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Construction d’un laboratoire de Future Meat Technologies près de Tel Aviv

Selon la firme, cette usine pilote est la première en son genre dans le monde et débutera ses opérations en 2020 ; le coût de la viande devrait baisser à moins de 10$ la livre

Premier kebab de poulet de culture de Future Meat Technologies sur aubergines grillées et sauce tahina au restaurant Machneyuda. (Autorisation)
Premier kebab de poulet de culture de Future Meat Technologies sur aubergines grillées et sauce tahina au restaurant Machneyuda. (Autorisation)

La start-up israélienne Future Meat Technologies a annoncé jeudi qu’elle était en train de construire la toute première usine de production-pilote de viande cultivée aux abords de Tel Aviv.

Cette firme, qui officie dans le secteur de la biotechnologie et qui se trouve à Jérusalem, cherche à créer de la viande cultivée issue directement des cellules animales par le biais de la production de cellules musculaires et de graisses, les deux composantes au cœur de la production de viande, d’une manière qui soit efficace au niveau des coûts.

Cette nouvelle structure sera installée au sud de Tel Aviv et devrait commencer à fonctionner en 2020.

Toutes les viandes dites in-vitro, jusqu’à présent, ont été produites à petite échelle dans des laboratoires mais cette nouvelle usine en fabriquera des quantités bien plus importantes, a fait savoir l’entreprise.

« Avec cet investissement, nous sommes ravis d’apporter la viande cultivée depuis le laboratoire jusqu’à l’usine et de commencer à travailler avec nos partenaires industriels pour amener nos produits sur le marché », a commenté Rom Kshuk, directeur-général de Future Meat Technologies, dans un communiqué.

« Nous ne développons pas seulement un réseau global d’investisseurs et de conseillers dotés d’une expertise dans le domaine des approvisionnements en viande et en ingrédients, mais nous fournissons également à l’entreprise une piste suffisante pour mettre en place des coûts de production qui soient viables au niveau commercial dans les deux prochaines années », a-t-il ajouté.

Cette initiative a été rendue possible après que la firme est parvenue à soulever 14 millions de dollars de financement auprès de S2G Ventures, à Chicago, qui avait déjà aidé à introduire en bourse Beyond Meat, et d’Emerald Technology Ventures, en Suisse.

Ces fonds seront également utilisés pour élargir les opérations de recherche et développement de la compagnie.

Elle prévoit de fabriquer des produits hybrides dans la structure en cours de construction, qui mélangera des protéines végétales et de la graisse d’animal fabriquée in-vitro. Objectif : pouvoir baisser le coût d’une livre de viande cultivée à moins de 10 dollars d’ici 2022.

Un fondoir de Future Meat Technologies – Autorisation)

C’est le professeur Yaakov Nahmias de l’université hébraïque qui a mis au point cette technologie.

L’année dernière, Tyson Foods Inc., l’un des plus grands producteurs alimentaires dans le monde, a dirigé un capital d’amorçage pour Future Meat Technologies à travers son entreprise de capital-risque, Tyson Ventures.

Cet investissement dans Future Meat a marqué une tentative de parvenir à explorer de nouveaux moyens pour produire des protéines, avait commenté dans un communiqué établi à l’époque par Justin Whitmore, son vice-président exécutif et chef du service de développement durable de Tyson Foods.

« C’est notre premier investissement dans une compagnie basée en Israël », avait-il dit.

« Nous continuons à investir de manière significative dans notre commerce traditionnel de viande mais nous avons également la conviction qu’il faut explorer des opportunités de croissance supplémentaires qui offriront plus de choix à nos consommateurs », a-t-il poursuivi.

La firme cultive des cellules animales dans des bioréacteurs et indique que son produit fini ne peut être distingué d’une viande animale.

Les cellules ne subissent aucune modification génétique et elles peuvent se développer indéfiniment, a déclaré l’entreprise.

Le processus nuit moins à l’environnement que la culture traditionnelle, produisant 80 % de moins d’émissions à effet de serre et utilise 80 % de moins de terres et 96 % de moins d’eau fraîche, selon le site internet de la firme.

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