Clôture des travaux de la Commission royale australienne sur l’antisémitisme
Créée suite à la tuerie de Bondi Beach en décembre dernier pour étudier l'antisémitisme en Australie, la commission a clôturé ses débats après plus de 60 jours d'auditions et 340 témoins
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La Commission royale australienne sur l’antisémitisme et la cohésion sociale a clôturé ses travaux, mettant ainsi un terme à plus de 60 jours d’auditions publiques consacrées à la recrudescence de l’antisémitisme dans le pays dans le sillage de la fusillade meurtrière de Bondi Beach.
La commission avait été créée en janvier à la suite de l’attentat qui avait été perpétré le 14 décembre 2025 au cours d’une célébration de Hanoukka à Bondi Beach, au cours de laquelle 15 personnes avaient trouvé la mort.
La commission a achevé ses travaux mercredi, après avoir entendu 340 témoins et reçu plus de 20 000 contributions. C’est le rabbin Yehoram Ulman, à la tête de la communauté Habad de Bondi, dont le gendre, le rabbin Eli Schlanger, a perdu la vie lors de cet attentat, qui a été le dernier à témoigner. Le fils de Schlanger, qui était alors âgé de deux mois, a été blessé dans la fusillade.
« Je prie pour que mon petit-fils, lorsqu’il sera en âge de comprendre ce qui est arrivé à son père, soit également capable de comprendre comment l’Australie a choisi de réagir face à cela. Et qu’il soit fier du choix que nous avons fait », a déclaré M. Ulman.
La fusillade de masse de Bondi Beach a marqué la première attaque meurtrière jamais perpétrée contre des Juifs en Australie. Il s’agit aussi de la fusillade de masse la plus meurtrière que le pays ait connue depuis 1996.
Le tireur, Sajid Akram, âgé de 50 ans, a été abattu par la police au cours de l’attaque. Son fils Naveed, 24 ans, citoyen australien de naissance et toujours incarcéré, a été inculpé de terrorisme et de 15 chefs d’accusation de meurtre.
Ulman a fait part de sa gratitude envers la commission royale d’enquête sur l’antisémitisme pour le travail qu’elle a accompli.
« Ces derniers mois, vous avez porté un fardeau solennel : celui d’écouter la douleur d’une communauté, d’examiner l’état de santé de notre société, et de contribuer à tracer une voie pour l’avenir », a déclaré Ulman.
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« Les événements qui nous ont conduits devant cette Commission royale ne sont pas, à nos yeux, de simples statistiques ou gros titres. Pour nous, c’est une place vide à la table de Shabbat. C’est un enfant qui demande à ses parents s’il peut porter en public un signe qui l’identifie comme Juif sans danger », a-t-il ajouté.
Depuis le mois de février, la Commission a entendu les témoignages de Juifs australiens – notamment des étudiants, des universitaires, des enseignants, des professionnels de santé ou encore des artistes – ; tous ont décrit les expériences d’antisémitisme auxquelles ils ont été confrontés.
Des responsables universitaires, des personnalités politiques, des représentants d’organisations communautaires et religieuses, des membres des forces de police, des responsables des services de renseignement ainsi que des experts en matière d’extrémisme et de cohésion sociale ont également été entendus.
La commission a reçu pour mission d’examiner les causes et l’ampleur de l’antisémitisme en Australie. Cet examen porte notamment sur l’extrémisme et la radicalisation, ainsi que sur les conséquences de l’antisémitisme pour les Juifs australiens. Elle s’est également penchée sur les mesures que les pouvoirs publics et les institutions pourraient prendre pour y remédier, sur la manière dont ces institutions ont réagi face à ce phénomène, sur la question de savoir si l’attentat de Bondi Beach aurait pu être évité, ainsi que sur les moyens susceptibles d’améliorer la protection de la cohésion sociale en Australie.
Certains témoignages concernant la tuerie de Bondi Beach ont été entendus à huis clos, pour des raisons de sécurité nationale ou afin de préserver l’intégrité de la procédure pénale qui a été ouverte contre celui des agresseurs présumés qui est toujours en vie.
Les conclusions de la commission devraient être présentées en décembre.
La commissaire Virginia Bell a toutefois fait savoir qu’elle repousserait la date de remise de ses conclusions afin de ne pas détourner l’attention de l’anniversaire de la fusillade terroriste de Bondi Beach, selon le Guardian. La date initialement prévue pour la remise des conclusions était fixée au plus tard au 14 décembre 2026, date anniversaire de l’attaque de Bondi Beach.
« Je comprends parfaitement cette préoccupation et, pour éviter toute dispersion, j’ai demandé un petit délai supplémentaire afin de pouvoir remettre mon rapport final le vendredi 18 décembre », a-t-elle déclaré, selon le Guardian.
Le Guardian a également rapporté l’existence de pressions publiques, notamment de la part du député libéral juif Julian Leeser, visant à obtenir une prolongation des auditions de la commission, afin d’entendre davantage de témoins clés.
« De nombreuses personnalités australiennes importantes n’auront pas été entendues, et des acteurs essentiels n’auront pas été appelés à la barre », a fait valoir Leeser.
Dans la journée de mercredi, de hauts responsables australiens de la sécurité ont également signé une lettre ouverte pour demander le report de la date prévue pour la remise des conclusions de la commission. Parmi les signataires, un ancien gouverneur général, des chefs militaires à la retraite et d’anciens dirigeants des services secrets.
« La rapidité avec laquelle la commission royale a été contrainte de mener ses auditions ne lui a pas permis de procéder à un examen approfondi de la montée de l’antisémitisme, de l’extrémisme islamiste et d’autres formes de radicalisme en Australie », peut-on lire dans cette lettre.
Ulman a souligné que l’Australie se trouvait à « la croisée des chemins » et qu’elle devait désormais choisir ce qu’elle était prête à tolérer, à défendre et à incarner.
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