Israël en guerre - Jour 147

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Combats acharnés à Khan Younès ; Tsahal « accroît la pression » sur le Hamas

L'Egypte reproche à Israël d'entraver l'acheminement de l'aide ; la mission de l'ONU pour le retour des civils dans le nord de Gaza est retardée par Israël pour des motifs de sécurité

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les troupes de la brigade Givati en opération à Khan Younès, dans le sud de Gaza, une image diffusée le 24 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Les troupes de la brigade Givati en opération à Khan Younès, dans le sud de Gaza, une image diffusée le 24 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a livré des combats féroces dans le secteur de Khan Younès ce mercredi, quelques jours après le début de l’attaque de la plus grande ville du sud de Gaza. Des dizaines d’hommes armés du Hamas ont été tués et les Palestiniens déplacés continuent de se diriger vers le sud.

Par voie de communiqué publié mercredi matin, l’armée israélienne a fait savoir que la 98e division poursuivait sa forte offensive contre le Hamas dans les environs de Khan Younès, ce qui, selon ses explications, « accroit la pression » sur le Hamas, sans parler de l’élimination « de nombreuses cellules terroristes » par des tirs de snipers, des bombardements de chars ou des frappes aériennes.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré mercredi que 210 personnes avaient été tuées dans la bande de Gaza ces dernières 24 heures, et l’armée israélienne, qu’elle continuait à se battre et tuer des hommes armés du Hamas et des « cellules terroristes ». Des responsables palestiniens reprochent à Israël d’avoir encerclé deux hôpitaux de la ville, ce qui empêcherait les patients de s’y rendre.

L’armée israélienne n’a pas encore réagi à cette affirmation, mais elle accuse régulièrement le Hamas d’utiliser les hôpitaux comme centres de commandement et d’y séquestrer des otages.

Elle a ajouté que ses commandos avaient mené des opérations sur des infrastructures du Hamas dans le camp de Khan Younès, dans lesquelles se trouvaient de nombreux agents, et notamment des escouades prêtes à tirer des missiles antichars.

Tsahal a par ailleurs fait savoir que sa brigade Givati a dirigé des frappes aériennes contre deux cellules d’hommes armés du Hamas, la 7e brigade blindée, attaqué plusieurs hauts-lieux du Hamas, tué plusieurs de ses membres et saisi des armes et enfin la brigade parachutiste, tué « un grand nombre de terroristes ».

La veille, l’armée avait annoncé la mort de 24 de ses soldats dans la bande de Gaza – trois à Khan Younès et 21 dans l’effondrement d’un immeuble dans le centre de Gaza suite à une explosion -.

Alors que les déplacés de Gaza continuent d’affluer dans la ville de Rafah, la plus au sud de l’enclave, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré mercredi que le point de passage de Rafah entre l’Égypte et la bande de Gaza était ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, mais que les procédures israéliennes bloquaient l’entrée de l’aide, ajoutant que « c’est leur façon de faire pression pour la libération des otages. »

Le COGAT, bureau de liaison du ministère de la Défense avec les Palestiniens, a rappelé qu’il n’existait aucune limitation à la quantité d’aide susceptible d’entrer dans la bande de Gaza, mais qu’elle devait être vérifiée pour des motifs de sécurité : « Notre processus d’inspection est efficace, et nous faisons tout notre possible pour optimiser nos capacités d’inspection ».

Mercredi, le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a annoncé que 25 700 Gazaouis avaient jusqu’à présent trouvé la mort à cause de la guerre, chiffre non vérifié qui pourrait comprendre près de 10 000 membres du Hamas qu’Israël a déclaré avoir tués lors de combats dans la bande de Gaza.

Deux cent dix-neuf soldats de Tsahal ont été tués dans l’offensive terrestre à Gaza.

Des personnes transportent de l’eau dans un camp de tentes de fortune pour Palestiniens déplacés à Rafah, près de la frontière avec l’Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 janvier 2024. (Crédit : AFP)

Israël a lancé une offensive contre le Hamas en réaction au déchaînement de violence de l’organisation terroriste dans ses communautés et lors d’un festival de musique dans le sud d’Israël, au cours duquel il a tué près de 1 200 personnes et fait 253 otages, dont 132 seraient toujours séquestrés à Gaza.

Mercredi après-midi, l’armée israélienne a publié des images des dernières opérations de la brigade Givati à Khan Younès, ces dernières 24 heures, et annoncé la mort de nombreux membres du Hamas, en plus des raids opérés sur des hauts-lieux de l’organisation terroriste. Elle a indiqué que ses soldats de Givati avaient tué plusieurs hommes armés du Hamas lors d’affrontements, de bombardements de chars ou des frappes aériennes.

Les soldats de la brigade Givati ont également attaqué plusieurs avant-postes du Hamas dans le secteur de Khan Younès, dans lesquels ils ont découvert des caches d’armes de l’organisation terroriste, a indiqué Tsahal. L’armée de l’air a, pour sa part, mené de nombreuses frappes aériennes sur des cibles du Hamas dans le secteur, préalablement au déploiement des soldats de Givati, car « des frappes précises préparent le terrain pour les forces terrestres ».

Les habitants des environs ont signalé de violents échanges de tirs dans l’ouest de la ville et l’organisation terroriste du Jihad islamique palestinien a déclaré affronter l’armée israélienne à l’ouest, au sud et à l’est de Khan Younès.

Dans le centre de Gaza, l’armée israélienne a fait savoir que des réservistes de la brigade Yiftah ont repéré un homme armé du Hamas en train d’observer des soldats depuis un bâtiment. Les soldats ont bombardé le bâtiment et tué l’agent en question. Dans le nord de Gaza, elle a déclaré que le 215e régiment d’artillerie avait dirigé plusieurs frappes aériennes et tué « de nombreux terroristes ».

Des soldats israéliens se déploient dans la bande de Gaza sur une photo non datée, publiée par l’armée le 24 janvier 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Ces dernières semaines, les combats ont été moins intenses dans le nord de Gaza mais la mission de l’ONU chargée d’évaluer la situation sur place n’a pas encore commencé, officiellement en raison de problèmes de sécurité bloquants pour les autorités israéliennes, ont déclaré mardi au Times of Israël deux responsables proches du dossier.

Les États-Unis souhaitent que les Palestiniens puissent retourner dans le nord de Gaza, après l’ordre d’évacuation donné à près d’un million d’habitants, au début de la guerre, par l’armée israélienne. Le problème de sécurité invoqué par Israël s’apparente à un aveu de défaut de contrôle sur le nord de Gaza, même après la fin de ce qu’il a qualifié de combats de haute intensité.

Un responsable américain a déclaré que l’administration Biden faisait confiance à l’avis donné par les autorités israéliennes, mais qu’elle était également consciente du risque que Jérusalem mette des bâtons dans les roues à l’équipe de l’ONU. Il a précisé qu’Israël était d’autant moins favorable au retour des Palestiniens dans le nord de Gaza qu’il n’avait pas encore pris de dispositions sur la question de la gestion des affaires civiles dans le secteur, où le Hamas aurait largement perdu de son influence.

Jacob Magid et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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