Course à la mairie de Londres : deux candidats que tout oppose
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Course à la mairie de Londres : deux candidats que tout oppose

Zac Goldsmith, du parti Conservateur britannique, fils de milliardaire, affrontera Sadiq Khan, du parti Travailliste britannique, dont le père était chauffeur de bus, aux élections de la capitale de Grande Bretagne

Montage photo créé le 30 avril 2016 montrant le candidat à la mairie de Londres du parti Conservateur britannique, Zac Goldsmith (à gauche), prenant la parole le 28 avril 2016 et son adversaire de l'opposition, du parti Travailliste britannique, Sadiq Khan (à droite), donnant un discours le 28 janvier 2016. (Crédit photo : AFP / Justin Tallis et Leon Neal)
Montage photo créé le 30 avril 2016 montrant le candidat à la mairie de Londres du parti Conservateur britannique, Zac Goldsmith (à gauche), prenant la parole le 28 avril 2016 et son adversaire de l'opposition, du parti Travailliste britannique, Sadiq Khan (à droite), donnant un discours le 28 janvier 2016. (Crédit photo : AFP / Justin Tallis et Leon Neal)

Tout oppose les deux candidats à la mairie de Londres, leur origine sociale comme leurs idées politiques : Zac Goldsmith, conservateur, est fils de milliardaire, quand le père de Sadiq Khan, travailliste, conduisait des bus. Le premier est pro-brexit, le second contre.

Un conte de fée moderne

La vie de Sadiq Khan, qui caracole en tête des sondages, ressemble à un conte de fée moderne.

Né en octobre 1970 dans une famille pakistanaise récemment immigrée au Royaume-Uni, il a grandi en HLM avec ses six frères et soeurs à Tooting, quartier populaire du sud de Londres, et il est musulman.

Qui aurait pu croire que 45 ans plus tard, dans un pays où la politique reste l’apanage d’une certaine élite, il briguerait la mairie de Londres, s’interroge Doreen Lawrence, son amie et membre de la chambre des Lords.

Mais ce passé modeste sert le candidat dans une capitale dont le coeur penche à gauche, qui pose la diversité en marque de fabrique et aime par dessus tout les belles histoires de réussite.

Sadiq Khan rappelle régulièrement que son père était chauffeur de bus et sa mère couturière.

A l’école, il veut d’abord étudier les sciences pour devenir dentiste. Mais un de ses professeurs a repéré son envie d’en découdre verbalement et l’oriente vers des études de droit. Il sera donc avocat, spécialisation droits de l’Homme, et il présidera pendant trois ans l’ONG Liberty.

Dans la rue aussi, Sadiq est accrocheur : enfant, il fait de la boxe pour riposter à ceux qui osent le traiter de « Paki ».

A 15 ans, il adhère au parti travailliste. Il est élu conseiller municipal de Wandsworth, dans le sud de Londres, en 1994, poste qu’il occupe jusqu’en 2006.

En 2005, il abandonne sa carrière d’avocat pour se faire élire député de Tooting, où il vit toujours, dans une maison un peu plus grande que celle de son enfance, avec sa femme Saadiya, avocate, et leurs deux filles adolescentes.

Trois ans plus tard, Gordon Brown lui offre le poste de ministre chargé des communautés, puis celui des Transports l’année suivante. Il devient le premier musulman à siéger au cabinet d’un Premier ministre britannique.

Aux conservateurs qui tentent de le faire trébucher en l’accusant de proximité avec les extrémistes, il rétorque qu’il a voté pour le mariage homosexuel, ce qui lui a valu des menaces de mort, et qu’il a toujours dénoncé le radicalisme comme un cancer.

« Je veux être là pour tous les Londoniens, de toutes confessions, pour les millionnaires, les milliardaires, les chauffeurs de bus et les internes en médecine », a déclaré au quotidien The Daily Telegraph celui qui apparemment séduit aussi bien dans les quartiers pauvres qu’à la City pour ses positions pro-Union européenne.

‘La belle au bois dormant’

Zacharias Goldsmith, dit Zac, 41 ans, lui aussi, semble sortir d’un conte de fée : riche, très riche même, beau gosse impeccablement habillé, éducation dans la prestigieuse école d’Eton…. Mais ce ne sont pas forcément les meilleurs arguments pour avoir l’air proche des électeurs et de leurs problèmes quotidiens.

Zac s’est ainsi montré incapable, pendant la campagne, de répondre à quelques questions simples d’une journaliste de la BBC sur Londres –nom d’une station de métro, équipes de foot, emplacement d’un musée.

Fils du milliardaire franco-britannique Jimmy Goldsmith, il a plutôt figuré dans la chronique mondaine, aux côtés de sa soeur Jemima, ex-femme de la star du cricket pakistanais Imran Khan, avant de se lancer en politique.

A 16 ans, il s’est fait renvoyer d’Eton, passage obligé de tout bon fils de famille, pour possession de cannabis. Il voyage, puis il entre dans le journal de son oncle, The Ecologist.

Ses relations le mènent vers la politique et en 2010, il est élu député conservateur de la circonscription huppée de Richmond Park, puis réélu en 2015.

Marié en secondes noces à Alice Rothschild, il est père de cinq enfants.

A ceux qui s’interrogent sur son manque de formation et d’expérience professionnelle, son directeur de campagne, Nick de Bois, répond qu’il vaut mieux « juger sur les actes : Zac a amélioré son score en tant que député de Richmond ». Et glisse à l’AFP qu’il vaut mieux élire un maire qui va travailler main dans la main avec le gouvernement.

Affable, poli, Zac peine toutefois à convaincre de sa passion pour le job et sa campagne terne l’a fait surnommer par le quotidien populaire Mirror « la Belle au bois dormant ».

Pour lire un autre article de notre correspondante Jenni Frazer, cliquez ici.

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