Contrairement à Obama, Joe Biden gardera privés ses différends avec Israël
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Contrairement à Obama, Joe Biden gardera privés ses différends avec Israël

Son conseiller Antony Blinken a expliqué aux démocrates pro-Israël que grâce à ses relations étroites avec les Israéliens, Biden pourra exercer une influence efficace en coulisses

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le secrétaire d'État adjoint de l'époque, Antony Blinken, témoigne au Capitole à Washington, le 29 septembre 2016, devant la commission sénatoriale des relations étrangères, lors de l'audition sur la Syrie. (AP Photo/ Jose Luis Magana)
Le secrétaire d'État adjoint de l'époque, Antony Blinken, témoigne au Capitole à Washington, le 29 septembre 2016, devant la commission sénatoriale des relations étrangères, lors de l'audition sur la Syrie. (AP Photo/ Jose Luis Magana)

WASHINGTON – Alors qu’il s’oppose à l’annexion et cherche à renouveler les efforts en vue d’une solution à deux États, l’ancien vice-président Joe Biden garderait les désaccords avec le gouvernement israélien essentiellement privés s’il était élu, a indiqué lundi un conseiller principal du candidat démocrate à la présidence.

Cela marquerait une rupture avec l’approche de l’ancien président Barack Obama, sous lequel Joe Biden a servi, qui a souvent critiqué publiquement l’approbation de projets d’implantation par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Les deux dirigeants se sont également sévèrement admonestés au sujet de l’accord nucléaire iranien, contre lequel le chef du gouvernement israélien a fait pression dans un discours prononcé en mars 2015 lors d’une session conjointe du Congrès.

« Joe Biden croit fermement au maintien de vos différences – autant que possible – entre amis et en coulisses », a déclaré Antony Blinken, l’un des principaux conseillers en politique étrangère de Joe Biden, dans un appel organisé par la majorité démocratique pour Israël [Democratic Majority for Israel].

Antony Blinken, qui a travaillé comme conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden au sein de l’administration Obama, a souligné que l’ancien vice-président américain croyait en la nécessité d’avoir des débats vigoureux lorsque c’était nécessaire, mais de « ne pas le faire en public ».

« Il ne faut pas accabler les gens en public quand il s’agit de vos amis et partenaires », a-t-il poursuivi. « On est beaucoup plus efficace, lorsqu’on a des divergences d’opinion, des désaccords sur une question politique, en la traitant en privé ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) lors d’une conférence de presse conjointe avec le vice-président des États-Unis Joe Biden au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2016, pendant la visite officielle de M. Biden en Israël et à l’Autorité palestinienne. (Amit Shabi/POOL)

L’ancien responsable de la sécurité nationale a réitéré l’opposition de Joe Biden à la proposition d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie par Netanyahu, mais n’a pas révélé comment celui-ci réagirait si le gouvernement israélien la menait à bien.

À Washington, les démocrates et les sympathisants de gauche pro-israéliens ont débattu de la sévérité de la réaction américaine sous une nouvelle administration, car cette initiative – soutenue en principe par celle de Trump – est largement considérée comme une ligne rouge qui affaiblirait considérablement la possibilité d’une éventuelle solution à deux États.

Certains anciens responsables d’Obama ont proposé de réduire l’aide à Jérusalem en conséquence, tandis que d’autres ont déclaré que les États-Unis devraient refuser de protéger Israël de toute critique internationale. Plus de 30 alliés de la sécurité nationale d’Obama ont exhorté le Comité national démocrate à adopter une position ferme sur l’annexion dans le programme du parti pour 2020.

L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a publié la semaine dernière un document visant à convaincre les élus de ne pas faire pression pour un changement de la politique américano-israélienne si Israël étend sa souveraineté aux implantations en Cisjordanie.

« Il a été clair dans son opposition à l’annexion », a commenté M. Blinken. « Il s’oppose à toute action unilatérale de l’une ou l’autre partie qui rendrait encore plus difficile ce qui est déjà une perspective très difficile. L’annexion est exactement ce genre d’action unilatérale ».

M. Blinken a cité la longue histoire du soutien de M. Biden à Israël au Sénat américain, où il a présidé la commission sénatoriale des relations étrangères de 2001 à 2003, puis de 2007 à 2009, ce qui, selon lui, lui a permis d’exercer une influence efficace en coulisses à Jérusalem.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le vice-président américain Joe Biden, le 13 janvier 2014. (Haim Zach/ GPO/Flash 90/File)

« Il est connu et respecté dans tout le monde politique en Israël », a-t-il affirmé. « Cela lui donne une immense crédibilité lorsqu’il s’agit de s’engager avec nos partenaires, y compris sur des questions difficiles lorsque nous ne sommes pas d’accord, et de le faire d’une manière qui ne nuise pas à la relation ».

M. Blinken, qui était directeur du personnel de Joe Biden lorsqu’il dirigeait le panel des relations étrangères du Sénat, a raconté l’histoire de la visite rendue par ce dernier à Netanyahu après la Seconde Intifada. Celui qui était alors ministre des Finances avait une photo dédicacée de lui avec Joe Biden dans son bureau.

« Bibi, tu as tort sur tout, mais je t’aime », lui a écrit Joe Biden, en référence au surnom du Premier ministre israélien.

« Voilà le genre de relation » dont il s’agit, a expliqué M. Blinken lundi. « Cela fait une différence considérable quand il s’agit de travailler en étroite collaboration pour obtenir des résultats, pour résoudre les désaccords, pour faire avancer les choses ».

Dans le même temps, le conseiller a fait savoir que la politique de Joe Biden envers Israël et le Moyen-Orient serait différente de celle du président américain Donald Trump, qui a pris un certain nombre de mesures considérées comme favorables à Israël, comme la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, le déplacement de l’ambassade dans cette ville et la réduction de l’aide aux Palestiniens.

Joe Biden a assuré précédemment qu’il ne replacerait pas l’ambassade à Tel Aviv s’il était élu.

M. Blinken a ajouté lundi que le candidat restaurerait le soutien financier à l’Autorité palestinienne et rouvrirait le consulat américain à Jérusalem-Est, mais a précisé qu’il resterait « en accord avec le Taylor Force Act », une loi qui bloque le versement certaines aides humanitaires et sécuritaires à moins que l’AP ne cesse de verser des paiements aux familles des terroristes.

Il maintiendra également la coopération militaire et en matière de renseignement entre les États-Unis et Israël et s’opposera aux efforts de boycott contre l’État juif.

M. Blinken a noté que l’étroite collaboration en matière de sécurité était une caractéristique de la politique étrangère de l’administration Obama, qui a notamment conclu un protocole d’accord historique de 38 milliards de dollars avec le gouvernement de Netanyahu en 2016.

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