Claude Goasguen interpelle l’ambassadeur d’Iran sur Israël
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Claude Goasguen interpelle l’ambassadeur d’Iran sur Israël

L'envoyé dont le pays est en état de crise aiguë avec Israël a dû redoublé d'inventivité pour répondre aux questions sur l'influence iranienne dans la région

L'ambassadeur d'Iran en France, Abolghassem Delfi, lors de son audition devant la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale (Crédit: capture d'écran Assemblée nationale)
L'ambassadeur d'Iran en France, Abolghassem Delfi, lors de son audition devant la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale (Crédit: capture d'écran Assemblée nationale)

Mercredi 20 juin la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale a reçu Abolghassem Delfi, l’ambassadeur d’Iran à Paris qui a répondu aux questions des députés (la vidéo est disponible ici).

Ces derniers ont évoqué, pour les questions les plus ‘faciles’, l’application de la peine de mort en Iran, le port du voile et l’accord de Vienne, et pour les questions plus compliquées, l’ingérence iranienne au Liban via le groupe terroriste libanais du Hezbollah, la création de bases militaires au Yémen et en Syrie, ou la volonté affichée de détruire Israël.

Et pour assurer que l’action de l’Iran est légitime et morale à tous points de vue l’ambassadeur s’est livré à un exercice d’équilibrisme oratoire.

A la question d’un député sur la présence du Hezbollah au Liban, un groupe reconnu terroriste par l’Union européenne, à qui l’Iran fournit armes, moyens financiers et directives, comme celle d’aller soutenir le régime de Bashar Al Assad face à Daesh ces dernières années, Abolghassem Delfi a répondu :

« Nous ne sommes présents (en dehors d’Iran) qu’à la demande des pays. Notre seul contact au Liban n’est pas avec le Hezbollah, mais avec tous les groupes libanais, sunnites, druzes, chiites les chrétiens. Certes avec le Hezbollah nous avons des contacts plus spécifiques cela va de soi, mais cela ne signifie nullement une ingérence dans les affaires intérieures du Liban. (…) Tout ce qui touche le Hezbollah à l’intérieur du Liban ne nous concerne absolument pas ».

« Je suis consterné par votre discours, a ensuite attaque le député LR Claude Goasguen. Je n’ai pas senti de votre part une volonté pacificatrice, je dirais même qu’en vous écoutant j’ai l’impression que nous allons vers des incidents graves. Je ne peux pas imaginer un seul instant que l’Iran continue de dire d’Israël ce qu’il dit. Voila un pays qui depuis des années refuse l’existence d’un pays reconnu par la communauté internationale depuis 1948. Et, il y a trois jours encore votre chef suprême a réaffirmé sa volonté de détruire Israël. Alors oui ou non, allez-vous un jour reconnaître Israël ? »

La réponse de l’ambassadeur d’Iran :

« Concernant l’histoire de la Palestine et des territoires occupés – l’ambassadeur ne prononcera pas une fois le mot ‘Israël’ – quel est notre point de vue, je le dis très clairement ».

Mais il ne le dira pas.

Il préfère évoquer une pétition appelant à un changement de régime en Iran, une pétition qui aurait été signée par des députés – dont Meyer Habib – présents dans la commission, curieux de savoir la position de l’ambassadeur après les appels de l’ayatollah à supprimer Israël.

Il évoque aussi les relations « entre ces personnes et le groupe terroriste les Moujahdines du peuple – un groupe d’exilés iraniens qui dénonce le régime des mollahs -, qui veulent le renversement du gouvernement iranien. Je préfère ne répondre qu’aux questions des personnes qui veulent le dialogue ».

« Mais la position officielle de l’Iran a toujours était très claire, poursuit-il : nous avons proposé un plan précis aux Nations unies, l’avenir appartient aux Palestiniens qu’ils soient juifs, musulmans, ou chrétiens ».

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