Israël en guerre - Jour 139

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Chikli « à l’écoute » de la Diaspora mais n’exclut pas de modifier la Loi du retour

"Nous allons procéder lentement", a déclaré le ministre des Affaires de la Diaspora, qui a insisté sur le fait que la "clause des petits-enfants" ne sera pas abrogée si rapidement

Le ministre des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli, prenant la parole lors de la conférence annuelle du Conseil israélo-américain à Austin, Texas, le 19 janvier 2023. (Crédit : Shahar Azran)
Le ministre des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli, prenant la parole lors de la conférence annuelle du Conseil israélo-américain à Austin, Texas, le 19 janvier 2023. (Crédit : Shahar Azran)

AUSTIN, Texas (JTA) – « Le 37e gouvernement israélien est à l’écoute des préoccupations des Juifs plus libéraux », a déclaré jeudi le nouveau ministre israélien des Affaires de la Diaspora.

Mais Amichaï Chikli a déclaré que si certains changements proposés, qui inquiètent les Américains dont la révision de la Loi du retour du pays, se produiront lentement, toute critique est largement incongrue.

« C’est évident qu’une alarme a été déclenchée, et que cela affecte dramatiquement la plupart des Juifs qui vivent ici en Amérique », a déclaré Chikli lors du sommet national du Israeli American Council (IAC), qui vise à garder les Israéliens en Amérique connectés à Israël, souvent par le biais du monde des affaires.

« Nous avons eu des élections. Le résultat était clair comme de l’eau de roche. Nous avons été très honnêtes sur notre programme, et il en va de notre responsabilité de le mettre en place », a-t-il déclaré. « Et cela ne signifie pas que nous ne sommes pas à l’écoute. Nous écoutons. J’ai passé des heures hier et aujourd’hui, à écouter les dirigeants juifs et ce qu’ils ont à dire sur la Loi du retour, et sur les reformes du système judiciaire, entre autres. Nous écoutons les critiques. Nous sommes à l’écoute des préoccupations. Nous nous en soucions. »

Chikli faisait ses premiers commentaires publics en dehors d’Israël depuis qu’il a été nommé ministre des Affaires de la Diaspora à la fin du mois dernier dans le nouveau gouvernement de droite radicale d’Israël, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. La décision de ce dernier de s’allier à des partis radicaux, notamment ceux qui prônent la réduction des droits des Arabes Israéliens, des Israéliens LGBTQ et des Juifs réformés, a suscité l’inquiétude de toute la Diaspora, tout comme les efforts du 37e gouvernement pour affaiblir le système judiciaire israélien, qui a toujours agi pour protéger les minorités du pays.

Les dirigeants juifs de la Diaspora sont particulièrement préoccupés par l’accord de la coalition visant à modifier la Loi du retour, qui permet à toute personne ayant un grand-parent juif de demander la citoyenneté. Les règles d’éligibilité ont été élaborées sur la base d’un compromis entre les parlementaires les plus religieux et les plus laïcs et libéraux, bien que beaucoup pensent à tort qu’elles ont été inspirées par les lois nazies de Nuremberg utilisés pour déterminer qui tuer pendant la Shoah. Les partis religieux israéliens affirment que la loi actuelle a laissé la porte ouverte à des immigrants qui ne sont pas investis dans la construction d’un État juif fort.

Des immigrants fuyant l’Ukraine arrivant au bureau de l’Immigration et de l’Intégration de l’aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 15 mars 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Lors d’une interview en direct avec la journaliste et présentatrice de télévision israélienne, Miri Michaeli, Chikli a déclaré qu’il pensait que c’était un problème pour l’identité d’Israël qu’un pourcentage décroissant d’immigrants de l’ancienne Union soviétique soient liés au judaïsme et que beaucoup d’entre eux ne restent en Israël que très peu de temps.

Mais le nouveau ministre a déclaré que toute modification de la Loi israélienne du retour se ferait lentement et par le biais d’un processus comprenant bon nombre de consultations.

« Personne, personne ne va annuler la Loi du retour, qui est fondamentale pour l’État d’Israël », a déclaré Chikli.

« Nous ne disons pas que nous allons annuler le chapitre IV demain matin », a-t-il ajouté, faisant référence à une section de la loi permettant à toute personne ayant au moins un grand-parent juif de recevoir la citoyenneté israélienne si tant est qu’elle ne pratique aucune autre religion. « Ce n’est pas ce qui va se passer. Il va y avoir une commission chargée de déterminer comment nous pouvons relever ce défi majeur. Et comme vous le comprendrez quand vous l’étudierez en détails, c’est un véritable défi. Nous avons besoin qu’Israël soit un État juif fort, et nous devons relever ce défi, et nous le ferons lentement. Nous allons le faire en écoutant tout le monde. »

Chikli, qui a déjà fait des remarques désobligeantes sur le judaïsme réformé et qui a déclaré que le drapeau de la communauté LGBTQ était un symbole antisémite, a grandi et vit toujours au kibboutz Hanaton, le premier et le seul kibboutz fondé par le mouvement massorti (l’équivalent israélien du mouvement conservateur américain), où les trois quarts des électeurs ont soutenu les partis de gauche lors des dernières élections législatives. Il a déclaré que les détracteurs de son gouvernement feraient bien de changer la façon dont ils forgent leur opinion.

« Je pense que cela relève moins du Haaretz et du New York Times, et plus d’une question de bon sens et de takhles, ce que le gouvernement fait réellement », a déclaré Chikli, faisant référence aux journaux perçus comme libéraux et utilisant le mot en hébreu – aux racines yiddish – désignant « le passage aux choses sérieuses ».

« Nous sommes fiers d’être sionistes. C’est tout. Je suis moi-même fier de représenter ce gouvernement. »

Le député Amichai Chikli lors d’une réunion de la commission de la Chambre de la Knesset, le 25 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Près de 3 000 personnes, dont de nombreux Israéliens vivant en Amérique, sont attendues au sommet de l’IAC à Austin cette semaine. Les commentaires de Chikli ont été faits lors de la journée d’ouverture, lorsque le président Isaac Herzog, qui s’est adressé au sommet par vidéoconférence, a reconnu les préoccupations concernant le nouveau gouvernement.

« Ce n’est un secret pour personne que, depuis les dernières élections en Israël, des questions ont été soulevées par bon nombre de nos amis dans le monde et aux États-Unis », a déclaré Herzog. « Nos amis veulent savoir qu’Israël continuera à porter le riche héritage éthique sur lequel notre pays a été fondé, qu’il continuera à défendre ces valeurs de démocratie, de liberté et d’égalité, qui sont la force qui anime l’alliance entre les États-Unis et Israël. Permettez-moi donc de vous rassurer : la démocratie israélienne est forte. »

La plupart des événements de la première journée de la conférence n’ont pas fait référence au gouvernement en place depuis un mois, son agitation ou l’inquiétude qui ricoche dans le monde entier, y compris chez de nombreux alliés d’Israël.

Ofer Krichman, un expatrié israélien qui travaille dans la finance et qui vit dans le New Jersey, a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’il s’attendait à ce que le nouveau gouvernement israélien soit un sujet de conversation plus important.

Au lieu de cela, il a dit avoir eu des conversations sur « l’idéologie, mais pas sur la politique, sur les Juifs du monde entier, l’antisémitisme, comment y faire face, ce qui n’est pas du business, mais c’est un sujet valable, et un sujet préoccupant ».

L’une des premières actions de Chikli a été d’étendre son titre pour y inclure un mandat de lutte contre l’antisémitisme. Il dit que le mouvement de boycott d’Israël, connu sous le nom de BDS, l’inquiète particulièrement. Noa Tishby, première envoyée spéciale d’Israël pour la lutte contre l’antisémitisme et la délégitimation d’Israël, a également pris la parole lors de la première journée de la conférence.

L’agitation était présente à l’esprit de certains participants. Gidi Grinstein, fondateur du Reut Group, un groupe de réflexion non-partisan sur la politique israélienne, a déclaré à la JTA que la relation entre Israël et le monde juif se trouvait à un moment charnière.

« Le nouveau gouvernement représente un défi majeur pour le judaïsme mondial à plusieurs égards », a déclaré Grinstein. « Tout d’abord, le gouvernement a confié la responsabilité des principaux points de contact avec le monde juif en Israël à ses factions les plus radicales. Ces éléments font qu’il est structurellement difficile pour le monde juif d’être aussi impliqué en Israël qu’il ne l’était auparavant. »

Ces préoccupations étaient présentes à l’esprit de chacun lors de la première journée de la conférence. Mais tous avaient également à cœur de nouer des relations d’affaires et de faire des rencontres.

Shani Gil, qui travaille sur le marché immobilier de la région de Los Angeles, a déclaré qu’elle avait passé sa première journée à la conférence à parcourir les stands, à se mêler aux autres et à distribuer ses cartes de visite.

« Il y avait une ambiance électrique dans l’air », a-t-elle dit. « Tout le monde était très exalté. »

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