joker et son intérêt amoureux – mais elle devient rapidement si populaire que DC Comics lui dédie une série. Harley Quinn est encore l’une des BDs les plus appréciées de DC et, en 2010, elle tiendra la première place dans le film « Birds of Prey », dans l’Extended Universe de DC.

Avant d’adopter l’identité de Harley Quinn, la docteure Harleen Quinzel était psychologue dans un établissement psychiatrique, l’Arkham Asylum, et était tombée amoureuse de son patient, le Joker, le faisant s’enfuir (Fait amusant : L’histoire originale a remporté un prix). En plus de son histoire avec le Joker, Quinn a vécu des moments romantiques avec notamment Batman et Poison Ivy.

Elle est moitié juive et moitié chrétienne. Quinn est connue pour son lourd accent new-yorkais et son usage du yiddish – il ne vous reste plus qu’à croiser les doigts en attendant les quelques « Oys ! » égarés dans le script.

Mention honorable

La prochaine super-star israélienne Gal Gadot dans le film 2017 de « Wonder Woman » (Crédit : Clay Enos/DC Comics, via JTA)

Ces super-héroïnes peuvent ne pas être des Juives au niveau canonique, mais les actrices qui leur ont donné vie le sont pour la plupart.

La Wonder Woman de Gal Gadot est devenue un modèle pour les jeunes Juives (et non-Juives) du monde entier. Gadot a servi dans l’armée israélienne pendant deux ans et elle avait été nommée Miss Israël en 2004. Elle est connue pour avoir interprété Wonder Woman, sortie du DC Extended Universe et Gisèle, dans la franchise « Fast and the Furious ». Gadot va jouer également Hedy Lamarr, actrice d’origine juive dont les inventions ont mené à la WiFi et à la technologie GPS.

Il y a environ un mois, Natalie Portman a été ajoutée à la liste des femmes juives extraordinaires qui jouent des super-héroïnes sur grand écran. Les Marvel Studios ont récemment annoncé que Jane Foster, de Portman, portera le titre de Mighty Thor — c’est bien ça, Mighty Thor, pas Female Thor — au cours des prochaines années. Cette femme médecin qui brandit le marteau (Jane Foster est titulaire d’un doctorat et elle est médecin) sera à découvrir absolument dans la prochaine phase de l’univers cinématographique de Marvel.

Et pour terminer la liste ? C’est Zoe Kravitz qui a été retenue pour interpréter Catwoman dans le nouveau Batman, « The Batman », dans ce qui est peut-être la meilleure décision jamais prise en termes de casting. On est impatients de voir ça.

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