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Chili : Les lettres de créance de l’ambassadeur israélien enfin acceptées

Gabriel Boric avait boudé l’ambassadeur après la mort d’un Palestinien de 17 ans, lors d’affrontements avec Tsahal, déclenchant un incident diplomatique entre Jérusalem et Santiago

Le président chilien Gabriel Boric (à droite) s’entretient avec l’ambassadeur israélien Gil Artzyeli au Palais présidentiel de Santiago, au Chili, le 1er octobre 2022. (Capture d’écran Twitter, utilisée conformément à l’article 27a de la Loi sur le droit d’auteur)
Le président chilien Gabriel Boric (à droite) s’entretient avec l’ambassadeur israélien Gil Artzyeli au Palais présidentiel de Santiago, au Chili, le 1er octobre 2022. (Capture d’écran Twitter, utilisée conformément à l’article 27a de la Loi sur le droit d’auteur)

Le président chilien Gabriel Boric a finalement accepté les lettres de créance de l’ambassadeur israélien, Gil Artzyeli samedi, deux semaines après l’avoir boudé en raison d’activités militaires en Cisjordanie.

Artzyeli s’était rendu au palais présidentiel de Santiago, au mois de septembre, pour y présenter ses lettres de créance, mais avait été refoulé suite à la mort d’un Palestinien de 17 ans, la nuit précédente, ouvrant un incident diplomatique.

Oday Salah avait été abattu lors de violents affrontements avec les soldats de l’armée israélienne qui se trouvaient dans le village de Kafr Dan pour cartographier, en vue de leur démolition, la maison de deux personnes qui auraient abattu un officier de Tsahal, la veille. L’armée israélienne a déclaré que ses soldats avaient ouvert le feu sur des suspects qui leur avaient lancé des explosifs.

Le ministère des Affaires étrangères avait condamné avec fermeté l’attitude de Boric, l’accusant de « nuire gravement aux relations » entre les deux pays, et avait dans la foulée convoqué l’ambassadeur chilien en Israël pour le lui faire savoir.

L’incident a suscité une âpre controverse au Chili et Artzyeli a ensuite été reçu au ministère chilien des Affaires étrangères, où on lui a présenté des des excuses.

Homme de gauche, Boric a remporté une victoire écrasante aux élections présidentielles chiliennes l’an dernier, au grand dam de la communauté juive du pays.

Boric entretient en effet des relations tendues avec les 18 000 Juifs du Chili, les invitant à faire pression pour obtenir des concessions territoriales de la part d’Israel.

Auparavant, en qualité de député, il avait soutenu un projet de loi proposant de boycotter les produits israéliens originaires du plateau du Golan, des implantations de Cisjordanie et des zones de Jérusalem passées sous contrôle israélien en 1967.

Au cours de la campagne présidentielle, de nombreux membres de la communauté avaient exprimé leur inquiétude face à cette menace de boycott comme à la demande qui leur était faite de condamner la politique israélienne.

« Nous sommes évidemment prêts à accepter des critiques raisonnables à propos d’Israël, mais ce que Boric dit, c’est qu’Israël est un État ‘génocidaire’ et ‘meurtrier’ », expliquait Gabriel Zaliasnik, membre éminent de la communauté juive du Chili, à Haaretz pendant la campagne

« Pour aggraver encore les choses, il nous reproche les actions d’Israël. »

En 2011, une lettre ouverte a Boric signée par 500 femmes juives chiliennes disait « nous ne pensons pas qu’il soit juste ou correct de tenir les Juifs […] responsables de la politique du gouvernement au pouvoir en Israël. L’histoire fourmille d’accusations injustes ou de reproches envers notre peuple. »

La JTA a contribué à la rédaction de cet article.

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